© Olivier JOOS - 2009/2015

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Le contenu de ce blog, les informations et documents sont répertoriés par OLIVIER JOOS. Ses avis et commentaires n'engagent que lui ! Le but de ce blog est de promouvoir et de créer une véritable Cinémathéque régionale Nord-Pas-de-Calais et Picardie, libre, populaire et ouverte, facilement accessible en plaçant le spectateur et la salle de cinéma au centre des recherches. C'est en soutenant ce choix qu'un tel lieu peut voir le jour ! CINEMASDUNORD, LE SEUL SITE INTERNET QUI PARLE DE CINEMA (salles et films tournés dans la région) DANS LA GRANDE REGION DES HAUTS DE FRANCE

mercredi 22 décembre 2010

Le Fraudeur de Léopold Simons

Alors que le nouveau film de DanyBoon, "Rien à déclarer" qui a pour toile de fond la douane et la contrebande, s'apprète à déferler sur nos écrans (il n'y a qu'à lire La Voix du Nord puisque le film fait quasiment la une toutes les semaines), il est judicieux de s'intéresser à d'autres films qui ont eu pour cadre ce sujet. Le plus important d'entre eux est une oeuvre de Léopold Simons, intitulée "Le Fraudeur", tourné pendant l'été 1937, sorti en novembre de la même année. Les acteurs principaux sont Line Dariel, partenaire indispensable des oeuvres multiformes de Simons, mais également Ginette Leclerc que l'on retrouvera un an plus tard dans "la femme du boulanger" de Pagnol, Madeleine Frey, et bien sur Simons... Il s'agit de la seconde production cinématographique de simons, la première étant "Le mystère du 421". Simons est déjà alors une vedette régionale. Poète, caricaturiste, peintre, auteur-interprète à la radio,... C'est la société de distribution régionale Bruitte et Delemar (nous reparlerons plus tard de cette société) qui lui propose de se lancer dans le cinéma; Ce sera d'abord "Le mystère du 421" (une fiche plus tard...), puis quelques mois plus tard, "Le fraudeur". Auparavant, ce film devait s'appeller "Théo", puis "Ceux de la douane". C'est finalement "Le fraudeur"... Le film est tourné en décor naturel dans les Flandres françaises, à Bailleul, au Mont Noir et au Mont Cassel. Histoire et personnages sont toujours ancrés dans la culture régionale. En quelques mots, l'histoire est celle de Théo, fils de Alphonse (Simons) et de Zulma (Line Dariel), ébloui par la beauté d'une jeune femme joué par Ginette Leclerc. Elle le manipule et lui fait passer de la drogue à la frontière alors que son père est naturellement... le douanier ! Avec ce film, Simons met de côté l'humour patoisant qui a fait jusqu'alors son succès. Le ton est grave et l'émotion est le fil directeur du film. Le film est présenté au Rexy de Lille en novembre. La presse s'exclame : "Le film est bien de chez nous, et c'est ce qui en fait la beauté et la profondeur. On entendait dans la salle à tous propos des exclamations ravies : c'est vrai, il y a cela chez nous et on ne s'en doutait pas ! Dariel est une très grande artiste et simons vient de réaliser un film dont la production française et notre nord parleront demain avec orgueil " (L'Echo du Nord). Le succès régional du film est important et pousse Simons, acteur, réalisateur, scénariste à préparer de nouveaux projets... mais l'occupation allemande va bloquer ces projets et à la Libération, Simons a d'autres centres d'intérêts avec la télévision régionale naissante....



Source : l'association Toudi Simons, ainsi que le travail de recherche de la société Byzance films pour le documentaire "ciné 96"
Un article du blog de Daniel Granval sur les deux films de Simons : http://daniel.granval.over-blog.com/article-dany-boon-et-leopold-simons-une-analogie-67028132.html

mardi 21 décembre 2010

Le Rex et le Vox de Sin-le-Noble

Un grand merci à Laurent Comar pour la publication de ces trois clichés ainsi que la reprise des informations qui vont avec.
N'hésitez pas à consulter son blog : http://ramoc.blogs.allocine.fr/
Sin-le-Noble possédait en 1960 2 salles de cinéma. Il y avait le Vox, 18 rue de Douai avec 500 places (disparu avant 1970) et le Rex de 500 places au 10 rue Jean-Baptiste Lebas.
Si vous avez des infos sur ces cinémas, n'hésitez pas à me contacter !!
La salle de cinéma Le Vox appartenait à la paroisse qui l'avait louée à M. Lefevre. Celui-ci exploitait la salle pour son compte à partir des années 70. Il a passé la main à son fils dans les années 1975/78, peut-être un peu plus tard. Puis cette salle a fermé. Avant de devenir son propre programmateur, Lefevre présentait des films selectionnés par l'OTCF de Lille. Sur une photo ci-dessous, on voit l'entrée ou il y a la caisse. Le directeur habitait au dessus. Après le passage à cette caisse, il faut passer dans une cour pour acceder à la salle qui a une capacite de plus ou moins 250 places. L'écran a 8 mètres de base scope. La cabine était équipée de projecteurs des ets EM, dernière marque à fabriquer des projecteurs 35 qui était situé à AY dans la Marne.
A droite de l'entrée du Rex, se trouvaient 2 panneaux 120 x 160 où étaient encollées les affiches. Un troisième panneau se trouvait de l'autre côté de la route appuyé contre l'église.Une fois franchi le hall après acquisition des tickets (vos photos 2 et 3) dans lequel se trouvaient 6 grands panneaux 120 x 160 qui présentaient photos, affichettes ou affiches, on franchissait une petite cour où se trouvaient les WC pour entrer dans un autre batiment perpendiculaire avec un long couloir qui longeait la salle en y donnant accès par 3 portes. Ce couloir comprenait de nombreux emplacement pour les affiches et tout au bout donnait accès à gauche aux confiseries et juste après à un bar. La porte du fond donnait accès à l'extérieur, à l'escalier menant à la cabine de projection qui comprenait 2 projecteurs et dans la pièce du fond d'un établi avec le nécessaire à rembobiner, à recoller... et les armoires de rangement des bobines.La salle était grande de même que l'écran. Les premières rangées au bord de l'écran comprenaient des sièges en bois et les suivantes des sièges velours.
Le plafond était composé de dalles rectangulaires blanches ou grises et les murs étaient rouges grenat. Enfin il y régnait une odeur particulière spécifique sans doute lièe au manque de renouvellement de l'air. La salle qui se trouvait après la petite cour a malheureusement été détruite récemment ainsi que la cabine et qu'il ne reste donc que le petit hall d'entrée photographié, mais duquel ont été retiré les enseignes frontales et lumineuses.

On peut qualifier cette salle du Rex de "Salle de quartier" avec des diffusions de Kung Fu, d'épouvante, de polars, de films catastrophes, monstres japonais, pornos... brefs de tous les films que distribuaient les maisons RID, Audifilms, Philippe Modica, Univers Galaxie, Europrodis... Ce cinéma possédait une scène qui existait encore en 1984. Le Rex ferme ses portes vers 1985 - 1986.



Ces photos ont été prises en novembre 1996.



vendredi 17 décembre 2010

Edouard Lardillier, architecte de cinéma
















































Personnage essentiel dans la mise en place du spectacle cinématographique, et ce, à toutes les époques, des pionniers à aujourd'hui, l'architecte est globalement méconnu, un véritable oublié... Alors qu'il dessine les plans de la salle, conçoit le bâtiment, sut les impératifs d'écran, les consignes de sécurité, les couts, les demandes des propriétaires de salles, les impératifs de son, les toilettes, les bureaux, les babines, le cloisonnement, la lumière..., il est un des grands absents de l'histoire de l'exploitation du cinéma, en France et bien sur dans la région nord-Pas-de-Calais. Parmi ces oubliés, un grand de l'architecture de la salle de spectacle : Edouard Lardillier. Alors que son nom est attaché à de nombreux bâtiments, que sait-on de lui ? Puisant dans mes recherches et sur internet, peu de choses sont connues sur sa vie et son oeuvre... En voici quelques bribes, en souhaitant que ce message puisse prendre de l'importance dans les semaines et mois à venir...


En août 1932, Lardillier publie dans la revue La technique cinématographique un article nommé : Pour transformer ou construire une salle de cinéma.
Lardillier est à la fois un architecte qui élabore de A à Z un cinéma, mais il travaille aussi à la rénovation de salles, à leur inévitable modernisation, leur mise à jour, surtout au sortir de la 2ème guerre mondiale, rendant ainsi des bâtiments vieillots en cinéma ultra-moderne.
Dans le Nord-Pas-de-Calais, son oeuvre la plus célèbre est le Colisée de Roubaix (nouvelle version en 1951). On lui doit d'autres cinémas régionaux, notamment le Colisée de Bruay-Labuissière, l'Alhambra de Calais (nouvelle version après la destruction de ce cinéma en 1944), le Rex de Dunkerque, le Colisée de Calais.


