© Olivier JOOS - 2009/2015

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lundi 29 juin 2009

Le Modern de Biache-Saint-Vaast

Date d'ouverture ? De fermeture ? Ambiance ? Impact dans la population locale ? Programmation ? Je ne sais pas grand chose de cette salle, et j'espère qu'un lecteur de Biache pourra m'apporter quelques lumières.... C'est le principe de ce blog...

Ce que je sais tient en quelques lignes et est basé sur la fameuse liste demandée par l'occupant nazi en juillet 1940 qui souhaitait faire un état des lieux du réseau cinématographique régional. Le propriétaire est alors Henry Faucher. En 1940, il est de retour du front après la débâcle de l’armée française. Il découvre sa salle, le Cinéma Modern, située au 01 rue Georges Clémenceau, dégradé, ayant subi des pillages. Le Modern a alors une capacité de 380 fauteuils.

De nos jours, le Modern n’est plus…. Lors de ma dernière visite, à la fin des années 90, il était encore là, devenu un magasin de vente de bières et vins, joliment nommé « Vin mon ami ». Le balcon est toujours visible à l’intérieur du bâtiment. Acheteur qui rejoint ce débit de spiritueux, souviens toi que dans ce local des gens y ont trouvé du plaisir, de la joie et de l’émotion par d’autres procédés… D'après le site des Pages Jaunes, ce commerce n'existe plus aujourd'hui. A qui appartient le bâtiment ? Est-il toujours là ? La photographie du haut montre la façade de la salle entre la voiture blanche et le commerce, boulangerie à l'intersection de deux rues.
A côté de l’ancien cinéma se trouvait aussi un petit commerce, une boulangerie à l'époque qui arborait encore sur sa vitrine : « Café du Cinéma », souvenir de l’ancien estaminet qui jouxtait la petite salle, comme on peut le voir sur la photo du bas.

dimanche 28 juin 2009

Le cinéma à Saint-Omer de 1895 à 1939

Les audomarois prennent contact avec la nouvelle invention des frères Lumière à la mi-novembre 1896, d’après le journal L'Indépendant du Pas-de-Calais. C’est au prix unique de 1 franc qu’ils assistent aux « séances de projection de vues animées ou de photographies vivantes », pendant une heure. Comme dans les premières séances de cinéma qui ont lieu alors un peu partout dans notre région, les projections sont plutôt de l’ordre du documentaire. La séance est constituée par des vues du voyage du président en Russie, un régiment en marche, une leçon de bicyclette et un début d’incendie. On montre également des divertissements avec des scènes comiques et amusantes, comme une dispute entre un cocher et un client, ou un quadrille de clown. Les audomarois avaient déjà eu l’occasion de découvrir cette curiosité scientifique à l’occasion de la foire, sous la forme du panorama.Périodiquement, des projections sont organisées au théâtre ou dans la salle des concerts de Saint-Omer par des troupes ambulantes. En 1904, le cinéma itinérant Imperator fait découvrir aux audomarois le cinéma parlant. Le prix demandé pour une projection et de plus en plus modique, entre un franc et cinquante centimes. Il était donc accessible pour un menuisier audomarois qui recevait en 1906, pour une journée de salaire, trois francs. En 1911, l’annuaire Ravet-Anceau nous apprend l’existence de la première « salle » de cinéma de Saint Omer : un café proposant des séances d’images animées, la Brasserie Cinéma au 13 rue Louis Martel, une rue perpendiculaire à la Grande Place, et tenue par M. Vandepute. Cette information paraît dans la nouvelle rubrique « Café-cinéma » mais il semblerait que cette salle soit en fonctionnement depuis 1910. Il s’agit donc d’une « brasserie cinéma » qui présente, sur le même modèle que le café-concert, à un public attablé, un spectacle cinématographique, renouvelé tous les soirs d’après L’Indépendant de février 1913.


