© Olivier JOOS - 2009/2015

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mardi 30 mars 2010

Le Novéac de Valenciennes

La parution d'un article rédigé par un valenciennois, Dooby59, sur les cinémas de Valenciennes aujourd'hui grâce à Google Street View (excellente idée qui va être reprise dans les semaines à venir avec des visites "virtuelles" de façades de cinéma de Roubaix, Lille, Lens, Arras, Douai, Calais, etc... grâce à cet ingénieux procédé Street View) a permis à des internautes lecteurs de ce blog de réagir, de faire partager leurs souvenirs, leurs documents sur cette salle.
Cette salle du Novéac se trouve sur la Grand'Place de Valenciennes. Ele a été inaugurée en 1937. Dès son ouverture, cette salle se spécialise dans le cinéma permanent. On pouvait ainsi rester dans la salle de 14 heures à minuit et voir plusieurs fois les actualités que ce cinéma proposait. On pouvait même y voir parfois des actualités locales. En 1940, le Novéac est dirigé par M. Lesay. Il reçoit l'autorisation de réouvrir pendant l'occupation.
Le cinéma a été exploité par Mr Canler. Dans les années 50, la direction est de M. Henry. le novéac dispose alors de 400 places. Avec la crise de l'exploitation dans les années 70, la direction de la salle a multiplié l'offre de cinéma en fractionnant le cinéma pour un complexe de centre-ville, à l'instar de ce qui a été fait dans d'autres cinémas de centre-ville comme l'Apollo de Lens. Il y a eu ainsi 3 salles au Colisée : le Novéac 1 à l'étage et le Novéac 2 et Novéac 3 au rez-de-chaussée.
La date de fermeture du Novéac est indéterminée pour l'instant (si quelqu'un le sait, qu'il laisse un commentaire). Mais la salle est déjà fermée dans les années 90. Puis, la façade a été entièrement recouverte d'un immense panneau en bois qui servait de publicité pour des expositions. Bien situ, le Novéac a été reconverti durant quelques temps en salle d'exposition "Espace Novéac". Il y avait derrière le cinéma, une porte de sortie qui donnait sur l'ex-place du marché (qui n'existe plus, puisque le projet Coeur de Ville a été batî dessus) avec une enseigne bleu au néon "Novéac" à l'arrière au dessus de cette porte de sortie. De par sa position stratégique au coeur de la Grand Place de Valenciennes, la salle n'échappe pas à la totale reconversion du centre urbain lors des années Borloo. Disposant d'une vaste capacité, le bâtiment abrite aujourd'hui un centre commercial à vocation culturelle
Un grand merci à Dooby59, Jean-Marie Prévost et Robert Mawet pour le cliché.

Cinéma : le numérique. Les petites salles sont-elles en danger ? ce matin sur France Inter


Excellente émission ce matin sur France Inter consacrée aux petites salles de cinéma et au passage au numérique. Il s'agit de l"émission Service Public. Podacastez la pour la réécouter tranquillement.
Voici le site de cette émission d'Isabelle Giordano :

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/servicepublic/

vendredi 26 mars 2010

Les cinémas de Valenciennes sur Google Street View

Voici une présentation des salles de cinéma de Valenciennes écrit par un lecteur de ce blog, Dooby59. Celui-ci nous présente un inventaire des salles de cinéma ainsi que des vues prises sur Gogle Map Street View permettant ainsi de visualiser ce qui reste de la salle aujourd'hui. Il manque à ce message la vue aujourd'hui du Palace, c'est-à-dire le cinéma Bertolloti qui a déjà été présenté précedemment sur le blog. Par ce travail, on voit ainsi toutes les possibilités que permet le site de Google et son intérêt dans ce domaine de recherches.


Voici les différentes salles qui ont pu exister à Valenciennes :

- Le Colisée (13 rue Tholozé) disposait de 4 salles. Il a fermé au milieu des années 90 lors de l'arrivée du Multiplexe Gaumont que l'on connaît aujourd'hui. Il est resté fermé pendant presque une décennnie. Il a été racheté pour devenir un cabaret (Le Royal Colisée). Il était considéré comme l'un voir le plus beau cinéma de Valenciennes.

http://maps.google.fr/maps?f=q&source=s_q&hl=fr&geocode=&q=13+Rue+Tholoz%C3%A9+59300+VALENCIENNES&sll=50.362371,3.518386&sspn=0.00861,0.027788&gl=fr&ie=UTF8&hq=&hnear=13+Rue+Tholoze,+59300+Valenciennes,+Nord,+Nord-Pas-de-Calais&ll=50.362232,3.518586&spn=0,359.972212&t=h&z=16&layer=c&cbll=50.362371,3.518386&panoid=yQ9brf74cy4kMw3b9BGPtg&cbp=12,258.56,,0,-5.84