Ailleurs en France, il a conçu le théâtre municipal de Poitiers (voir le blog, en lien ci contre, de Laurent Comar), le Star de Créteil en 1952, le Studio-Parnasse à Paris, le cinéma Studio-Bertrand à Paris dans le VIIème, en 1934, le cinéma de l'hôtel de ville à Paris toujours





Vous êtes de la famille d'Edouard Lardillier ? Vous vous intéressez à son travail, vous avez un avis à donner, alors... contribuez !! Contactez moi !!



Légende du document : Plan du cinéma Alhambra de Calais en 1952 issu de la revue La cinématographie française. Un grand merci à l'indispensable Robert Mawet !!

jeudi 16 décembre 2010

Une famille dans l'exploitation au nord de la métropole: les Deconinck


Texte qui va s'étoffer dans les jours à venir...
Au tout début du XXème siècle, Jean Deconinck était ébéniste, travaillant pour les grandes familles du Nord. Celles-ci étaient toujours très longues à payer leurs factures. Un jour, il réalisa qu'il existait un métier où on paye ses fournisseurs après avoir reçu l'argent des clients : le métier de montreurs de films. Il racheta les anciennes écuries du château Descat à Tourcoing pour y faire un lieu de divertissements. C'est la naissance du Fresnoy. Il développa le lieu au fur et à mesure, année après année. Son métier d'ébéniste et le matériel qu'il possédait lui permettaient de réaliser beaucoup de travaux par lui-même, réduisant ainsi les frais. Ce complexe de loisirs avant l'heure attirait les foules. On y proposait du cinéma, un dancing, du music-hall, du patins à roulettes, il y avait plusieurs bars et brasseries et des salles de jeux. En 1907, ce fut donc l'ouverture du Fresnoy, aménagé en salle de 1700 places. Pour entrer au Fresnoy, il fallait s'acquitter d'un prix forfaitaire qui donnait droit à toutes les activités proposées, y compris le cinéma. On y développe aussi les coups de publicité, des idées marketing comme la distribution de poussins pour Pâques 1939. Le grand-père de Monsieur Deconinck avait une couveuse qui pouvait contenir 30000 oeufs. Lors de ces fêtes de Pâques, chaque visiteur du Fresnoy avait droit à un poussin. Deux ou trois ans plus tard, on raconte même qu'une famille des environs possédait un coq apprivoisé qui mangeait avec eux à table. C'était un poussin du Fresnoy...

Cherchant toujours à faire prospérer l'entreprise et voyant encore plus grand, Jean Deconinck créa le Colisée de Roubaix en 1926 en style Art déco. Décédé pendant la guerre, c'est son fils Henri qui reprend le flambeau familial. En 1951, Henri réaménage le Colisée pour y présenter notamment des variétés. Henri Deconinck menait son entreprise d'une manière très patriarcale. Il n'acceptait aucune faille de ses collaborateurs. Pierre Desrousseaux, son beau-frère, avait la responsabilité du Colisée. Les deux hommes ne s'entendaient pas du tout. Le jour de la fête des mères, les locations commençaient à 10 heures. Il fallait être à son poste à 9 heures 45. Desrousseaux arrivant à 9 heures 50 eut droit à une engueulade magistrale. Henri Deconinck faisait toujours passer les affaires en priorité. Il n'est jamais parti en vacances avec ses enfants. Henri Desrousseaux préféra, dès qu'il le put, laisser la place à son fils Hubert.

En 1954, la MGM décida d'honorer les exploitants européens les plus à l'avant-garde du progrès du cinéma pour célébrer son trentième anniversaire. Ce fut Henri Deconinck qui fut désigné pour la France. Une plaque commémorative lui fut remise au cours d'une cérémonie.

Le groupe Deconinck chercha à se développer et s'associa notamment avec le poids lourd de l'exploitation dans le Pas-de-Calais : le réseau Bertrand qui avait la main mise sur les salles du bassin minier. ensembles, ils créérent le Colisée de Bruay inauguré le 11 mars 1955. Ils avaient également pour partenaires la société Bruitte et Delemar. Lors de la soirée inaugurale, le trio Raisner se produit sur scène avec également la projection du film « Le vicomte de Bragelonne ». Les associés de ce projet représentaient 25000 fauteuils dans la région.

mercredi 8 décembre 2010

Le Colisée de Roubaix

Voici le premier jet d'un texte qui sera naturellement étoffé dans les jours à venir. Il concerne la grande salle roubaisienne du Colisée, toujours debout, devenu aujourd'hui une salle de spectacle. Ce texte vient bien sur en complément du précédent document publié sur ce blog et fourni grâce à Daniel Najberg.


Voici d'ailleurs tout de suite une page internet vous entrainant sur le site du Colisée, et plus particulièrement sur la page "historique". En cliquant sur les onglets, vous aurez également un aperçu de la programmation éclectique de cette salle... : http://www.coliseeroubaix.com/historique.php




En résumé et/ou en complément de ces informations, voici ce qu'on peut dire, pour l'instant, sur l'histoire de cette salle qui a connu deux vies grâce à ses deux crétateurs : le père Jean, puis le fils Henri Deconinck dont nous dresserons les portraits dans les semaines à venir...


Le père, Jean Deconinck, est déjà une personnalité dans l'exploitation cinématographique avec la gestion du Fresnoy de Tourcoing, véritable multiplexe de loisirs avant l'heure, mêlant cinéma, dancing, skating (piste de patins à roulettes), buvettes, etc... Il crée le Colisée de Roubaix au 41 rue de l'Epeule en 1926 dans un style Art déco avec l'architecte J. et A. Barbotin. La salle affiche alors une capacité de 2000 places. Il y a alors dans le grand hall d'entrée un jet d'eau et un escalier qui permet de rejoindre un dancing au premier étage. Moderne, elle est une des premières salles a profité de l'arrivée du parlant. La capacité de la salle lui permet d'être une véritable salle de spectacle et s'y produisent Tino Rossi, Maurice Chevalier, Joséphine Baker ou Mistinguett.

En 1951, son fils Henri Deconinckle réaménage totalement pour y présenter également des variétés de plus en plus preignantes dans la société du spectacle qui se met en place. C'est l'architecte Edouard Lardillier qui est chargé de la complète transformation. Spécialiste des sales de cinéma, on doit à Lardillier le Katora à Nantes et le Berlitz à Paris. La salle de 2.200 places est équipée du son stéréophonique, d'un plancher flottant pour absorber le son. Elle a été l'une des plus modernes de France. Le hall faisait entièrement partie de l'espace urbain faisant le lien entre la salle de spectacle et la rue. Une belle et large ouverture tout de verre invitait le piéton à s'engouffrer dans la salle. Ce bel effet est renforcé par le grand miroir qui décuple ses dimensions et reflète l'image de la rue, faisant alors du Colisée un beau bâtiment d'art contemporain. A peine transformé, deux ans plus tard, de nouveaux travaux étaient engagés pour permettre les projections en cinémascope naissant. Il a fallu refaire toute la scène. Le Colisée a été le premier cinéma de la région à programmer le film de la Fox, « La tunique », le premier film réalisé en scope. A cette occasion, une énorme publicité apparaissait sur le haut de la gare de Lille. Le cinéma roubaisien a réalisé 78.000 entrées en quatre semaines. La dernière semaine où était programmé ce film en scope, il faisait encore 16000 entrées ! Cela laisse rêveur aujourd'hui quand on songe notamment au nombre important de cinémas qui existait à Roubaix. Les projections étaient intérrompues pour laisser la place aux autres films qui attendaient leur tour. En 1953, le Colisée faisait parti des trois cinémas de France, avec le Rex et le Normandy à Paris, équipés du Cinémascope. Le Colisée reçoit également la visite d'Eddy Mitchell et des chaussettes noires, Edith Piaf, Aznavour, Dalida, Bécaud,... La dernière mue du Colisée s'opère dans les années 70 avec la crise des immenses salles de centre-ville. Avec l'impossibilité de fractionner l'immense salle en salles plus petites, le Colisée doit fermer ses portes. C'est en 1980 que le bâtiment est racheté par la municipalité. A nouveau transformé par l'architecte J. Lévy, il acceuille à partir de cette date les spectacles du Ballet du Nord, mais aussi du théâtre ou de la musique.