Après les affres de la première guerre mondiale, où les salles de cinéma ont ouvert par intermittence, la société audomaroise replonge dans la frénésie du nouveau divertissement. Cette fois, on ne se contente plus de cinématographe de passage au grè des foires et dans des conditions sommaires, mais il faut de véritables temples voués au nouveau culte des images animées. On cherche le spectacle sur l'écran, chaque jour et dans des conditions optimales de confort et de sécurité. Le journal local L’Indépendant du 07 juillet 1919 nous apprend que « pour l’ouverture de leur cinéma, MM Montigny offriront à titre gracieux vendredi prochain 11 juillet à 20 heures une soirée intime aux autorités de Saint Omer ». Les exploitants, avant d’ouvrir la salle au public, souhaitent montrer aux édiles que celle-ci répond aux normes de sécurité (il n’y a d’ailleurs qu’à traverser la rue et on se retrouve à la mairie). C’est aussi, tout simplement, un moyen de se faire de la publicité. Le Ciné Mondain de la Grand Place ouvre ses portes au public à partir du samedi 12 juillet. Pour cette ouverture, la programmation est la suivante : Une fête patriotique à Strasbourg, deux drames : Le vertige du luxe et La proie, et enfin un comique : Toute la jungle le poursuivaient. Face à cette annonce, le journal local publie en dernière page une publicité pour un cinéma concert gratuit au Palace, boulevard de Strasbourg. Ce cinéma, ancienne salle des fêtes du pensionnat Saint-Joseph, va bientôt être affilié au réseau Gaumont. L’Indépendant publie ensuite à intervalle très irrégulier les programmes du Ciné Mondain, sans mentionner – ou alors très rarement – le nom du directeur Montigny.


En 1925, d’après l’annuaire Ravet-Anceau au 50 rue d’Arras, le cinéma des familles, futur Rex, a pour directeur M. Lefebvre. Le cinéma est alors placé entre un marchand de chaussures (Schmitz-Flamen) et un boulanger (M. Duseigne). Au 09 grand-Place, nous trouvons donc également le Ciné Mondain entre l’estaminet Leclere (n°08) et le café de l’Harmonie de Georges Schérer. Le directeur est dorénavant M. Allart. Cette salle de la Grand Place est anciennement un café nommé BelleVue alors qu'aujourd’hui, depuis de nombreuses années, c'est la banque Société Générale. Au 31 boulevard de Strasbourg réside M. Depelchin, opérateur de cinéma, qui exploite avec M. Pennequin, le cinéma Gaumont. En 1925, l’annuaire Ravet-Anceau mentionne à l’emplacement de la future salle du Familia, 14 rue Gambetta, l’entreprise de pompes funèbres de Mr Carlier.


Ecoutons M. Coyecques, dernier propriétaire de la salle du Rex, rue d’Arras qui nous donne les raisons de l’ouverture de cette salle par son père : « Pour agrandir l’ébénisterie de mon père, 06 rue des clouteries, trop à l’étroit et gênante pour les voisins, Edouard, mon père, acheta cet immeuble, rue d’Arras en 1926 à Mr Queste qui semble l’exploiter depuis 1916. Mon père n’était alors pas intéressé par le cinéma. Il l’a loué à M. Lefebvre, électricien, rue des clouteries qui, souffrant, n’y ait pas resté. Il est donc parti et la salle a fermé. Quelques mois plus tard, mon père a été sollicité par M. Colin, conseiller municipal, qui lui a demandé de rouvrir pour le quartier, alors dynamique, la salle qui s’appelait alors le Cinéma des Familles. Mon père, Edouard a réouvert cette salle sous l’enseigne « Cinéma Moderne » en 1928. On y passait du muet avec pianiste, violoncelliste et violoniste. J’avais alors 14 ans et j’accompagnais alors mes parents dans leur commerce cinématographique qui leur prenait de plus en plus de temps. »Pendant l’entre-deux guerres, le nombre des cinémas explose dans les deux départements. L’Audomarois est alors à l’image de notre région. Saint Omer possède trois écrans à la veille de la seconde guerre mondiale : le Rex rue d’Arras, le Familia, rue Gambetta et le Gaumont, boulevard de Strasbourg.