- Les Arcades (Rue vieille poissonnerie) disposait de 7 salles. Il a fermé en novembre 2004. Ce fut le dernier cinéma indépendant de la ville. Il a laissé place aujourd'hui à l'enseigne Tati.

http://maps.google.fr/maps?f=q&source=s_q&hl=fr&geocode=&q=Rue+Vieille+Poisonnerie+59300+VALENCIENNES&sll=50.357961,3.521869&sspn=0.008556,0.027788&ie=UTF8&hq=&hnear=Rue+de+la+Vieille+Poissonnerie,+59300+Valenciennes,+Nord,+Nord-Pas-de-Calais&ll=50.358125,3.522427&spn=0,359.972212&t=h&z=16&layer=c&cbll=50.358143,3.52229&panoid=TfkXC9088trIano8fpdfjg&cbp=12,258.31,,0,-2.44

- Le Club (6 rue du derrière la Tour) disposait de 4 salles. Il a fermé durant les années 90. Il a été racheté par la Ségécé afin de devenir une extension du Centre Place d'Armes situé à proximité.

http://maps.google.fr/maps?f=q&source=s_q&hl=fr&geocode=&q=6+Rue+derri%C3%A8re+la+Tour+59300+VALENCIENNES&sll=50.356975,3.52335&sspn=0.008269,0.027788&gl=fr&ie=UTF8&hq=&hnear=6+Rue+derri%C3%A8re+la+Tour,+59300+Valenciennes,+Nord,+Nord-Pas-de-Calais&ll=50.356934,3.523457&spn=0,359.972212&t=h&z=16&layer=c&cbll=50.356977,3.523352&panoid=9BbVHGCKR7_4F6qYtWBgnw&cbp=12,195.88,,0,-3.9

- Le Novéac (Place d'Armes). Il a laissé place au Centre Place d'Armes. (il se situait exactement à l'endroit de la grande entrée du Centre Commercial). Il etait exploité par Mr Canler. Il avait au départ une seule salle mais devant le passage à 2 salles du Colisée, M. Canler l'a divisé en 3 : le Noveac 1 à l'étage et 2 salles au rez-de-chaussée.

http://maps.google.fr/maps?f=q&source=s_q&hl=fr&geocode=&q=Place+d'Armes+59300+VALENCIENNES&sll=50.357168,3.52271&sspn=0.008611,0.027788&gl=fr&ie=UTF8&hq=&hnear=Place+d'Armes,+59300+Valenciennes,+Nord,+Nord-Pas-de-Calais&ll=50.357167,3.522577&spn=0,359.972212&t=h&z=16&layer=c&cbll=50.357168,3.52271&panoid=BBg_023R_nwdbKumAwNuyg&cbp=12,66.83,,0,0.55

- Le Familia (28 rue derrière les murs de Bavay). La salle (assez grande) existe encore aujourd'hui (l'intérieur n'a pas bougé si ce n'est qu'il n'y a plus de sièges) ! C'est devenue la salle de sport de l'Ecole Sainte-Marie. Elle se situe derrière l'extension de l'ecole.

http://maps.google.fr/maps?f=q&source=s_q&hl=fr&geocode=&q=28+Rue+derri%C3%A8re+les+murs+de+Bavay+59300+VALENCIENNES&sll=50.361036,3.522095&sspn=0.002153,0.006947&ie=UTF8&hq=&hnear=28+Rue+derri%C3%A8re+les+Murs+de+Bavay,+59300+Valenciennes,+Nord,+Nord-Pas-de-Calais&ll=50.360945,3.522062&spn=0,359.972212&t=h&z=16&layer=c&cbll=50.361036,3.522095&panoid=pnUi7dBTe75WZkHtFRQdGQ&cbp=12,282.73,,0,-0.14

- L'Eden (ou le Familia ?) (Place du Général de Gaulle/Rue de Lille). Il se situait à l'emplacement de l'ancienne piscine municipale (elle même rasée et qui a laissé place à un immeuble).