(texte qui va s'étoffer et documents supplémentaires dans les jours à venir)
Source : A. Chopin et P. Waret, "Les cinémas de Roubaix"

samedi 4 décembre 2010

Paramount Journal propose un article sur le Colisée de Roubaix

Daniel Najberg nous propose un document exceptionnel : un article de Paramount Journal, un journal professionnel, du samedi 26 février 1927. Cette revue annonce en une la construction d'un nouveau temple du 7ème Art à Roubaix, construit par Jean Deconninck, l'heureux gérant du déjà géant Fresnoy de Tourcoing. L'article ici présent (cliquez pour des agrandissements) propose un portrait de Deconninck à la fin des années 20 ainsi qu'un tableau de la construction de ce qui va devenir le Colisée. Deux vues sont données de la structure métallique du nouveau géant roubaisien.
Un grand merci à Daniel Najberg pour ce très beau document et n'oubliez pas son rendez-vous de janvier 2011 : CinéMachina !! Le blog cinemasdunord y tiendra naturellement un stand.
Vous avez d'autres documents sur Deconninck, sur le Fresnoy, le Colisée, alors n'hésitez pas... De prochains messages sur ce blog présenteront ces salles clés de l'exploitation au nord de la métroploe lilloise, avec également un portrait complet de Deconninck, un pionnier du 7ème Art dans notre région.

vendredi 3 décembre 2010

Les cinémas de Maubeuge... suite....

L'indispensable Laurent Comar (vite, allez voir son blog dans les liens !!) nous envoie un message. Il nous propose grâce à ses instruments de travail, des annuaires professionnels, des brochures d'exploitants,... de nombreuses infos sur les cinémas maubeugeois avec des adresses, des noms d'exploitants, des localisations de salles, des capacités en nombre de spectateurs maximum... Voici ces infos :


En 1950 :
Cinéma de la Bourse - 4 Place Verte - 716 pl - Mr Lahanier

En 1960 :
Club : 157 rue d'Hautmont - 650 pl - Elie Berlaimont
Paris : Avenue Jean Mabuse - 1 077 pl - Scène 12,5x6,5 - Mr rené Lahanier
Printania : 192 rue d'Hautmont - 1 000 pl - Scene 10x10 - Elie Berlaimont
Variétés : 262 rue d'Hautmont - 900 pl - Scene 13x6 - Mr Albert Camis
Vog : rue de la liberté Fg de Douzies - 300 pl - Jacques Delabaere

En 1970 :
Club : 157 rue d'Hautmont - 650 pl - B;Zerrouki
Paris : 22 Avenue Jean Mabuse - 1 077 pl - JM Caplain
Printania : 192 rue d'Hautmont - 1 000 pl - Scene 10x10 - Charles Lahaye -
mme R.Huart
Variétés : 262 rue d'Hautmont - 780 pl - Scene 11x5 - Mr Albert Camis

En 1976 :
Club : 157 rue d'Hautmont - 650 pl - B;Zerrouki
Paris : 22 Avenue Jean Mabuse - Salle 1 - 960 pl - Salle 2 : 180 pl - SA Le
Paris - JM Caplain
Printania : 192 rue d'Hautmont - 1 000 pl - Scene 10x10 - Charles Lahaye -
mme R.Huart
Variétés : 262 rue d'Hautmont - 780 pl - Scene 11x5 - Mr Albert Camis

En 1984 :
Club : 157 rue d'Hautmont - 650 pl - B;Zerrouki
Paris : 22 Avenue Jean Mabuse - Salle 1 - 550 pl - Salle 2 : 264 - salle 3 :
180 pl pl - SA Le Paris - JM Caplain
Printania : 192 rue d'Hautmont - 1 000 pl - Scene 10x10 - Charles Lahaye -
mme R.Huart
Variétés : 262 rue d'Hautmont - 780 pl - Scene 11x5 -

Dans la Revue Cinema de France de Mars 76, :
Le Paris : complexe de 960 à 180 pl
2000 à 1 000 entreés Hebdo ; record 8 380 entres hebdo pour les Aristochats en Fevrier 72
Printania : 800 fauteuils, rendement 500 entrees hebdo
Varietes : 760 fauteuils : rendement 1 155 entrées hebdo

Et dans cette même revue est annoncé en fevrier 80, la salle de 264 places

Voici un lien permettant de voir un article sur l'inauguration du O'Ciné dont l'entrée illustre cet article : www.agglo-maubeugevaldesambre.fr/IMG/Mag_38_CAMVS.pdf

vendredi 26 novembre 2010

Le Paris de Maubeuge

Voici une ancienne carte postale du cinéma Paris de Maubeuge. Récemment, une lectrice de ce blog m'a envoyé un message me demandant de m'informer sur ce cinéma en train de mourir... Recherche rapide sur internet (Maubeuge est assez éloignée de mon voisinnage) et je ne trouve rien, sauf des indications et renseignements sur le nouveau fleuron cinématographique maubeugeois, le O'Ciné du groupe audomarois Coppey. Mais quid du Paris ? Date de construction ? de fermeture ? Existence ? Tient-il encore debout... Mystère... Si un lecteur, un maubeugeois pourrait nous éclairer, si on pouvait nous donner l'adresse de cette salle, la retrouver grâce à google StreetView, dire ce qu'il va devenir s'il est en phase de prochaine destruction, etc... Si vous avez fr"quenté ce cinéma, s'il vous a laissé un souvenir, etc... D'après la photo, la salle semble importante et présente à cette époque là, "Le Rouge et le Noir" avec Gérard Philippe sorti en 1954.

D'après Jean-Marie Prévost, le Paris se trouve en haut de l'avenue Jean Mabuse, plus précisément au numéro 22. Il ne semble pas y avoir de vue GoogleStreetview. En 1970, il y encore une salle unique, puis vers 1974 / 1975, à droite de l'entrée, c'est la création du Paris 2, puis on a découpé la grande salle en 2 avec le Paris 1, 2, 3 vers 1982 / 1984.


D'après Céline Bachelier du service archives de la ville de Maubeuge, le bâtiment du Paris a été construit en 1953, à la place de l’église Saint-Pierre. Les architectes sont MM. Lafitte et Gouvernet. Les différents propriétaires succesifs furent René Lahanier jusqu’en 1961, puis la famille Capelain qui transforme la salle unique en 3 écrans et 780 fauteuils). En 1987, c'est l'audomarois Bernard Coppey, avec la SA le Paris, dont le siège est à Saint-Omer qui fait passer de Paris a 5 écrans et 933 fauteuils. 2006 : fermeture et ouverture du nouveau Ociné, avenue de la gare et la fin du Paris...




Un grand merci à J.M. Prévost et aux archives municipales de Maubeuge

jeudi 18 novembre 2010

Le Régent de Lille


Rue de Béthune à Lille : la rue des cinémas par excellence !!
Parmi ces salles obscures, le Régent !! Une salle prestigieuse parmi toutes les autres de cette rue. Aujourd'hui, l'emplacement de ce cinéma est occupé approximativement par les Galeries Lafayette.
Avant de se dénommer Régent, cette salle porte le nom d'Eden. Il était, avant 1967, exploité par les familles Quartier et Dutat. Aprés 1967, année de décés de Raymond Quartier, c'est son épouse Lucienne Quartier, née Duponchel, qui continua quelques années l'expoitation. Cette salle reconnu qui n'avait aucun balcon, a acceuilli de nombreuses premières avec des défilés de stars comme Jean Gabin ou Michéle Morgan...


Le Régent a été transformé à une date inconnue. D'une salle, il passe à deux salles. A une nouvelle date indéterminée pour l'instant, le Régent a été racheté pour être ensuite littéralement phagocyté par le complexe géant juste à côté : le paquebot Gaumont. Après transformation et ravellement complet de façade, toute trace du Régent a disparu, se fondant dans les multiples salles de la succursale de la firme à la marguerite. Ce n'est que lors de la destruction de cette dernière, suite à l'abandon du centre-ville par Gaumont, que l'on a redécouvert la façade et l'inscription du Régent (voir ainsi la surprenante dernière photo de ce message).
Dernières informations concernant ce cinéma grâce aux recherches de l'inévitable Jean-Marie Prévost : la division du Régent est intervenue juste après la création des cinemas Ariel, rue de Béthune, vers 1973/75. Il y a eu ensuite le rachat du Familia, transformé pour devenir le Gaumont en 1975 puis des travaux pour le transformer en 8 salles avec une ouverture en décembre 1977. Donc la photo du Régent avec le Gaumont à coté date d'après decembre 1977. Le rachat du Régent est intervenu peut-être 4 ou 5 ans pres l'ouverture du Gaumont du fait de la chute de frequentation du cinema Régant et la concurrence féroce du géant à la marguerite. Il est possible de connaitre l'année car quand il y a eu les travaux pour faire des deux cinémas un seul, un accident est arrivé. Les archives de la Voix du Nord sont à consulter...

