© Olivier JOOS - 2009/2015

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dimanche 31 octobre 2010

Un départ en retraite et une présentation du personnel à Douai



Un des lecteurs du blog, Bernard Warin, nous envoie deux articles parus dans La Voix du Nord du 31 octobre, édition de Douai. Ces articles sont consacré au personnel du Majestic de Douai, ainsi qu'un départ en retraite d'une figure de l'exploitation cinématographique douaisienne : Licia Venturini, ouvreuse qui a travaillé dans toutes les salles douaisiennes.

Cliquez sur les articles pour les agrandir et les lire.






Une petite histoire des cinémas lillois

Daniel Granval, sur son blog, propose une histoire des salles de cinéma de Lille des origines à nos jours. Nous reviendrons bien sur sur cette histoire plus longuement sur ce blog dans les semaines à venir, mais cette fois salle par salle.
Le blog de Daniel Granval :
http://daniel.granval.over-blog.com/

Légende : Rue des Ponts de Comines, l'ancien Métropole propose un festival Bond, version Sean Connery

samedi 30 octobre 2010

"La vie est un long fleuve tranquille", et le Nord aussi ??

Film emblématique des années 80, film symbole des années Mitterrand, film révélateur de la dualité de la société française et du fossé qui se creuse avec l'affirmation des "nouveaux pauvres" face aux anciennes élites sociales, "La Vie est un long fleuve tranquille" est la première oeuvre du cinéaste Etienne chatiliez. Ce dernier connait bien le Nord, il y est né en 1952 à Roubaix. Le film aux 4 millions de spectateurs a été tourné dans le Nord, dans des endroits différents. L'action principale se déroule à Bapaume, mais le tournage s'est fait dans différents sites du Nord-Pas-de-Calais comme à Hénin-Beaumont par exemple (de mémoire, la scène ou Momo est à l'école et ou il se fait interpeller à la fenètre de la classe par l'un de ses frères pour venir jouer. On voit un terril en arrière-plan (il n'y en a pas à Bapaume)). Les murs de briques s'étalent devoilant la vie des Groseille alors que la froideur des Le Quesnoy est symbolisée par des intérieurs sans vie. Parmi les scènes extérieures, on voit aussi la Deûle qui ne passe pas non plus à Bapaume, et la scène de fin ou le gynécologue joué par Daniel Gélin est en retraite anticipée sur la Côte d'Opale. Régulièrement diffusé à la télé, et avec l'utilisation d'une comédie sociale dont les répliques devenues cultes font mouches, le film montre à la fois une vision du Nord réaliste mais aussi, forcément, caricaturale. Réaliste car les personnages Le Quesnoy et Groseille, dont les patronymes sont devenus d'ailleurs synonymes d'une classe sociale, existent bien dans notre région (mais aussi ailleurs en France bien sur), Chatiliez ayant grossi et forci le trait. Caricaturale car le film est d'abord et avant tout une comédie et repose sur les contrastes et la situation de départ, l'inversion des bébés, prétexte à jouer sur les différences des milieux sociaux, à la déliquescence de ces derniers et posant la question insoluble de l'inné et de l'acquis.
Légende des photos :
- Momo et l'un de ses frères de la tribu Groseille, en arrière-plan la campagne de Bapaume.
- La célèbre scène au bord de la Deûle : joie enfantine parmi les déchets charriés par le canal

Autre message sur ce sujet : http://cinemasdunord.blogspot.fr/2013/07/souvenirs-du-tournage-de-la-vie-est-un.html

jeudi 28 octobre 2010

"Le corps de mon ennemi", le Nord pour vengeance...

En 1975, dix ans après "Week-end à Zuydcoote", Henri Verneuil et Jean-Paul Belmondo reviennent dans le Nord et tournent à Lille et dans la Métropole "Le Corps de mon ennemi". C'est l'ambiance, les murs de brique, une ville industrielle qu'est venu chercher à Lille le réalisateur. En effet, Lille n'est absolument pas mentionnée.
François Leclerc (Jean-Paul Belmondo), après avoir purgé une peine de sept ans de réclusion pour un double meurtre qu'il n'a pas commis, revient dans la ville de Cournai, afin de revenir sur son parcours et de trouver la clé de l'énigme...
Le cadre de l'action, Cournai est une ville imaginaire, contraction des deux villes belges limitrophes : Courtrai et Tournai.