http://maps.google.fr/maps?f=q&source=s_q&hl=fr&geocode=&q=Rue+de+Lille+59300+VALENCIENNES&sll=50.360388,3.52376&sspn=0.033073,0.111151&ie=UTF8&hq=&hnear=Rue+de+Lille,+59300+Valenciennes,+Nord,+Nord-Pas-de-Calais&ll=50.360165,3.524101&spn=0,359.972212&t=h&z=16&layer=c&cbll=50.360302,3.523877&panoid=_uYOqOXBydLxRRU7EmwiYA&cbp=12,44.22,,0,-1.12

- La maison de naissance de Jean Mineur qui comporte une plaque commémorative qui a été posée lors des journées du patrimoine de 2006 consacré à Jean Mineur (http://www.youtube.com/watch?v=fVCD3D0AkoE)

http://maps.google.fr/maps?f=q&source=s_q&hl=fr&geocode=&q=11+Rue+d

- Voici le site du cabaret "Le Royal Colisée" : http://www.royal-colisee.com/
Quand on clique sur la rubrique "3 salles", on peut y voir la photo d'une salle de cinéma reconvertie. Je pense que ces 3 salles existent encore à ce jour En revanche, quid de la 4ème salle ?


Encore un grand merci à Dooby59 pour cette contribution.

mardi 23 mars 2010

1909, naissance de la censure dans le Pas-de-Calais


Parmi l'ensemble des scènes d'actualité proposées, il en est une qui n'est jamais officiellement dans les programmes, une vue jamais mentionnée mais certainement la plus commentée. Il s'agit d'un film montrant une quadruple exécution par guillotine ayant eu lieu à Béthune.

Il fait froid ce lundi 11 janvier 1909 à Béthune. Il est près de 7 heures 20 et déjà une foule de sept à huit milles personnes se presse devant la sinistre machine inventée par le docteur Guillotin, placée face à la prison de Béthune. Les quatre coupables arrivent devant l'échafaud. Il s'agit des frères Auguste et Abel Pollet et leurs deux complices Deroo et Vromant. Ces deux derniers, d'après Le Petit Bruaysien du 16 janvier 1909 ne sont « que deux loques humaines ». Deroo est le premier guillotiné, puis Vromant, « blême comme un cadavre et effrayant de peur ». Auguste et Abel Pollet sont ensuite exécutés par le bourreau Anatole Deibler après avoir tenté de parler à la foule. Il est près de 7 heures 32. L'exécution a duré huit minutes. Cette scène semble avoir été filmée par un opérateur ayant déjoué de « larges cordons de fantassins ».


Alors que le cinématographe avait déjà proposé des scènes morbides, des mises en scène de faits divers, des reconstitutions de scènes d'exécution et que des films policiers « plus vrais que nature » comme le détective Nick Winter, sévissaient sur les écrans, cette vue déclenche les foudres des pouvoirs publics. Dès le 24 janvier, Le journal d'Hénin-liétard publie la circulaire envoyée par le Ministre de l'Intérieur Georges Clémenceau au préfet du Pas-de-Calais qui interdit la projection de cette vue. Le préfet Briens va répercuter cette interdiction aux édiles municipaux qui vont aussitôt y répondre positivement. Afin de condamner cette bande, le cinématographe est intégré aux « spectacles de curiosité » prévus à l'article 6 du décret du 6 janvier 1864 sur la liberté des théâtres. Les « spectacles de curiosité » restent ainsi toujours soumis à l'autorisation du maire, en application d'une loi d'aout 1790; Les raisons de cette chasse à la vue scandaleuse sont à rechercher dans le contexte politique du moment avec, déjà, un débat passionnel entre partisans et abolitionnistes de la peine capitale. Élu en 1906, le président de la République Armand Fallières est pour l'abolition de la peine de mort. Pendant son mandat, il gracie des centaines de condamnés. Fallières essaie de légiférer, mais les partisans de la peine de mort l'emporte. Le Ministre de l'Intérieur craint ainsi que la projection de la scène de l'exécution des Pollet risque de ranimer le débat que l'on veut clore, voir même de favoriser les arguments abolitionnistes avec le spectacle bien réel projeté sur grand écran de véritables têtes tombant dans un panier. C'est ainsi qu'une courte scène prise dans le bassin minier va susciter l'élaboration et la création d'une censure contrôlée par les services de l'État.

Légende des documents :

1ère image : l'instigateur de la bande, Abel Pollet, principal coupable des meurtres.