Un très grand grand merci à Mr Didier Lefebvre pour les informations et pour les deux premiers documents montrant la salle du Régent dans les années 70.

Le troisième document est donc une photo montrant le cinéma éventré, prêt à être détruit avec le Gaumont.


mercredi 10 novembre 2010

"Bienvenue chez les ch'tis", un Nord de carte postale ?















Alors que le film s’apprête à vivre une longue carrière sur le petit écran, à l'instar des classiques de De Funès ou des films du Splendid, avec sa première diffusion sur TF1 fin novembre 2010, on peut s'interroger, comme avec n'importe quelle oeuvre cinématographique présentée ici, sur l'histoire du tournage, les petites anecdotes qui émaillent le tournage, les souvenirs de figurants, mais aussi sur l'image du Nord que véhicule le film.

Le Nord présenté dans le film est un peu un Nord rêvé, idéalisé, un Nord de carte postale. Quelques exemples en vrac parmi d'autres... (si vous en avez d'autres, laissez moi un commentaire) :

- Les retraités n'ont aucun soucis de pension, aucun problème de fin de mois...

- Aucun personnage n'est confronté au chômage ou à un drame.

- Tout le monde est poli et se dit bonjour (- é bonjour tit zotes...)

- On n'évoque aucune tension sociale (seul le personnage interprété par Guy Lecluyse fait un jeu de mot subtil, quasi inaudible entre le "chud" d'ou vient Philippe Abrams (Kad Mérad) et le Chud, à savoir Sud-PTT sous-entendu le syndicat des postiers)

- La mixité ethnique, la diversité culturelle et les minorités visibles de la France d'aujourd'hui est inexistante dans le film. Un seul personnage représente cette France plurielle : Momo, alias l'excellent Zinedine Souallem, qui tient la friterie.

- Le bureau de poste est un bureau rêvé avec des facteurs qui font leur tournée à vélo (le mien est en voiture et beaucoup de postiers font ainsi leur tournée). L'attente est inexistante et tout est disponible.

- Une absence totale du Nord qui avance : des réussites technologiques, de la modernité de notre région, du TGV (P. Abrams (K. Mérad) retourne dans le Sud ou revient dans le Nord systématiquement en voiture... quid du TGV ?), des quartiers branchés de Lille ou des grandes villes...

- Un Nord rêvé ou on fait du char à voile (quel est le pourcentage de nordistes qui pratique le char à voile ? une infime minorité certainement)), un Nord où on va facilement dans un restaurant (la scène ou Kad commence à apprendre le patois du Nord a été tournée dans un restaurant du Vieux-Lille à plus d'une heure de route de Bergues (et encore, n'oubliez pas le stationnement problématique dans ce quartier)).

Cependant, le film, sur l'image qu'il renvoie de la région, à la fois auprès de ses habitants, mais aussi auprès du public français, est une véritable réussite et une entreprise de réhabilitation du Nord-Pas-de-Calais. Alors que les reportages des journaux télévisés exploitent bien souvent une vision pessimiste de notre région (qui n'a pas vu un reportage sur le suicide dans le Nord, la prison de Loos, l'alcoolisme, le chômage, des territoires sinistrés,...), le film est une véritable bouffée de fraîcheur, d'ou sa réussite : une vie simple, de bons sentiments, une joie de vivre et un humour qui joue sur les clichés d'une région confrontée à la réalité, à la vie réelle et non l'image que l'on se fait. Si les gens du Nord ont fait un triomphe à ce film, c'est qu'il leur rend leur dignité. Certes, se pose à nouveau la question du cliché sur le gars du Nord qui apparaît comme un brave gars, un peu simple, le coeur sur la main, pas bien instruit mais gentil et faisant le spectacle (on voit ainsi par exemple que certains candidats à des jeux télé se la jouent ( voir surjouent ) leur côté ch'timi grâce au film, un bon gars un peu neuneu mais sympa et poussant souvent la chansonnette. Que n'a-t-on entendu de "Hein biloute ?" depuis le triomphe de ce film dans les émissions de télé ou les jeux lorsqu'un candidat se présente venant du Nord... Expression qui mérite à elle seule d'entrer dans les pages saumons lors d'une prochaine publication du Petit Larousse. Le film a donc permis de passer d'un Nord repoussoir à un Nord sympathique... Mais jusqu'à quand ?
Bienvenue chez les ch'tis, film comme un autre ?
film emblématique d'une région en quête de son identité ?
film négatif qui montre un Nord idéal de petites gens attachés aux traditions comme le montre le JT de Jean-Pierre Pernaut ?
Votre avis compte... Alors n'hésitez pas...
Bien sur, et comme d'autres films présentés ici sur ce blog, nous reviendrons sur le sujet dans un prochain message... Ainsi, si vous êtes habitant de Bergues et si vous avez participé au tournage, racontez !! A l'inverse, berguois qui refusez cette image donnée à votre ville, parlez nous en !!

vendredi 5 novembre 2010

Didier Dupuis, directeur du Familia de Berck et grand collectionneur

Didier Dupuis est l'âme du cinéma Familia de Berck-sur-Mer. C'est à partir de l'âge de 12 ans environ qu'il a été aide-projectionniste avant de devenir définitivement projectionniste bénévole pour le compte de l association de la paroisse, ce cinéma étant paroissial jusqu' en 1978, date de fermeture.
Il est ensuite embauché en 1980 par la ville de Berck comme mécanicien Formation BEP Electromécanicien, CAP Projectionniste...). Le Familia réouvre en 1982 par le CAC de Boulogne avec mise à dispo de projectionnistes pour 2 séances par semaine en art et essai. Il y avait encore des cinémas privés sur Berck. Puis, c'est la reprise de l’activité complète par la ville de Berck en 1984/1985. Suite à la fermeture des cinémas privés, la façon de fonctionner du Famila a évolué avec une programmation plus large tout en continuant l'art et essai. Depuis 1997, Didier Dupuis en est le programmateur directeur. Parrallèlement à ses activités professionnelles, Dupuis est un grand collectionneur de matériel de pojection. Lors de nombreuses expositions, il fait partagé sa passion et montre les appareils à un public conquis.

Voici un article signé Marie-Pierre Griffon, paru en février 2008 dans le journal gratuit l'Echo du Pas-de-Calais et qui présente le directeur du Familia de Berck à travers sa collection d'appareils de projection et d'objets liés au monde du 7ème Art.



À l’heure où – hélas – le cinéma revient à la maison, avec écran géant, haute définition et ampli stéréo, le directeur du Familia à Berck-sur-Mer se souvient des premières séances privées. L’homme collectionne les projecteurs familiaux et projecteurs jouets. Il accumule chez lui plus de 250 pièces d’exception. La plus ancienne date de 1833. Le projecteur dont il est le plus fier est un Pathé de 1912, un modèle rare qu’on appelait alors la « machine à coudre »…




Qui connaît le Familia de Berck-sur-Mer sait combien son responsable, Didier Dupuis, est emballé par son métier. Il se bat à longueur d’année pour donner à tous le goût du bon cinéma. Il se démène pour accompagner les projets des associations locales, il se mobilise avec l’Abac* pour programmer des projections spéciales, il bataille pour garder son classement Art et essai et fait partie de toutes les structures qui font bouger le cinéma dans la région : Plan séquence, De la suite dans les Images, L’entente régionale du Nord - Pas-de-Calais.




Collection, exposition
Avec la même ardeur, il partage son autre passion : la collection de projecteurs familiaux et de projecteurs jouets. Au point de proposer de précieuses expositions gratuites au cours desquelles il raconte, il détaille, il retrace toute l’histoire des images animées. « Avant, il y avait un tas d’appareils pour les faire bouger. Les gens ont toujours voulu voir les images animées… » Qu’elles naissent de la résistance rétinienne ou qu’elles aient besoin de lumière, elles ont un colossal pouvoir de séduction.
Didier montre avec enthousiasme les premiers procédés. Le folioscope ou flip book, un ensemble d’images dessinées sur un livret qu’on feuillette à toute vitesse… Le phénaskistiscope, inventé par Joseph Plateau en 1833, qui reconstitue l’impression de mouvement à partir d’images dessinées sur un disque. Il suffit de les observer au travers d’un autre disque percé de fentes et de tourner en même temps ; le zootrope inventé la même année par William Horner. C’est un petit tambour percé de fentes sur sa moitié supérieure, il abrite à l’intérieur une bande de dessins décomposant un mouvement. Si le collectionneur possède de beaux originaux, il a tenu à en fabriquer des copies pour amuser le visiteur…
Didier Dupuis a déniché aussi de belles plaques de verre peintes et éclairées par des lampes à pétrole ou à alcool ainsi que des lanternes jouets qui fonctionnent à la bougie.
Il est intarissable sur les péripéties de la « lanterne magique » (avec flamme) ou du projecteur (avec ampoule). Il explique le fonctionnement du premier matériel familial (1912) dont on tournait la manivelle à la main, les projecteurs jouets (Pathé kids) ou ceux qui admettent le 35 mm (toujours utilisé par les professionnels de nos jours), le 28 mm (le Pathé kok), le 9,5 mm et sa fragile perforation centrale (le Pathé baby), le 8, le super 8 et le 16 mm… Assortis aux projecteurs : des kilomètres de bobines mais aussi des anciennes publicités, des actions et des titres. Et puis d’autres objets que les enfants d’aujourd’hui n’ont jamais vu : un projecteur de diapositives par exemple… Incrédulité de certains petits devant cette machine qui leur paraît appartenir à la nuit des temps…
On dirait que tout s’accélère…












* L’Abac, association berckoise des amis du cinéma.