samedi 27 juin 2009

L'Olympia de Lomme

Située au 26 de la rue Neuve, au centre-ville, le cinéma de l'Olympia de Lomme est devenue aujourd'hui une salle municipale de spectacle acceuillant artistes, troupes théâtrales et harmonie municipale. La salle a encore gardé de nombreuses traces de son activité cinématographique. D'abord, le nom puisque la municipalité a eu la bonne idée de garder la dénomination "Olympia", qui va comme un gant à la nouvelle utilisation de cette salle. Le Nord a ainsi son Olympia, à l'instar de Paris. On devine d'autres éléments de l'ancien cinéma, avec, à l'entrée, la caisse, les portes d'accès à battant vers la salle, les ouvertures dans le mur du fond pour faire passer le faisceau de lumière de l'ancien projecteur (qui malheureusement ne semble plus là). On trouve également encore un écran (mais est-il d'origine, je doute...), mais surtout les sièges qui eux, sont d'époque, d'un beau rouge velours, à battant. Tous les sièges sont encore numérotés.
En 1950, l'Olympia est l'un des quatre cinémas de Lomme, avec le Cinévog, le Populaire, et la salle des cheminots. Il a alors 600 places (beaucoup moins aujourd'hui...) et le directeur de l'établissement est M. Grégoire.
Autre souvenir de ce cinéma, c'est le café aujourd'hui fermé, voisin de la salle. Dénommé Café de l'Entracte, avec une belle mosaïque ornant sa façade, il ne devait pas désemplir, que ce soit avant l'ouverture des portes, comme à la fin de la séance, et bien sur lors des entractes...

Malheureusement, je n'ai aucune autre information sur ce cinéma : date d'ouverture, de fermeture, les autres gérants, des programmes, l'importance de cette salle dans ce quartier si populaire qui devait certainement faire de cette salle un pôle majeur de loisirs,... et bien sur, je suis preneur de la moindre information qui pourrait étoffer ce message...

vendredi 26 juin 2009

Le Blog sur DailyNord

Retrouvez une interview sur les salles de cinéma dans le Nord-Pas-de-Calais et sur le blog "Cinemasdunord"sur dailynord.fr
http://www.dailynord.fr
http://dailynord.fr/2009/06/fete-du-cinema-la-region-comptait-pres-de-500-salles/

Un bonjour aux lecteurs qui viennent sur ce blog grâce à Dailynord. Vous pouvez laisser un message et demander un historique d'une salle en particulier. J'essaierais de traiter cette demande dans les jours à venir... Laissez un commentaire, vos souvenirs de votre première fois au cinéma,etc...

mercredi 24 juin 2009

Le Blog sur France 3, jeudi 25 juin, 18 heures



En espérant que la séquence ne soit pas coupée au montage, le blog cinémasdunord.blogspot.com est évoqué ce jeudi 25 juin à 18 heures dans le cadre de "Questions pour un champion", émission à laquelle le créateur et superviseur de ce blog a participé.
Que de nouveaux lecteurs viennent ici, grâce à cette émission, afin de partager l'histoire des salles de cinéma de la région Nord-Pas-de-Calais...
Bon effectivement, le nom du blog n'est pas apparu au cours de l'émission, certainement coupé au montage.
Bienvenue tout de même à ceux qui viennent ici grâce à cette émission, il y en a peut-être...

Gaumont-Palace de Roubaix

C'est en mars 1913 qu'ouvre le Gaumont Palace de Roubaix, au 08 de la rue de Curé. Le directeur en est Mr Tisselin. La salle est aménagée dans une vaste maison de maître, auparavant ancien local du Cercle de l'Industrie.
Le cinéma propose toutes les nouveautés du catalogue Gaumont de l'époque : Les Trois Mousquetaires, Dans le Gouffre, La Gardienne du Feu, mais aussi bien sur les actualités Gaumont et le comique maison Bout de Zan, concurrent de Rigadin estampillé Pathé. Vaste salle, comme en témoigne la carte postale promotionnelle montrant l'intérieur, M. Tisselin cherche à faire venir des classes sociales aisées faisant ainsi du cinéma un spectacle honorable pour un public plus habitué au théâtre. Afin de réhausser le prestige, le directeur engage un orchestre symphonique, des chanteurs, et des spectacles d'acrobates pendant les entractes. Peu à peu, le Gaumont va se muer en Kursaal, apparaissant ainsi avec cette nouvelle dénomination dans les pages des journaux locaux qui proposent les programmes.
C'est l'invasion d'août 1914 qui mettra un terme aux activités du Kursaal-Gaumont Palace qui ne réapparaitra pas au retour de la paix.