2ème image : reproduction de la directive ministérielle demandant aux maires d'interdire la projection de la vue montrant l'exécution de la bande Pollet. N'hésitez pas à cliquer dessus pour la lire;

dimanche 21 mars 2010

Un nouveau document sur le Cinéma des familles de Roost-Warendin

Il y a quelques semaines, un fidèle lecteur du blog DhRom's m'envoyait notamment une photo du Cinéma des Familles de Roost-Warendin.
Je remets ce cliché ainsi qu'une ancienne photo de cette salle de cinéma afin de faire la comparaison.
Si vous habitez Roost-Warendin, et / ou si vous avez fréqenté ce cinéma, n'hésitez pasà apporter votre témoignage. Si vous connaissez la direction de ce cinéma, des gens qui y ont travaillé.
Ou même, rêvons, si vous habitez actuellement ce cinéma, n'hésitez pas à contacter ce blog.


mardi 16 mars 2010

Le Palace d'Arras


Situé 2 boulevard de Strasbourg, sur l'artère principale qui traverse Arras, le Palace n'existe plus aujourd'hui, complètement rasé et remplacé par des immeules. Dans les années 50, la salle, d'une capacité de 732 places, était dirigée par Edgar Blondel.

"Le Palace était le cinéma le mieux fréquenté. C'était la salle qui avait soi-disant les meileurs films, ceux dits "de qualité". Là se tenait le ciné-club. Il avait lieu le mercredi soir et était dirigé par mon professeur de philosophie (...) Au Palace, la séance se déroulait de la manière suivante : entrée dans la salle, les bonnes places numérotées, installation, bonjour à gauche, bonjour à droite, contemplation du rideau de scène avec le nom des commerçants locaux, musique, ouverture du rideau de scène, une première partie avec les actualités et le documentaire, entracte, vente de bonbons acompagnées de quelques films publicitaires (en fait très peu, les publicités étaient de la distraction à l'époque) et enfin le grand film"

Citation extraite de la page 35 de l'ouvrage, "Le nord et le cinéma", texte souvenir de Jean Douchet