Rens. 06 07 54 35 40




Les blogs de Didier Dupuis avec présentation de sa collection, de ses activités, avec un petit film retraçant l'histoire de la projection :






mardi 2 novembre 2010

CinéMachina 2011, c'est parti !!!


CinéMachina, c'est reparti !!!
A vos agendas :
Cette année, nouvelle date, nouveau lieu.
C'est le dimanche 23 janvier que se déroulera cette manifestation, la plus importante au Nord de Paris.
Déménagement cette année aussi puisque c'est à la Condition Publique (voir photo) de Roubaix que les organisateurs de cette manifestation, l'inévitable Daniel Najberg en tête, vous donnent rendez-vous !!
Bien sur, le blog cinemasdunord sera présent avec un stand, une présentation du site,... Comme lors de la précédente édition, des collectionneurs, des amateurs, des vendeurs et acheteurs présenteront et vendront du matériel de cinéma, des anciens projecteurs, des affiches, des livres, des photos,... tout ce qui touche de près ou de loin au cinéma !!
Nous en reparlerons bien évidemment !!!

Veuillez trouver ci desous deux liens avec notamment le bulletin d'inscription si vous souhaitez participer à cette manifestation

http://www.alicc.net/CineMachina.pdf

dimanche 31 octobre 2010

Un départ en retraite et une présentation du personnel à Douai



Un des lecteurs du blog, Bernard Warin, nous envoie deux articles parus dans La Voix du Nord du 31 octobre, édition de Douai. Ces articles sont consacré au personnel du Majestic de Douai, ainsi qu'un départ en retraite d'une figure de l'exploitation cinématographique douaisienne : Licia Venturini, ouvreuse qui a travaillé dans toutes les salles douaisiennes.

Cliquez sur les articles pour les agrandir et les lire.






Une petite histoire des cinémas lillois

Daniel Granval, sur son blog, propose une histoire des salles de cinéma de Lille des origines à nos jours. Nous reviendrons bien sur sur cette histoire plus longuement sur ce blog dans les semaines à venir, mais cette fois salle par salle.
Le blog de Daniel Granval :
http://daniel.granval.over-blog.com/

Légende : Rue des Ponts de Comines, l'ancien Métropole propose un festival Bond, version Sean Connery

samedi 30 octobre 2010

"La vie est un long fleuve tranquille", et le Nord aussi ??

Film emblématique des années 80, film symbole des années Mitterrand, film révélateur de la dualité de la société française et du fossé qui se creuse avec l'affirmation des "nouveaux pauvres" face aux anciennes élites sociales, "La Vie est un long fleuve tranquille" est la première oeuvre du cinéaste Etienne chatiliez. Ce dernier connait bien le Nord, il y est né en 1952 à Roubaix. Le film aux 4 millions de spectateurs a été tourné dans le Nord, dans des endroits différents. L'action principale se déroule à Bapaume, mais le tournage s'est fait dans différents sites du Nord-Pas-de-Calais comme à Hénin-Beaumont par exemple (de mémoire, la scène ou Momo est à l'école et ou il se fait interpeller à la fenètre de la classe par l'un de ses frères pour venir jouer. On voit un terril en arrière-plan (il n'y en a pas à Bapaume)). Les murs de briques s'étalent devoilant la vie des Groseille alors que la froideur des Le Quesnoy est symbolisée par des intérieurs sans vie. Parmi les scènes extérieures, on voit aussi la Deûle qui ne passe pas non plus à Bapaume, et la scène de fin ou le gynécologue joué par Daniel Gélin est en retraite anticipée sur la Côte d'Opale. Régulièrement diffusé à la télé, et avec l'utilisation d'une comédie sociale dont les répliques devenues cultes font mouches, le film montre à la fois une vision du Nord réaliste mais aussi, forcément, caricaturale. Réaliste car les personnages Le Quesnoy et Groseille, dont les patronymes sont devenus d'ailleurs synonymes d'une classe sociale, existent bien dans notre région (mais aussi ailleurs en France bien sur), Chatiliez ayant grossi et forci le trait. Caricaturale car le film est d'abord et avant tout une comédie et repose sur les contrastes et la situation de départ, l'inversion des bébés, prétexte à jouer sur les différences des milieux sociaux, à la déliquescence de ces derniers et posant la question insoluble de l'inné et de l'acquis.
Légende des photos :
- Momo et l'un de ses frères de la tribu Groseille, en arrière-plan la campagne de Bapaume.
- La célèbre scène au bord de la Deûle : joie enfantine parmi les déchets charriés par le canal

Autre message sur ce sujet : http://cinemasdunord.blogspot.fr/2013/07/souvenirs-du-tournage-de-la-vie-est-un.html

jeudi 28 octobre 2010

"Le corps de mon ennemi", le Nord pour vengeance...

En 1975, dix ans après "Week-end à Zuydcoote", Henri Verneuil et Jean-Paul Belmondo reviennent dans le Nord et tournent à Lille et dans la Métropole "Le Corps de mon ennemi". C'est l'ambiance, les murs de brique, une ville industrielle qu'est venu chercher à Lille le réalisateur. En effet, Lille n'est absolument pas mentionnée.
François Leclerc (Jean-Paul Belmondo), après avoir purgé une peine de sept ans de réclusion pour un double meurtre qu'il n'a pas commis, revient dans la ville de Cournai, afin de revenir sur son parcours et de trouver la clé de l'énigme...
Le cadre de l'action, Cournai est une ville imaginaire, contraction des deux villes belges limitrophes : Courtrai et Tournai.

Voici ce qu'évoque l'encyclopédie Wikipédia sur ce tournage : Ce film a été entièrement tourné dans la métropole lilloise.

De nombreux sites sont toujours reconnaissables aujourd'hui, comme l'emplacement du Diplodocus, dans le film. Un énorme trou dans le sol. Cet énorme trou rempli d'eau était le chantier d'un complexe immobilier occupé aujourd'hui par des bureaux, des commerces et le Palais du Nouveau Siècle et du parking qui se trouve en son sous-sol, dans le Vieux-Lille. Pour l'anecdote, on l'appelait « le trou de Mauroy », en référence à Pierre Mauroy, élu maire de Lille pour la 1ère fois en 1973, et qui avait présidé à ce projet qui pouvait paraître pharaonique à l'époque. On y reconnait aussi, hormis quelques rues (assez tristes dans les années 70) du Vieux-Lille, une entrée de l'immeuble Le Forum situé à l'angle des rues Charles Saint-Venant et Gustave Delory. On y reconnait également la gare de Tourcoing appelée gare de Cournai dans le Film. Plusieurs scènes se déroulent dans les rues de Roubaix Grand'Rue, rue d'Avelghem ...