Source : A. Chopin, P. Waret, "Les Cinémas de Roubaix" (ouvrage ESSENTIEL sur les cinémas roubaisiens et un très très bon ouvrage qui peut servir d'exemple une étude des cinémas à l'échelle locale)
Un grand merci à Daniel NAJBERG pour ces clichés et pour Ciné Machina de Tourcoing ce dimanche dernier.

dimanche 21 juin 2009

Les cinémas à Hénin-Beaumont pendant l'entre-deux-guerres

Dès 1919, le réseau de salles de cinéma va progressivement se mettre en place. De ce maillage d'établissements cinématographiques, trois salles obscures aux noms évocateurs vont se distinguer et rythmer les distractions des héninois : Apollo, Caméo et Capitole vont devenir les pôles de divertissement de toute une population avide de joie et de gaieté au sortir d'une longue semaine de labeur.
De 1919 jusqu'à l'arrivée du parlant au début des années trente, Hénin-Liétard possède en ses murs quatre exploitations cinématographiques dites « libres ». Deux salles continuent l'exploitation d'avant guerre : le Cinéma Français de Jules-Ernest Larrivière situé rue Jules Guesde, ancienne rue de Bon-Secours, et l'Alhambra du boulevard Fallières qui prend la suite du cinéma Mellin. Deux sont de création d'immédiat après-guerre : l'Apollo situé place Loubet, futur place Wagon, et le Familia, rue Elie Gruyelle qui va devenir le capitole en 1933.
Placé à l'intersection du boulevard Fallières et de la rue de Douai près du coron de la Filature, le cinéma Alhambra semble poursuivre l'exploitation Mellin d'avant guerre. La salle se trouve au premier étage d'un immeuble qui comprend des logements au rez de chaussée et au second étage. Le propriétaire des locaux est M. Mellin-Decourcelles, mais le directeur de l'établissement est Humbary Davies, également gérant de l'Apollo. La salle peut accueillir 468 spectateurs. Mais elle est loin de remplir les conditions élémentaires de sécurité. En décembre 1928, le sous-préfet de Béthune s'inquiète auprès de son supérieur de l'état de cette salle suite aux demandes du maire Adolphe Charlon qui ne souhaite pas intervenir personnellement pour des raisons d'ordre local. Aussi, une commission de sécurité publique est envoyée visiter l'Alhambra, ainsi que les autres salles héninoises le 19 janvier 1929. Cette Commission, présidée par le maire, est composée du commissaire de police, du capitaine des sapeurs-pompiers et du directeur des travaux municipaux. Elle juge l'impossibilité d'évacuer en cas de panique à cause de la petitesse des couloirs latéraux et de l'insuffisance de la largeur des portes de sortie. La Commission craint des scènes de piétinement de la foule en cas d'évacuation dans les escaliers, l'établissement étant au premier étage. La salle est alors qualifiée de dangereuse pour les spectateurs. En mai 1929, une Commission des bâtiments civils souhaite diminuer le nombre de places et modifier les escaliers. La procédure poursuit son cours et, les travaux n'étant pas effectués, le maire décide par arrêté de fermer la salle à partir du 14 avril 1931. Elle ne rouvrira plus.
C'est en 1928 que Germain Larivière succède à son père Jules-Ernest à la tête du commerce familial, le Cinéma Français, situé 8 rue Jules Guesde, ainsi que l'estaminet qui le juxtapose. Propriété du brasseur Joseph Gourlet, cet ancien hangar construit vers 1890, devient un cinéma à l'initiative de son locataire Jules-Ernest Larivière en 1906. D'une longueur de 22 mètres sur une largeur de 14, la salle peut recevoir 800 spectateurs issus principalement d'un milieu ouvrier, provenant essentiellement de la Cité de la Perche. Accueilli lors des trois séances régulières par semaine par un personnel de six membres masculins, le public découvre les péripéties de Charlot, Laurel et Hardy, et les actualités Éclair. Né le 27 décembre 1899 à Lens, Germain Larivière aide son père dès l'age de sept ans. Il poursuit quelques études sur le fonctionnement de l'électricité puis maîtrise rapidement la cabine de projection. Il se marie ensuite avec Marguerite Gambier. Suite à la même Commission locale de janvier 1929, le Cinéma Français doit revoir ses installations. La disposition des couloirs est mauvaise et, en cas d'incendie, le public serait rapidement asphyxié. La Commission exige la construction d'un nouvel escalier puis le dégagement du balcon, l'élargissement des portes de sortie, la diminution du nombre de sièges et le remplacement des bancs par des fauteuils à bascule fixés au plancher. En juin 1932, la municipalité menace de sanctionner le Cinéma Français. Larivière fait les transformations nécessaires au cours de l'été 1932. Les bancs laissent la place à des sièges en bois à « claquettes » et des escaliers sont aménagés. Germain Larivière poursuit ses investissements : il change de projecteur et adopte le parlant. Il sauve son cinéma.
Bâti sur la place Loubet, futur place Wagon, l'Apollo apparaît dès 1919. Dirigé par un écossais Humbary Davies, également gérant de l'Alhambra, la salle ressemble à un baraquement entièrement en planches avec un revêtement extérieur en tôles usagées. Avec 936 places, c'est le plus vaste cinéma de la ville. Davies devance la Commission de sécurité en achetant à la ville le 25 septembre 1928 le terrain de ce qui va devenir le cinéma Apollo, connu jusqu'à l'incendie de 1985. La déclaration des travaux de construction d'une salle de cinéma est faite à la mairie le 20 avril 1929. Le 23 octobre de la même année, le nouvel Apollo est inauguré. Plus vaste avec 1100 personnes assis sur des sièges en rembourrages et accueilli par un personnel de quatorze employés. La salle se dote des dernières innovations techniques et le projecteur utilisé est de marque Western Electric. L'ancien cinéma en tôles ondulées est transformé en salle de danse et le succès est complet, vidant les autres salles existantes : le Palais de fleurs, le Dancing Palace... L'Apollo devient alors un haut lieu de la société héninoise : après l'émerveillement à la vision des drames, des comédies et des actualités du Pathé-Journal, le public peut s'enivrer dans la danse et la musique. En 1933, la publicité de l'Apollo est une chanson publiée dans l'Hebdomadaire d'Hénin-Carvin le 28 mai 1933 :