vendredi 12 mars 2010

Le Caméo de Wizernes

Le Caméo de Wizernes est l'œuvre d'une vie, l'œuvre d'un homme et d'une famille : Eloi Rémond et la famille Rémond
Il est difficile de déterminer ce que Eloi faisait avant la seconde guerre mondiale. Une étude généalogique plus poussée complétée par une lecture attentive des journaux de l'entre-deux-guerres aux Archives départementales permettraient peut-être de répondre à cette interrogation. Peut-être tenait-il déjà le cinéma de Wizernes ? Mais la légende familiale, rapportée par son cousin, veut par exemple que Eloi ait été impresario à Paris quelques mois seulement. Il est en tout cas certain qu'en 1939, juste avant le déclenchement des hostilités, il gère la salle de Wizernes. Né le 14 juillet 1911, il a alors 28 ans en 1939. En effet, mobilisé, on sait qu'il laisse la gestion d'un cinéma à son épouse Raymonde, née Vannobel. La liste des salles de cinéma demandée aux autorités par l'occupant allemand en juillet 1940 fait mention du cinéma de Wizernes et de la famille Rémond comme gérant. L'épouse d'Eloi va donc tenir l'établissement jusqu'à l'arrivée des allemands en mai 1940. Retenu prisonnier, Eloi réussit à s'évader du camps à une date indéterminée, traverse la France et part se réfugier en Algérie. Il fait alors venir vers l'Algérie Raymonde et leur fils unique Frédo. Il ne reste rien de ses pérégrinations qui ont dût être bien difficile. A la libération, la petite famille revient en 1945 à Wizernes, pour se lancer, à nouveau, dans l'aventure du cinéma. Le bâtiment qui occupe alors la salle de cinéma appartient à Georges Denèkre. Ce premier Caméo, qui semble, d'après d'anciennes cartes postales d'avant guerre se nommer le Cinéma des familles, occupe alors l'emplacement de l'actuel supermarché du centre-ville Cocci Market. Ce cinéma a-t-il été touché pendant la guerre ? Est-il abimé ? Il semble que non. A une date indéterminée, cette salle a ensuite été rasée, probablement à cause de sa vétusté que l'on devine sur des cartes postales anciennes, et l'emplacement est donc occupé aujourd'hui par une moyenne surface commerciale. Denèkre, qui réside quasiment face à ce premier cinéma, loue donc le bâtiment aux Rémond. Wizernes, durement touchée par les terribles bombardements alliés afin de détruire la Coupole d'Helfaut toute proche, se reconstruit après guerre. Eloi propose alors des séances de cinéma ainsi que des spectacles patoisants. Simons et Line Dariel sont ainsi venus deux fois dans la salle wizernoise.
Après un différend sérieux avec le propriétaire, Eloi Rémond décide d'ouvrir une nouvelle salle, sur un terrain arboré qu'il vient d'acheter, à une centaine de mètres du premier cinéma, vers le centre-ville. La salle est entièrement à construire. Tout se fait à la main : Eloi fait les plans, la famille et les amis aident et donnent un coup de main, en faisant même les parpaings par exemple. La famille fait ainsi elle-même la salle de cinéma, le café, et l'appartement au dessus de la salle, qui se veut alors très moderne. Un podium est installé pouvant transformer le cinéma en salle de bal avec aussi des tables pour servir à boire. La construction est rapide et l'ouverture a lieu pour la ducasse municipale de septembre, au tout début des années 50, afin de profiter des bals, qui étaient alors inhérents aux ducasses et festivités. Le bal inaugural du dimanche soir fait alors 800 entrées. Il y a ensuite de nombreux bals lors des ducasses en début de semaine : bal le lundi, bal-apéritif, concert municipal,... On plaçait, lors de ces bals, les sièges autour de la salle, pour laisser la place aux danseurs. Le mardi, il y a deux séances de cinéma. Le surplus de fauteuils est alors placé dans une remise qui servait de vestiaire. C'est avec un système rapide d'ouverture-fermeture basé sur des tringles au sol que la direction peut facilement retirer et remettre les fauteuils de cinéma. Le premier film que propose le Caméo est « Pour qui sonne le glas » avec Gary Cooper et Ingrid Bergman, film de 1943 qui arrive alors seulement sur les écrans français. Les projections se font en 16 mm. Bals et cinémas s'enchaînent avec parfois du cinéma itinérant dans les communes environnantes. Eloi Rémond a également proposé dans sa salle du Caméo la première élection de Miss Artois, lors d'un bal. C'était une première dans le secteur. Beaucoup de commerçants de Saint-Omer ont même parrainé cet événement. Cela a même eu des répercussions dans la commune car cet événement ainsi que certaines affiches représentaient une atteinte à la moralité pour certaines personnes influentes de l'époque. Eloi Rémond, qui a la réputation d'être un homme ouvert, a souvent eu ainsi le goût de la provocation, essayant de lancer des débats sur la morale et la société. Ainsi, le film « Clochemerle », sorti en 1948 avec Saturnin Fabre, interdit, on ne sait pourquoi, dans les cinémas de Saint-Omer, a été projeté à Wizernes. Eloi a fait de la publicité pour ce film à Saint-Omer, attirant du monde, pour que les audomarois viennent à Wizernes voir ce film. En relation avec des impresario lillois, Eloi Rémond fait venir à Wizernes un orchestre anglais, des chanteurs reprenant des airs de Luis Mariano, un danseur noir de claquettes, des danseuses parisiennes style french cancan. Eloi a même fait tourner ces dernières danseuses dans d'autres salles du secteur pour rentabiliser son investissement. Le Caméo de Wizernes a ainsi proposé de nombreuses activités autres que le cinéma. Il y avait bal au Nouvel An, à l'Ascension, au 15 août, et pour d'autres événements. Le bar attenant au cinéma n'ouvrait que lors des séances de cinéma ou lors des bals. Maurice Hermetz, cousin d'Eloi Rémond, se promenait dans la salle pour vendre des bonbons en sachet. Frédo parti au service militaire, c'est donc son cousin plus jeune, Maurice Hermetz qui colle les affiches, apporte les programmes, distribue les prospectus dans les boites aux lettres des environs, à Helfaut, Esquerdes,... Maurice est alors un véritable homme à tout faire. Il y a alors près de 6 personnes qui travaillent ainsi, au début des années 50, dans le cinéma, lors des grandes occasions bien sur. Directeur, Eloi s'occupe aussi de la projection, remplacé ensuite par Frédo. Ayant le sens du commerce, Raymonde gère l'ensemble, tient les affaires, la caisse, le café,... Les prospectus et programmes se font aussi à la maison.
Maurice Hermetz et Frédo Rémond, de cinq ans son ainé et fils de son cousin Eloi, ont également fait du cinéma itinérant. Le dimanche après-midi, ils partent à Ouve-Wirquin. Le propriétaire de la salle de cette petite commune est M. Lion qui tient également un café-restaurant. A côté de ce dernier, il y a une salle avec des fauteuils fixes et un écran. Maurice et Frédo arrivaient avec tout leur matériel : leur projecteur, l'ampli, la billetterie et la confiserie. Frédo est à la projection alors que Maurice s'occupe de la billetterie et de la confiserie. La salle était complète tous les dimanches après-midi. Après Ouve-Wirquin, Frédo et Maurice partent ensuite pour la soirée vers Moulle. La salle, qui avait fauteuils fixes et un écran, se trouvait en haut de Moulle, à côté d'un café. Le lundi ou mardi, les deux cousins partent vers Zudausque, pour une séance le soir dans un café, transformé en cinéma. Il y avait aussi séance à Esquerdes, toujours dans un café avec une salle attenante. Peu à peu, au fil des séances, l'affluence diminue. A Wizernes, les Rémond se suffisent à eux-mêmes, et Maurice doit chercher une voie professionnelle.
Maurice est ensuite parti à Paris, pour des études dans la T.S.F.. Après 28 mois de service militaire, pendant lesquels il est devenu, entre autres, projectionniste aux armées pour les gradés et leurs épouses à Coblence, Maurice Hermetz est entré dans une entreprise de câblage sous-traitant de Dassault.
Frédo est devenu conseiller municipal de Wizernes. Il épouse Rosine Mouton vers 1957. Les familles Rémond et Mouton se connaissent et se côtoient depuis longtemps. Eloi tient le Caméo wizernois jusque 1960 environ, date à laquelle il cède la salle à son fils.
Dans la famille de Maurice Hermetz, un parent, Roger Foulon, lié à la mère de Maurice tenait aussi un cinéma à Fauquembergues.
Frédo a ensuite abandonné le cinéma. Avec la baisse inéluctable des entrées à la fin des années 60, il s'est diversifié dans le juke box, le flipper à placer dans les bars et cafés du secteur, toujours en tenant le bar du Caméo, devenu un P.M.U.. Le cinéma est devenu une salle de réception à louer pour des mariages, baptêmes.
L'activité cinématographique a repris un temps dans les années 70 avec la vogue du porno le samedi soir, mais cela n'a pas suffit et il semble que le cinéma a fermé définitivement ses portes en 1980. La salle de cinéma a ensuite été rachetée par la commune afin de devenir une salle pour les pongistes. Décédé à 64 ans en octobre 1996, Frédo laisse Rosine veuve, alors que son père Eloi meurt le 16 juillet 1999 à 88 ans. Rosine Rémond vit aujourd'hui à Grasse. Leur fille Hermine réside à Aubagne. La salle du Caméo existe toujours, noyée dans les habitations qui se sont collés à la grande bâtisse. Il semble aujourd'hui qu'une famille réside dans l'appartement des Rémond. Quid de la salle elle-même ?
Source : un grand merci à Maurice Hermetz, cousin d'Eloi Rémond. Merci pour ses souvenirs, sa disponibilité et son accueil. Merci à Mme veuve Eloi Rémond pour les photos illustrant cet historique du Caméo.