La boîte de nuit, dont le logo visible dans le film est toujours en place aujourd'hui, est la discothèque Le macumba à Englos, petit village situé à 5 km de Lille. "
Le site de l'INA popose un reportage sur le tournage de ce film. On reconnait notament la rue Esquermoise et le chantier du Nouveau Siècle :
Vous avez un commentaire à faire sur ce film, une remarque,... Vous avez participé au tournage, vous avez vu Bébel en vrai grâce au tournage, venez raconter...
Légende des documents : l'affiche du film, une photo du film où on voit les façades de brique servant de décors au film.

vendredi 22 octobre 2010

Victor Planchon aura sa statue Place des frères Lumière à Boulogne/Mer

Ce vendredi, La Voix du Nord, édition Boulogne / Mer nous apprend que la municipalité boulonnaise vient de lancer un appel d'offres pour la réalisation de deux statues de personnages liés au monde du cinéma afin d'illustrer la place des frères Lumières. Les choix se sont naturellement portés vers le boulonnais Victor Planchon, fournisseur officiel des pellicules souples pour les frères Lumière, mais aussi vers... Marilyn monroe !! On cherchera en vain la filiation qui unit Marilyn au premier port de pêche français; Elle n'a pas une généalogie qui plonge ses racines dans le Nord-pas-de-Calais, elle n'a pas tourné dans notre région (cela se saurait !!!) et, mais je peux me tromper, je pense qu'elle n'avait aucunement connaissance du port de Boulogne... D'ou vient la motivation des édiles ? N'y a-t-il pas d'autres personnalités liées à la fois au monde du cinéma mais aussi liées à Boulogne ou au moins à l'ouest du département du Pas-de-Calais ? Le choix de Marilyn s'est tout simplement celui de l'idéal du cinéma, de la part de fantasme qui accompagne les images animées. Elle est la figure mythique du cinéma américain qui a déferlé sur nos écrans après la seconde guerre mondiale. Cela aurait pu être James Dean (mais peut-être moins facile à immortaliser dans le bronze), mais c'est Marilyn...
Voici l'article de la Voix du Nord consacré à ces statues :
Les artistes intéressés par le projet avaient jusqu'à lundi pour se faire connaître de la mairie. ...

Deux statues en bronze devraient en effet trôner sur l'esplanade Lumière, devant cet îlot de 5 étages en construction : une de Victor Planchon et une autre, plus étonnante, de Marilyn Monroe... De quoi rendre hommage à « l'histoire qui relie Boulogne et le cinéma », précise le document.

Marilyn : pourquoi pas, mais pourquoi ?

L'histoire se joue un peu en catimini. Le 30 septembre dernier, un appel d'offre est lancé sur le site de la mairie « pour la conception et la réalisation de deux statues ». Tiens. « À taille humaine, elles seront réalisées en bronze dans l'objectif d'une représentation aussi réaliste que possible. » Bon, on pourra se faire prendre en photo à côté, c'est déjà ça.

Après tout, des statues sur l'esplanade Lumière, pourquoi pas. Et des statues en lien avec le cinéma sur une esplanade nommée « Lumière », du nom des frères pionniers du septième art, ça se conçoit.

Tout comme le choix porté sur Victor Planchon, illustre Boulonnais inventeur de la pellicule sur laquelle les frères Lumières imprimèrent leurs premiers films. Un bel hommage.

Mais Marilyn ? « Ces statues représenteront deux personnages qui ont marqué ou auraient dû marquer l'histoire du cinéma », justifie l'appel d'offre. Qu'elle ait marqué l'histoire du cinéma, on n'en doute pas. Pose glamour, les mains sur sa robe soulevée par l'air sortant d'une bouche d'aération (ici celle du parking souterrain), on l'imagine même déjà.

Mais pourquoi elle ? N'y a-t-il pas une Boulonnaise qui s'illustra dans le cinéma ? Ou une Nordiste ? Ou une Française ? Ou n'importe quelle autre grande actrice ? On redoute déjà un courrier de Catherine Deneuve : « Et moi ? » Ou de Brigitte Bardot. Elles sont vivantes ? Soit, mais Simone Signoret ?

Contacté, le maire Frédéric Cuvillier, confirme du bout des lèvres : « On a simplement lancé un appel d'offres, on attend donc d'avoir une idée du budget », botte-t-il en touche. Et pour le choix de Marilyn, il sourit, mystérieux : « Victor Planchon s'amuse à rencontrer Marilyn, et pourquoi pas demain, les frères Lumières qui rencontrent Sophie Daumier... » Ah, la voilà notre Boulonnaise, pour une prochaine idée !

Parité respectée

On notera avec plaisir que cette fois, au moins, la parité a été respectée. Parce que quand les femmes sont sous représentées dans les noms de rues de la ville, on nous rétorque qu'on n'y peut rien, nous, si peu de Boulonnaises se sont illustrées. Mais quand il s'agit d'une statue aux possibles formes voluptueuses, là, elle peut bien venir d'où elle veut, la donzelle ! •

VIRGINIE ÉNÉE

jeudi 21 octobre 2010

Le Régent de Rosendael

Aujourd'hui quartier de Dunkerque, Rosendaël a été pendant très longtemps une commune autonome. cette ville a connu au moins trois cinémas : le Familia, l'Idéal et l'Olympia. Cependant, c'est ici le Régent qui est mis à l'honneur à travers cette carte postale; Celle-ci montre à droite cette salle du Régent; Date d'ouverture ? date de fermeture ? Totalement inconnu... Si vous avez la moindre information, je suis bien sur preneur, comme bien sur des autres cinémas de cette ville. Au regard de la carte, nous sommes en centre-ville, près d'une place avec un terrain de pétanque. Une DS est garée devant le cinéma (voir le détail de la carte postale)




mardi 19 octobre 2010

Un témoignage d'un figurant de "Week-end à Zuydcoote"

Voici un article de La Voix du Nord du 2 juin 2010 écrit par Annick Michaud et qui propose une interview d'une figurante du film de Henri Verneuil :



Lucienne Pinte a aujourd'hui presque 80 ans. La Bray-Dunoise en avait 33 quand elle a tourné dans « Week-end à Zuydcoote », comme nombre de figurants qui seront rassemblés au Studio 43, vendredi. L'infirmière major du film, c'est elle.


Comment vous êtes-vous retrouvée sur le tournage ?

« Courant mai 1964, Paul Dufour, régisseur de Paris Films production, s'est présenté à l'agence immobilière où je travaillais avec mon mari, à Bray-Dunes. Il recherchait des appartements à louer pour le tournage. Il cherchait aussi un étudiant en médecine ou une infirmière, car avec les artifices, le tournage pouvait être dangereux. J'avais mon diplôme d'infirmière ambulancière de la Croix-Rouge. »


Quel rôle avez-vous interprété ?


« J'ai tenu le rôle de l'infirmière major, avec mon propre habit d'infirmière. J'ai joué dans la scène où elle comptabilisait les morts, représentés hors caméra par des sacs de sable, avec le médecin, joué par Pierre Verdier. Je devais être très sérieuse à cause de l'atrocité de la situation. A la fin de la scène, Henri Verneuil m'a dit "Vous avez été sublime". J'ai aussi joué avec mes deux enfants dans une scène au début du film, à la gare de Rosendaël, je suis en civil avec un foulard sur la tête. Et on me voit derrière une ambulance de la Croix-Rouge au moment d'un bombardement. J'ai aussi aidé à payer les figurants : pour recevoir les 1 500 personnes qui avaient participé à la grande scène, M. Dufour avait installé une cabine de bain dans la dune ; certains ne sont même pas venus chercher leur fiche de paie. »


Avez-vous eu des contacts avec Jean-Paul Belmondo ?


« Avec sa famille, il habitait la villa Clos Bleu, boulevard de la Liberté. A l'époque, il était marié à Elodie. Ils avaient trois enfants, Patricia, Florence et Paul, que j'ai tenu dans mes bras. Il était un peu déconneur. Quand il est venu payer sa location, 600 000 anciens francs, il a dit à mon mari : "Vous pouvez garder ce chèque comme autographe." Mais on l'a encaissé ! »


Et les autres membres de l'équipe ?

« J'ai beaucoup apprécié François Périer. Je rends aussi hommage à Claude Pinoteau, qui était assistant réalisateur ; un monsieur d'une éducation très raffinée. Henri Verneuil était un homme très compétent. Il poussait parfois des colères quand les acteurs ne faisaient pas ce qu'il voulait.


Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage ?


« C'était très agréable. Il n'y avait pas de différences de classes sociales. Les acteurs étaient accessibles. Le tournage a rendu Bray-Dunes très vivante. Comme La Voix du Nord le relatait, les gens venaient voir, le week-end. Un jour, on a comptabilisé 10 000 voitures. A l'époque, on disait aussi que Bray-Dunes avait vendu du whisky pour vingt ans. Les acteurs de second ordre faisaient la nouba. »


Avez-vous gardé des contacts avec l'équipe ?

« Nous avons été invités à la première du film à Paris ; j'y suis allée. J'ai longtemps gardé contact avec les costumiers. »


Avez-vous conservé des éléments du film ?

« J'ai longtemps eu un fusil en bois. J'avais aussi un fauteuil de réalisateur, mais je l'ai égaré dans un déménagement. En revanche, j'ai beaucoup de documents. J'ai prêté ma fiche de paie - 3 000 anciens francs par jour - pour l'exposition à Zuydcoote, et des photos. Nous en avions fait beaucoup : mon fils avait 12 ans à l'époque et il avait eu un appareil photo pour sa communion. »


Serez-vous présente à la soirée des figurants au Studio 43 vendredi ?