« Pour être heureux :
Pour être heureux chaq'semaine
Il faut v'nir à l'Apollo
Fredonner toute la s'maine
Tous les airs les plus nouveaux
Au cinéma, c'est une veine!
Car les films sont les plus beaux
Pour être heureux chaq'semaine
Il faut v'nir à l'Apollo ».

A la fin des années 1920, un nouveau cinéma apparaît. Initialement conçu pour servir de salle de bal, le Familia, futur Capitole, avait été construit à l'initiative de M.Lompres au début du siècle. Après avoir été transformée un moment en salle de patinage, M.Tonnoir décide d'en faire un cinéma : le Familia. En 1933, cette salle change de nom et de gérant : M. Léon Cochon résidant à Tourcoing et propriétaire du Rex également à Tourcoing, fait du Familia le Capitole lors de la ducasse de septembre. Il souhaite offrir aux spectateurs un confort maximum en proposant 960 places aux sièges rembourrés avec un personnel de cinq employés.

mardi 16 juin 2009

le Blog Cinémasdunord à Cinemachina ce 21 juin

Ce dimanche 21 juin, dès 9 heures, au Fresnoy de Tourcoing, le blog cinemasdunord.blogspot.com sera présent lors de CinéMachina, grande foire-salon-brocante sur le cinéma.

Films, affiches, projecteurs, etc... Si vous êtes collectionneur, amateur, spécialiste, passionné de cinéma, c'est LE rendez-vous à ne pas manquer !!!

Afin de présenter le travail, les objectifs à atteindre, et de montrer la grande diversité de l'histoire des salles de cinéma dans la région nord-Pas-de-Calais, ce blog aura un stand à CinéMachina.
Si vous possédez des documents, des informations, etc... c'est avec plaisir que nous pourrons discuter et partager vos souvenirs et informations.
N'hésitez pas à consulter le site de Cinémachina pour toutes les informations sur le salon :
http://cinemachina.net/site/