Je suis bien sur toujours à la recherche de documents sur cette salle, des photos, tickets, cartes postales, programmes, souvenirs de projections, de films vus,...



Légende des photos :
- Une carte postale du premier Caméo, s'appelant alors Cinéma des familles. La salle est située à gauche, zoomez et vous verrez une voiture garée devant l'entrée de ce cinéma d'avant la seconde guerre mondiale.
- Un tampon du Caméo
- Les directeurs emblématiques du Caméo, avec de gauche à doite Raymonde Rémond, son fils Frédo Rémond, l'épouse de ce dernier, Rosine et à droite Eloi Rémond. Il s'agit d'une photo du mariage de Frédo prise dans la salle du Caméo.
- L'appareil de projection du Caméo. Il s'agirait d'un projecteur Lebrun (Nurbel), fabricant qui avait son usine rue Bourignon à lille. On reconnait la marque car le moteur qui entraine le projecteur est très typique. Ce cinéma etait exploité avant en 16mm. Un grand merci à l'inévitable J.-M. Prévost pour ces renseignements.

mardi 9 mars 2010

Le Palace de Béthune

Au 96 boulevard Victor Hugo, Le Palace de Béthune est à proximité du théâtre municipal de la ville.
En 1955, la salle a une capacité de 1124 places. Elle est alors en concurrence avec trois autres cinémas : le Caméo, rue Poincaré, le Famila, rue Saint-Pry, et le Stella, faubourg d'Arras.

Ce cinéma est alors dirigé par M. Durannel. Malheureusement de nombreuses informations me manquent sur ce cinéma : sa programmation, sa clientèle, qu'on imagine select vu l'emplacement, sa date d'ouverture, de fermeture,...