« Oui, et à l'exposition à Zuydcoote le week-end. Je vais peut-être me remettre en tenue d'époque. Je suis actuellement dans les Pyrénées orientales et la Croix-Rouge locale m'a retrouvé une blouse, un brassard et un blouson ! »

"Week-end à Zuydcoote", débandade militaire dans le Nord


Tourné par Henri Verneuil en 1964 sur les lieux mêmes de l'action, et d'après le best-seller de Robert Merle, "Week-end à Zuydcoote" raconte la triste débandade de l'armée française et anglaise dans la poche de Dunkerque. Après avoir vaillamment combattu les forces nazis lors de l'offensive éclair de mai 1940, les soldats français et anglais se replient vers l'extrême nord de notre territoire. Voulant adapter le livre de Merle, Henri Verneuil pose ses caméras là où 24 ans plus tôt, il n'y avait que fer, feu et sang, plongeant ainsi le spectateur au coeur de ce drame aux résonnances mondiales, mais à travers le regard de simples soldats, évitant ainsi une guerre vue à travers l'oeilleton lointain des généraux.

Grace à Jean-Marie Prévost, voici un article de La Voix du Nord qui relate la commémoration de ce film, article signé par Estelle Jolivet
« Week-end à Zuydcoote » est à l'Opération Dynamo ce que « Le Jour le plus long » est au débarquement en Normandie. Un film mythique, qui immortalise un épisode historique majeur. Une expo et des projections au Studio 43 font revivre, en parallèle des commémorations de 1940, le tournage de 1964. Jusqu'à 1 500 figurants avaient, à l'époque, été mobilisés.

Au printemps 1964, Pierre Bertrand passe le bac. Comme lui, Dunkerque est en ébullition : à quelques kilomètres de là, du côté de Bray-Dunes, les caméras d'Henri Verneuil tournent Week-end à Zuydcoote, avec Jean-Paul Belmondo et Jean-Pierre Marielle. Qui deviendra « le » film emblématique de la bataille de Dunkerque.

« J'ai découvert l'ambiance sur un tournage mais j'ai surtout appris à connaître le monde des dockers et du syndicalisme », explique l'ex étudiant-figurant, devenu plus tard avocat puis président de l'office de tourisme de Dunkerque. « Un jour, il avait plu et on a dû tourner à 17 h au lieu de 14. La marée était haute, on devait mettre les pieds dans l'eau alors que ça n'était pas prévu : réunion syndicale ! » Pierre Bertrand se souvient que « les dockers avaient été recrutés en masse pour faire de la figuration, notamment dans la fameuse scène de la plage. C'était bien payé. Les bus venaient chercher les gars dans le centre-ville. » Cette scène aurait nécessité près de 1 500 figurants. De jeunes hommes, nés après la guerre, n'ayant donc pas connu le traumatisme de l'événement.

« Le film a moins fait scandale que le livre de Robert Merle, sorti en 1949 », explique Bruno Pruvost, auteur d'une exposition sur le film, présentée à Zuydcoote les 5 et 6 juin. « À l'époque, les anciens combattants avaient eu des mots très durs. Pour eux, Dynamo, c'était loin d'être un week-end... » Dans le sillage des commémorations officielles, les Dunkerquois pourront en tout cas se replonger dans l'histoire du film. Le 4 juin, le Studio 43 et l'office de tourisme organisent une projection spéciale de Week-end à Zuydcoote à destination des figurants, « pour qu'ils puissent se retrouver et partager leur expérience avec leurs proches », propose Caroline Grimault, la directrice du Studio. L'exposition de Bruno Pruvost, reviendra, elle, sur les deux mois de tournage, entre fin mai et début août 1964. Avec photos, témoignages et articles de presse à l'appui.

« Week-end à Zuydcoote » sera projeté au Studio 43 du 2 au 22 juin. Projection spéciale figurants le 4 juin à 19 h (tarif unique : 4,50 E). L'exposition consacrée au film se tiendra les 5 et 6 juin, à la salle Robert-Merle de Zuydcoote, de 10 h à 19 h (gratuit).

lundi 18 octobre 2010

Tournage dans l'Avesnois pour Yolande Moreau




C'est dans la région de Fourmies et l'Avesnois que Yolande Moreau a rejoint le réalisateur de Séraphine, Martin Provost pour le tournage du film "Ou va la nuit" qui devrait sortir prochainement. Jean-Marie Prevost nous signale l'existence de ce lien internet ou vous pouvez trouvé toutes els informations sur le tournage de ce film à l'aide notamment de coupures de la presse locale et régionale. Un grand merci à lui.
Nous reparlerons bien sur de ce film à sa sortie...

http://fourmies.canalblog.com/archives/__yolande_moreau_dans_le_sud_avesnois__/index.html

dimanche 17 octobre 2010

Karnaval, la bonhommie des gens du Nord ?

Sorti en mars 1999 et tourné en février 1998, Karnaval de Thomas Vincent a été entièrement filmé dans notre région. Avec Sylvie Testud, Clovis Cornillac et le dunkerquois Jean-Paul Rouve dans leurs premiers grands rôles, mais aussi Amar Ben Abdallah, Karnaval est un film ayant pour toile de fond le carnaval de Dunkerque et qui montre un visage de la société française de cette fin de la décennie 1990.


Résumé du film : alors que Dunkerque vit au rythme de son célèbre carnaval de février, Larbi, attendant à la gare de la ville, veut refaire sa vie loin des plages du Nord et prend la direction de Marseille. Alors qu'il attend le train, il fait la connaissance de Béa raccompagnant son mari ivre mort. Aussitôt, yeux bleus de la jeune femme l'ennivre et elle l'entraîne dans sa passion du carnaval.


Ce film montre bien la folle ambiance de l'extraordinaire carnaval de Dunkerque. Cependant, on peut être partagé sur l'image que rend ce film de l'ambiance, et de l'acceuil chaleureux des gens du Nord. Les uns trouvent que l'image donnée ici du Carnaval de Dunkerque est trop négative. D'autres, en revanche, apprécient positivement ce film, qui fut tourné dans le cadre de la fête. Ce qui est sur, c'est que les images de la ville et du carnaval sont omni-présents. On est parfois au coeur de cet événement annuel. La caméra virevolte parmi les participants, les bandes et les déguisements. Il est vrai que pour les non-initiés ces images peuvent surprendre. De plus, l'image de la bonhommie des gens du Nord et de l'acceuil des étrangers est un peu écorné : scènes d'ivrognerie, bien souvent inhérente à cette manifestation (pourquoi se le cacher ?), et racisme ordinaire contre le personnage de Larbi montrent des nordistes bien éloignés de l'image du sympathique chti'mi véhiculée par les media.
Vous avez un avis sur ce film, un commentaire à faire. Vous avez participé au tournage et vous avez des photos de ce tournage ?

Germinal, première version, 1913



Représenter le Nord, pendant très longtemps (et peut-être même chez certains aujourd'hui), c'est forcément parler du travail. Un travail pénible avec une existence difficile. En son temps, c'est bien sur Emile Zola qui a su le premier, parler avec une telle force et un sens précis du réalisme de la condition de vie des travailleurs, et surtout ceux qui représentent si bien notre région. Ils en sont devenus des symboles : le mineur, la corpation minière. Zola a glorifier le sens du sacrifice des travailleurs de l'ombre, leur a donné une âme, une sensibilité, mais en même temps, il a, par le talent de sa plume, donné l'image d'une région industrielle peuplée par des miséreux. Certes, et si on se replonge dans la vie de notre région au XIXème siècle, il a parfaitement raison. Mais il a aussi donné par cette vision du grain à moudre aux réalisateurs souhaitant faire une oeuvre magistrale sur le Nord...

Germinal. Le nom tonne et sonne. Plusieurs versions de Germinal existent, les plus importantes : celle de Claude Berri avec Renaud en 1993, celle plus ancienne d'Yves Allégret en 1963 tourné, si ma mémoire est bonne, en République Tchèque, et celle plus ancienne d'Albert Capellani de 1913. C'est cette dernière qui m'intéresse aujourd'hui...