dimanche 14 juin 2009

Premières projections à Boulogne-sur-Mer

C’est en quelques mois, en 1896 que les grandes villes du Nord et du Pas-de-Calais vont être touchées par la nouvelle invention. Traditionnellement, et parce qu’elle est la capitale régionale, on situe la première représentation de cinéma à Lille. En fait, c’est en réalité Boulogne-sur-Mer qui a l’honneur de proposer à ses citoyens la toute première représentation cinématographique dans notre région.
C'est dans la soirée du dimanche 08 mars 1896 que le boulonnais Victor Planchon propose à ses concitoyens les premières images animées, à l’ancien cirque Rancy, place Frédéric Sauvage, lors d’une conférence donnée au profit du nouveau laboratoire de bactériologie. Les prix vont de 2 francs pour les chaises réservées à 50 centimes pour les troisièmes. Dès 20 h 30, la société boulonnaise se presse pour assister à ces séances que le journal La France du Nord du 05 mars 1896 annonce comme sensationnelles : « Il s’agit d’une séance des plus instructives et des plus captivantes qui nous fera connaître les dernières et merveilleuses applications de la photographie dont on s’entretient tant depuis quelques mois dans la presse et qui sont en train de révolutionner le monde savant par l’exposé de découvertes dont la réalisation semble éloigner les limites du possible ». Les sujets abordés sont bien dans le style de l’époque : la photographie en couleurs, les rayons X, mais aussi «la photographie du mouvement […] grâce aux procédés nouveaux de MM. Auguste et Louis Lumière, les habiles expérimentateurs parisiens ». Afin d’attirer la foule, La France du Nord décrit une représentation Lumière. Devant des yeux émerveillés défilent sur l’écran du cirque Rancy, la sortie des ateliers Lumière, l’arrivée du train en gare, la mer,… Le succès est tel que les projections repassent une seconde fois.
Planchon n'est pas vraiment boulonnais. C'est alors un chimiste parisien de 33 ans, venu s’installer à Boulogne en 1887. Planchon est aussi un riche industriel, directeur de la première usine de pellicules en Europe, la société Union Photographique, crée en 1891, et fournisseur officiel de l’entreprise des frères Lumière basée à Lyon. Sans le travail en amont de Planchon, l’invention des Lumière aurait été difficile à concrétiser. Son usine est la seule en Europe à produire en série des pellicules. Pour le remercier, les frères Lumière lui offrent la possibilité de montrer en exclusivité et pour une représentation unique, les merveilles du cinématographe un peu plus de 2 mois seulement après Paris faisant ainsi de Boulogne-sur-mer l’une des premières villes dans le monde à présenter le cinématographe !! Peu après, Victor Planchon quitte Boulogne-sur-Mer afin d’installer une nouvelle usine plus grande près de son principal client, à Lyon avec la Société des Pellicules française. En 1911, cette dernière met au point la marque Plavic, bobines de pellicules pour petits appareils photographiques. Peu de temps après la 1ère représentation cinématographique boulonnaise, Boulogne est à nouveau à l’honneur, cette fois en étant l’objet du 1er reportage régional, filmé par Charles Moisson, un chercheur d’images de la Maison Lumière qui filme l’activité du port.
Après la projection boulonnaise, le cinéma touche Lille à partir du 14 avril 1896 au 17 de la rue Esquermoise jusqu’au 31 mai. On ne doute pas que de nombreux habitants du Pas-de-Calais ont profité d’une visite à Lille pour diverses raisons et se sont rendus au 1er lieu de cinéma payant de la région.
La photo du haut est un portrait de Victor Planchon, et le cliché du bas est le cirque Rancy de Boulogne acceuillant la tournée cinématographique de l'omnia Cinéma Pathé, quelques années après la première représentation de Planchon.