Aujourd'hui, comme le montre le second et le troisième cliché (le premier est la salle fermée, à l'abandon et date des années 80), le bâtiment est englobé dans une plus vaste structure : le Centre National Dramatique de Béthune qui a ouvert au milieu des années 90. Cette réalisation est ainsi comparable à ce qui a été fait au cinéma Fresnoy de Tourcoing, préservant ainsi le lieu et le bâtiment, qui devient ainsi une passerelle entre l'ancien et le nouveau.
Le site internet de la Comédie de Béthune et les spectacles à l'affiche : http://www.comediedebethune.org/accueil/accueil.php

Un historique du Centre National Dramatique est disponible sur ce lien : http://www.comediedebethune.org/comedie/histo.php





vendredi 5 mars 2010

Les premières actualités régionales, exemple du bassin minier 1896 - 1914

Dès les débuts du cinéma, le public voit la vie reproduite sur un écran, mais c'est lorsqu'il se voit et lorsqu'il aperçoit son univers quotidien qu'il s'enthousiasme. En effet, les appareils cinématographiques projettent mais ont également la possibilité de filmer. Malgré tout, il est cependant bien rare que cette fonction soit utilisée par les premiers projectionnistes. Les journaux locaux font peu état de « films » tournés dans la région et dans le bassin minier, secteur que j'ai davantage étudier lors de mes recherches Ce sont d'abord les forains qui vont proposer des bandes locales, essentiellement pour se démarquer de la concurrence. Il est difficile de s'imaginer ce que fut pour le public de ce nouveau spectacle, la sensation de retrouver, assis, face à la toile blanche, sa ville, son quotidien, soit même ou les gens qu'il côtoie. C'est une victoire sur le temps. Même lorsque le cinéma va déserter les champs de foire, et alors que Charles Pathé a compris l'intérêt de proposer un journal animé dans son programme, les actualités locales sont souvent à l'honneur dans les salles sédentaires. Lorsqu'une vue locale ou régionale est présente au programme d'un cinéma (qu'il soit sédentaire ou itinérant), le journal local n'oublie jamais de le mentionner, souvent en donnant précisément le titre de la vue.

Après avoir proposé aux premiers spectateurs et aux badauds des foires, des scènes de la vie quotidienne, essentiellement des sorties de messe, le cinéma prend conscience de son rôle dans l'information. Il a la capacité de refléter avec exactitude ce qui s'est produit. Les « actualités » se composent alors surtout de fêtes, de défilés et de cortèges. On remarque également la présence de scènes représentant des funérailles, des visites de personnalités à des expositions, des inaugurations de bâtiments importants et surtout le traversée de la Manche par Blériot. Cet événement régional de la Belle Epoque a été filmé par Georges Mercier, propriétaire à Calais du café « La Brasserie Universelle » et qui propose également des séances de cinéma. Toutes les occasions sont bonnes pour Mercier d'alimenter son programme de vues. Le 25 juillet 1909 un voisin l'alerte : Louis Blériot va s'élancer à la conquête de la Manche. Mercier est donc présent pour l'envol et, lorsque le succès de l'entreprise de Blériot est confirmé, les vues de Mercier deviennent le premier « scoop » cinématographique régionale. La caméra de Mercier est toujours visible au musée Blériot de sa ville natale Cambrai.


C'est l'Omnia Pathé de Douai qui propose le plus grand nombre d'actualités locales et régionales. Son directeur Paul Desmarets devient le correspondant régionale des actualités Pathé. Il est bien évident que ses reportages vont d'abord se retrouver au sein du programme de son propre cinéma.


Voici ci-dessous une liste des vues présentées dans des cinémas fixes ou itinérants le long d'un axe Bruay-Béthune-Lens-Hénin-Douai. Nous trouvons la date de projection, le lieu et la scène présentée. Ces films existent-ils encore ? On peut bien sur en douter : deux guerres mondiales nous séparent de ces vues, mais aussi tout simplement des déménagements, des fermetures de salles, et, tout simplement, la détérioration liée au temps qui passe, mais, qui sait, peut-être au fond d'une malle... Pour Lille, Les ports de la Manche, Valenciennes, Denain, etc... le travail reste à faire.