En 1912, le réalisateur Albert Capellani réalise une grande fresque sociale : Germinal. Capellani poursuit son oeuvre de transposition sur grand écran des oeuvres majeures de la littérature française. Zola succède aux "Misérables" dans l'oeuvre du réalisateur. Pour Germinal, il souhaite une reproduction fidèle de l'oeuvre. Le metteur en scène fait appel à des artistes de la Comédie française, notamment Henry Krauss qu'il avait dirigé auparavant dans "Les Misérables". Krauss sera Lantier. L'originalité de cette première version de Germinal est sa réalisation sur les lieux mêmes de l'action. Capellani pose ses caméras dans le Pas-de-Calais. C'est la première réalisation d'un film dans le département (il y a eu bien sur d'autres tournages auparavant comme une vue Lumière dans le port de Boulogne-sur-Mer ou les vues filmées par les tourneurs et forains qui ont quasiment toutes disparues). C'est à Auchel, fosse 5, qu'ont lieu les principales vues extérieures pour filmer avec une extrême véracité le principal personnage : le puits. Auchel devient le temps du tournage Le Voreux. Les paysages miniers et les cadres de vie de la population contribuent à la narration et sont des éléments décisifs dans la progression de l'histoire. Capellani met véritablement en scène le paysage. Il veut profiter du cadre de tournage.
Celui-ci s'est effectué exclusivement dans les rues, les cités et les fosses d'Auchel, alors ville de 9000 habitants. Le film montre tout un panorama de scènes de la vie dans le bassin minier : des corons à la population nombreuse, l'atelier de métallurgie, les installations de surface, le bâtiment de la fosse n°5,... Ces vues sont nécessaires pour la progression de l'histoire grâce au pouvoir de suggestion qu'elles inspirent. Capellani fait également appel à des figurants auchellois. On filme longuement les mineurs et leurs familles heureux de faire du cinéma. Ils sont la caution de vérité du film et participent aux côtés "exotiques" donnés au bassin minier par leurs usages. la revue Le courrier cinématographique du 17 mai 1913 regrette même l'absence de paroles et note : "il est gacheux cependant que celui-ci (le cinéma) n'enregistre pas les réparties, parfois savoureuses, lancées dans ce patois si imagé". C'est dans une ambiance familiale et chaleureuse que se tourne le film. Les artistes et figurants se retrouvent après les prises dans ce qui symbolisent la chaleur et la solidarité de la communauté minière : le cabaret qui donne l'hospitalité aux artistes.
Alors que le roman de Zola se situe en 1880, Capellani montre la situation du pays noir à la Belle Epoque et nous propose la perception qu'a la société du début du siècle sur la corporation minière. Par ses nombreux plans de foule lors de la grêve, des manifestaions ou lors de la ducasse, le film montre qu'au sein de la communauté du bassin houiller, le groupe prime sur l'individu. Celui-ci doit obligatoirement s'inserrer parmi les siens pour former un ensemble soudé. Leur force, c'est le nombre. La lutte et le travail sont les traits essentiels qui lient entre eux les mineurs. Pour la population française, le monde de la mine est inconnu. Le film de Capellani lève le voile sur ce pays replié sur lui-même alors qu'il est un maillon essentiel du tissu industriel. Le monde de la mine recèle en lui tous les éléments nécessaires du drame. Il suscite chez le spectateur la peur, le travail s'effectuant dans l'obscurité, mais aussi la peur de l'accident qui peut arriver à tout moment. Dans la salle obscure, c'est le monde de la mine qui se déploie... Dès février 1913, Pathé annonce l'adaptation du chef d'oeuvre. Le 3 octobre, le film est présenté à Paris. C'est le samedi 18 octobre que l'Omnia Pathé de Douai le met à l'affiche. Avec ce film, présenté comme étant "la grande épopée du mineur" (Journal de Douai du 16 octobre 1913), le programme inclut le Pathé-Journal et une vue comique "Rigadin Napoléon". Un mois plus tard, c'est le théâtre-cinéma Pathé de Lens qui propose le film. C'est un triomphe. Le Journal de Lens mentionne les principaux événements de la vue : "une ducasse, une scène de grève, la visite d'un ingénieur dans les chantiers du fond, l'inondation d'une fosse". Quatre mois après la présentation parisienne, le cinéma Pathé de Béthune projette le film le 4 janvier 1914. Avec Germinal, on passe également des vues courtes en rafales qui faisaient le succès lors des premiers mois d'ouvertures des cinémas à de véritables films d'une longueur impressionnante : 3 heures de films pour Germinal !

Peu de sites internet proposent des commentaires sur le Germinal de Capellani. Mention spéciale pour ce blog :
http://annhardingstreasures.blogspot.com/2010/08/germinal-1913.html
Pour la bibliographie, se reporter notamment à un article de la revue 1895 d'un numéro spécial hors-série intitulé "L'année 1913 en France", octobre 1993.
En 1994, la revue Plein Nord, numéro 205, propose aussi un article sur Germinal version 1913.
Le 21 décembre l'orchestre de Douai propose avec la collaboration du centre de Lewarde une projection de ce film avec de la musique jouée en direct.

vendredi 15 octobre 2010

Fin du cinéma Electric Ciné à Courcelles-les-Lens



Avec sa façade ornée de trois fenètres hublots et sa dénomination d'Electric Ciné gravé directement sur le béton, ce cinéma ne passait pas inaperçu au centre de Courcelles-les-Lens. Après au moins deux décennies d'abandon, alors qu'il avait été reconverté en épicerie dans les années 70, le cinéma a vécu ses derniers jours en ce mois de septembre 2010. Est-il définitivement rasé en cette mi-octobre... ? Aucune réponse, j'ai envoyé un mail à la mairie, resté mail mort... Comme cette fin était programmé et inéluctable, on aurait pu photographier le bâtiment en long et en large, le visiter une dernière fois, prendre des photos, etc... J'ai fait cette proposition à la mairie de Courcelles pendant l'été... Circulez y a rien à voir. Vous n'êtes pas le bienvenu et de toute façon, il n'y a plus rien dans ce cinéma. Alors, il rstera des souvenirs chez les anciens courcellois. Ceux qui se sont connus dans cette salle, y ont recontré peut-être leur épouse ou ont vécu un flirt intense, ceux qui y ont usé leurs fonds de culottes pour voir des films et des films, ceux du quartier qui faisaient de cette salle un élément moteur de l'attraction de leur secteur. Aujourd'hui, avec la destruction de ce bâtiment, c'est la poursuite de l'uniformisation des centres urbains; De mémoire, un énième rond point jouxte le bâtiment, et l'endroit ainsi libéré verra d'ici quelques mois la construction d'une nouvelle résidence. Avec un peu d'imagination, messieurs de la municipalité... pourquoi ne pas donnez le nom d'Electric à cette résidence, ou celui de Jendré, l'ancien directeur de cette salle qui avait gravé son patronyme dans le béton. Malheureusement, après quelques recherches, la famille Jendré est introuvable. Déménagement ? Disparition pure et simple de la famille, mariage de la fille unique avec quelqu'un d'autre qui fait disparaitre le nom Jendré ?? Si vous avez des informations sur m. Jendré, si vous avez des programmes au fond d'une malle de ce cinéma, un ancien ticket de cinéma, si vous avez connu votre conjoint dans ce cinéma... Vous m'intéressez !!!!!

Voici deux articles, écrits à quasi un an d'intervalle paru dans La Voix du Nord :
À une époque où dans tous les foyers il y a au moins une télévision, on s'imagine mal que toutes les villes possédaient leur propre cinéma, auparavant. En 1931, l'Électric cinéma ayant aussi le nom du propriétaire sur sa façade de béton « Jendré » (qui était aussi le photographe de la commune), comportait plus de cinq cents places et était composé d'un rez-de-chaussée et d'un balcon. On peut dire qu'il était considéré comme un lieu culturel puisque pièces de théâtre et spectacles de danses étaient aussi donnés. Puis avec le développement cinématographique, cet endroit était fréquenté par les jeunes et a vu bien des couples se former. La démocratisation de la télévision dans les foyers a fait peu à peu fermer les cinémas comme celui de Courcelles au milieu des années soixante-dix. Il fut racheté, successivement transformé en bazar, magasin de fruits et légumes et puis abandonné environ une dizaine d'années, et a été racheté par la commune. Dans les prochains mois, il sera détruit comme l'ancienne mercerie « Ludzak » qui le jouxte (côté place Jean-Jaurès où se trouvaient les Restos du coeur). Ils laisseront place à la construction d'un logement collectif avec des cellules commerciales au rez-de-chaussée.
Voici le second article paru il y a un peu plus d'un mois :
L'ancien cinéma Jendré ainsi qu'un autre bâtiment le jouxtant sur la place Jean-Jaurès ont été acquis par Pas-de-Calais Habitat qui devrait y construire dans les prochains mois un immeuble composé de six logements et deux cellules commerciales.

En milieu de semaine, une pelleteuse a détruit l'ancien salon de coiffure voisin pour avoir un accès sur l'arrière du cinéma car c'est par l'arrière que la destruction se fera dans une dizaine de jours. Cet endroit prisé par les jeunes après la guerre et qui a vu tant de couples courcellois se former fera bientôt partie des vieux souvenirs.