lundi 8 juin 2009

Cinémas forains et premières salles fixes à Hénin-Beaumont

Après les premières projections de découverte dont l'intérêt résidait dans le recréation du mouvement (voir premier article), le cinéma à Hénin va prendre la forme d'un spectacle forain populaire, qui reviendra à chaque foire et ducasse de la vie locale. En effet, très vite, les marchands forains s'emparent de cette invention. Le cinéma effectue également sa première mue : les premiers vrais films de fiction vont apparaître grâce à Méliès et aux premières projection de Pathé, banalisant les films Lumière, simples reflets de la vie qui lassent vite les spectateurs. Rapidement, cette transformation essentielle, ce passage entre le reportage pris sur le vif et la fiction, va privilégier le film comique, les courses-poursuites pour déboucher à des films d'une extrême lourdeur, aux effets comiques trop poussés.
Lors de ses ducasses de la Pentecôte et de septembre, lors de sa foire d'hiver, mais aussi lors de multiples fêtes de quartiers, Hénin-Liétard a connu de nombreux cinémas forains avant les premières installations fixes qui apparaissent vers 1907. Mis à part quelques projectionnistes de passages qui proposaient des séances hors des festivités populaires. Hénin ne connait, de 1900 à septembre 1908, que des cinémas forains. Les principaux sont les loges Camors, Croissant, Duhem, Seymar, Toussaint, Soris-Hus, Pessé et Renouvelle. Bien souvent, comme de nos jours, ces cinémas forains se trouvaient sur les places de la République et Carnot. A travers les différents numéros du Journal d'Hénin-Liétard, il semble que ce soit le cinématographe Camors qui soit revenu à Hénin le plus souvent, en étant cité cinq fois. On sait peu de choses sur ce qu'ils montraient. Il s'agissait bien sur de films populaires cherchant à capter un public ouvrier et mineur qui fréquentaient ces fêtes. L'hebdomadaire ne cite malheureusement que quatre films projetés lors de ces fêtes, le 23 juin 1901 : deux vues d'actualités « la guerre du Transvaal » et « Les évènements de Chine », et deux films de Georges Méliès : « L'affaire Dreyfus » et « Cendrillon ». Rapidement, la loge de cinéma forain va devenir l'un des centres les plus animés de la fête foraine.
Alors que le cinéma forain connait son apogée dans les années 1905-1906, le spectacle filmique, face à une incroyable demande, va peu à peu se sédentariser et tenter, par des spectacles de meilleure qualité, de capter un public plus cultivé, aux mœurs bourgeoises. Ce public, un peu plus difficile, composé d'ingénieurs, de rentiers, de directeurs, d'instituteurs, de commerçants,... regarde peu les séances de cinéma forain. D'abord parce qu'il fréquente peu ces endroits, mais aussi et surtout parce qu'il éprouve un certain désintérêt pour le spectacle composé de farces grossières et qu'il préfère le théâtre. Les producteurs ont compris cette évolution du public qui se lasse des grosses loufoqueries invraisemblables. Les maisons de production créent des séries d'Art, des genres se distinguent (westerns, drames, comédies,,,) et le niveau des films se relève pour se rapprocher du théâtre même s'il ne possède pas l'élément fondamental qu'est la voix. Ainsi, parallèlement à la transformation du cinéma en art, le spectacle se sédentarise et les premières salles s'ouvrent.