2 mai 1897 Théâtre de Douai Vues douaisiennes et sortie de la messe de midi à l'église Saint-Pierre de Douai


11 janvier 1898 Guesnain Illuminations de Douai


11 juin 1899 Foire de Douai Sortie de l'église Saint-Pierre de Douai et procession du 4 juin à Douai


11 juin 1899 Foire de Douai Combat de coq (mais il est mis en scène) au faubourg de Valenciennes à Douai


14 décembre 1899 Foire de Lens Sortie de la messe de Sainte-Barbe à Lens et le combat du lion et du taureau à Roubaix


24 mars 1901 Foire de Béthune Sortie de la grand'messe de l'église Saint-Vaast de Béthune


5 mars 1903 Foire de Béthune Cavalcade de la mi-Carême à Béthune et sorties de messe


18 mai 1905 Théâtre de Douai Des vues douaisiennes


12 mars 1907 Place du Barlet à Douai La place Saint-Amé un jour de marché, la place du Barlet, la sortie de l'Arsenal et celle des Forges, deux combats de coqs, les bords de la Scarpe.


14 avril 1908 Omnia de Douai Vues douaisiennes dont les chars « Gayant en 1908 » et « le tandem des 40 chevaux » lors des festivités de la mi-Carême


13 mai 1909 Omnia de Douai Matchs de boxe à Roubaix


10 août 1909 Théâtre de Béthune Traversée de la Manche par Blériot


16 octobre 1909 Salon de l'Ermitage à Bruay Essais de Blériot en aéroplane


25 juin 1910 Omnia de Douai Funérailles des victimes du « Pluviose » à Calais (sous-marin qui coula au large du port le 26 mai 1910, les funérailles des victimes ont lieu le 22 juin. On voit ici la rapidité entre un événement et sa projection).


9 juillet 1910 Omnia de Douai Marche des Géants à Valanciennes


16 juillet 1910 Omnia de Douai Cortège de la Reine du travail à Douai et cortège des Géants du Nord à Valenciennes


23 octobre 1910 Cinéma Huberty de Lens Le défilé et l'Harmonie des enfants de la Plaine et de la fanfare des mines de Béthune au concours de Reims du 16 août 1910.


15 octobre 1911 Omnia de Lens Inauguration de la Maison syndicale de Lens


2 septembre 1911 Royal cinéma de Bruay M. Fallières à l'Exposition de Roubaix


4 mai 1912 Omnia de Douai Cortège de la muse du travail à Douai en 1912


23 juin 1912 Cinéma Mellin d'Hénin-liétard Vue des fêtes de Lille auquel à pris part l'Harmonie des mines de Drocourt


20 juillet 1912 Omnia de Douai Fêtes de Gayant, les enfants de Gayant, à Paris, la Musique de Courrières, le départ du ballon, la grande revue de la Brayelle le 14 juillet


31 octobre 1912 Omnia de Douai Le concours hippique de Lille


2 novembre 1912 Omnia de Douai Les funérailles de Mr Lasne, à Lille


4 janvier 1913 Omnia de Douai La fête des vieux ménages de Liévin


14 juin 1913 Omnia de Douai La fête de gymnastique du 8 juin à Douai


19 juin 1913 Omnia de Douai Le congrès des mineurs à Douai


24 août 1913 Omnia de Lens Une actualité lensoise.


Il existe d'autres actualités qui feront l'objet prochainement d'un message à part. Il s'agit de la quadruple exécution de la bande Pollet en 1909 à Béthune qui a été filmé et qui a inauguré la censure cinématographique, et, plus joyeux, les combats de boxe de la star régionale : Georges Carpentier.



lundi 1 mars 2010

Les cinémas de Roost-Warendin


Le Cinéma des Familles, rue Anatole France, de Roost Warendin dispose d'une salle avec fauteuils et possède un balcon avec des bancs. le première direction était M et Mme Crequy puis ensuite M. Magret (c'est ce dernier, orthographié avec un z à la fin qui dirige ce cinéma pendant l'occupation allemande). La date de fermeture est incertaine : fin 60 début des années70...

Ensuite un second cinéma a ouvert probablement 3 rue Emile Zola, à proximité de la rue Anatole France. Il s'agit semble-t-il du Cinéac, de 400 places, dirigé par MM Martinache et Carlier. Les dates d'ouverture et de fermeture sont inconnues.
Enfin, un troisième cinéma semble avoir existé dans cette commune, toujours rue Anatole France. Son nom est inconnu, ainsi que les dates d'ouverture, de fermeture et la direction. Il semble qu'il n'a pas fonctionné longtemps. Il s'agit de la seconde photo de ce message.

Un grand merci pour les photos et pour le commentaire de DhRoms, fidèle lecteur du blog et contributeur.

Le premier cliché est une photo du Cinéma des familles, le second est le cinéma inconnu. Il manque une photo actuelle du Cinéac. Tous les commentaires sur ces salles sont les bienvenus.