Il est difficile de préciser les dates exactes d'ouvertures de salles à Hénin. C'est en juillet 1908 que l'hebdomadaire fait mention pour la première fois dans sa page consacrée aux publicités de l'existence du Grand Cinématographe Français, situé rue Bon -Secours. Près de cette même rue se situait l'Auto-Cinéma Bernard, dont la première mention date de février 1910. Ce cinéma situé au coin de la rue Pasteur et de la rue Jules Guesde (à l'emplacement d'un actuel magasin de vêtements), juxtaposait un garage appartenant également à Casimir Bernard, qui était donc à la fois garagiste et exploitant de cinéma. Celui-ci était affilié au réseau Omnia-Pathé. C'est le 15 mai 1910 qu'est diffusé pour la première fois le Pathé-Journal au cinéma Bernard. A l'occasion de la fête de la Pentecôte, l'exploitant, également gérant d'un garage, offre à chaque acheteur d'une place en première l'occasion de faire une promenade en automobile.
C'est en décembre 1909 que le journal présente les programmes d'un nouveau cinéma, le Cinéma Chantant Mellin, situé rue de Douai (actuelle avenue des fusillés) lié à une grande épicerie, mais aussi lieu de vente de vêtements, dont M. Mellin était également propriétaire. Laissons nous guider par la vie de ce cinéma que relate l'hebdomadaire local. Au vue de ce que nous donne le journal, le cinéma juxtapose le magasin. La salle à l'air importante avec des « ouvertures aménagées sur le pourtour du balcon ». L'installation du projecteur est faite en dehors de la salle, dans un bâtiment séparé, à huit mètres derrière la glace de projection, « ce qui ne fatigue pas la vue ». Pendant chaque représentation cinématographique, des artistes donnent concert. Le cinéma Mellin, comme tous les cinématographes, offre un programme varié, composé de drames, de comédies, avec des petits reportages ou des vues en couleur et le tout entrecoupé de petits intermèdes, ancêtres des entractes. Les représentations ont lieu le samedi à 20 heures. Le prix des places est le suivant : premières à 75 centimes, secondes 50 centimes et troisièmes à 30 centimes. Comme l'ensemble des cinémas d'Hénin et de la région, le cinéma chantant Mellin avait un programme assez long, près de trois heures de programme. Ces trois heures de cinéma n'étaient pas continues puisqu'il fallait changer de bobines. La majorité des films proposés sont des productions Pathé. Le cinéma propose des adaptations de classiques, comme « Notre Dame de Paris » en janvier 1912, « les aventures de Cyrano de Bergerac »en juin 1912... mais aussi les comédies et les scènes comiques comme les films de Rigadin, de Max Linder, et d'autres comiques moins connus comme Rosalie, Little Moritz... Mellin programme aussi des fictions policières, dont plusieurs de la série Nick Winter, des drames sociaux, des reconstitutions historiques comme « le siège de Calais de 1347 », et propose aussi quelques actualités comme le naufrage du bateau « Liberté ».
L'un des cinémas héninois propose aussi à ses spectateurs la première version de « Germinal », tourné en 1913 par Albert Capellani. Tourné à Auchel, ce film mesure près de 4.300 mètres, soit près de trois heures de projection. Mais avant « Germinal », les spectateurs héninois ont pu visionner au Cinéma-Dumont à la cité de la Parisienne, vers Drocourt, un autre film ayant pour cadre leur quotidien, c'est a dire un film minier, également inspiré par « Germinal »et par la catastrophe de Courrières de 1906. Ce film, « Au pays des ténèbres », tourné par Victorin-Hippolyte Jasset, fut projeté en mars 1912. Pour Le journal d'Hénin-Liétard, il s'agit « d'une œuvre sensationnelle (,,,),un grand drame réaliste de la plus haute valeur, dont l'analyse est affichée à la vitrine du Salon Cinéma -Dumont », « Germinal » et le film projeté par le Cinéma -Dumont, ne sont pas les seuls consacrés au monde minier. En 1903 fut tourné « La grève » de Ferdiand Zecca, et, en 1905, « Au pays noir »de Lucien Nonguet, qui fut grossièrement présenté dans les baraques foraines comme une actualité sur la catastrophe de Courrières.
Dès août 1914, les salles se ferment et la censure s'abat avant même l'occupation allemande qui va détruire les salles Héninoises.
Pour l'arrivée du nouvel art, Hénin s'est confortée au modèle type de l'installation du cinéma dans les centres urbains industriels : d'abord des expériences dans des salles et salons, puis dans les foires et fêtes foraines, et enfin, pour répondre à la demande croissante, dans des salles fixes de plus en plus importantes qui vont disparaître avec l'invasion allemande.

mercredi 3 juin 2009

Recherches sur Ardres

Voici une petite annonce d'une jeune étudiante de Lyon, originaire du Pas-de-Calais qui fait des recherches sur les salles de cinéma sur Ardres et les environs pour ses études universitaires.
Merci d'entrer en contact avec elle si vous possédez des informations sur ce qu'elle recherche...

" Etudiante en cinéma à Lyon, je suis à la recherche d'informations pour mon mémoire sur l'apparition et le développement de salles de cinéma dans le canton d'Ardres. Je recherche plus particulièrement des informations (programmes, photographies, témoignages de spectateurs, affiches, publicités, informations sur les propriétaires, etc) concernant les salles suivantes :

- Le Franconi à Ardres, dont le hangar a accueilli les premières projections du cinématographe au début du XXe
- La Brasserie-Cinéma appartenant à la famille Heux-Duquenne, également située à Ardres dans les années 1920/1930
- Le Central appartenant à la famille Lockwood, toujours à Ardres, dans les années 1950
- Le Cinéma des familles, dirigée par M. Ooghe
- Les Salles Lockwood situées à Brêmes-les-Ardres dans les années 1930

Toute autre salle située à moins de 15km d'Ardres
Vous pouvez m'envoyer toutes ces informations à cette adresse:

Mlle Dzalba-Lyndis Vera
32 rue des jonquilles
62610 Landrethun-les-Ardres
ou par mail: vera.dzalyn@hotmail.fr ou en laissant un commentaire ici sur le blog, ou en m'écrivant (je transmettrais par mail ou par courrier) si l'adresse de Vera ne fonctionne pas (je sais, je viens d'essayer, Véra, si tu lis ça, je n'arrive pas à te répondre...) ! "