Voici ce qu'évoque l'encyclopédie Wikipédia sur ce tournage : Ce film a été entièrement tourné dans la métropole lilloise.

De nombreux sites sont toujours reconnaissables aujourd'hui, comme l'emplacement du Diplodocus, dans le film. Un énorme trou dans le sol. Cet énorme trou rempli d'eau était le chantier d'un complexe immobilier occupé aujourd'hui par des bureaux, des commerces et le Palais du Nouveau Siècle et du parking qui se trouve en son sous-sol, dans le Vieux-Lille. Pour l'anecdote, on l'appelait « le trou de Mauroy », en référence à Pierre Mauroy, élu maire de Lille pour la 1ère fois en 1973, et qui avait présidé à ce projet qui pouvait paraître pharaonique à l'époque. On y reconnait aussi, hormis quelques rues (assez tristes dans les années 70) du Vieux-Lille, une entrée de l'immeuble Le Forum situé à l'angle des rues Charles Saint-Venant et Gustave Delory. On y reconnait également la gare de Tourcoing appelée gare de Cournai dans le Film. Plusieurs scènes se déroulent dans les rues de Roubaix Grand'Rue, rue d'Avelghem ...

La boîte de nuit, dont le logo visible dans le film est toujours en place aujourd'hui, est la discothèque Le macumba à Englos, petit village situé à 5 km de Lille. "
Le site de l'INA popose un reportage sur le tournage de ce film. On reconnait notament la rue Esquermoise et le chantier du Nouveau Siècle :
Vous avez un commentaire à faire sur ce film, une remarque,... Vous avez participé au tournage, vous avez vu Bébel en vrai grâce au tournage, venez raconter...
Légende des documents : l'affiche du film, une photo du film où on voit les façades de brique servant de décors au film.

vendredi 22 octobre 2010

Victor Planchon aura sa statue Place des frères Lumière à Boulogne/Mer

Ce vendredi, La Voix du Nord, édition Boulogne / Mer nous apprend que la municipalité boulonnaise vient de lancer un appel d'offres pour la réalisation de deux statues de personnages liés au monde du cinéma afin d'illustrer la place des frères Lumières. Les choix se sont naturellement portés vers le boulonnais Victor Planchon, fournisseur officiel des pellicules souples pour les frères Lumière, mais aussi vers... Marilyn monroe !! On cherchera en vain la filiation qui unit Marilyn au premier port de pêche français; Elle n'a pas une généalogie qui plonge ses racines dans le Nord-pas-de-Calais, elle n'a pas tourné dans notre région (cela se saurait !!!) et, mais je peux me tromper, je pense qu'elle n'avait aucunement connaissance du port de Boulogne... D'ou vient la motivation des édiles ? N'y a-t-il pas d'autres personnalités liées à la fois au monde du cinéma mais aussi liées à Boulogne ou au moins à l'ouest du département du Pas-de-Calais ? Le choix de Marilyn s'est tout simplement celui de l'idéal du cinéma, de la part de fantasme qui accompagne les images animées. Elle est la figure mythique du cinéma américain qui a déferlé sur nos écrans après la seconde guerre mondiale. Cela aurait pu être James Dean (mais peut-être moins facile à immortaliser dans le bronze), mais c'est Marilyn...
Voici l'article de la Voix du Nord consacré à ces statues :
Les artistes intéressés par le projet avaient jusqu'à lundi pour se faire connaître de la mairie. ...

Deux statues en bronze devraient en effet trôner sur l'esplanade Lumière, devant cet îlot de 5 étages en construction : une de Victor Planchon et une autre, plus étonnante, de Marilyn Monroe... De quoi rendre hommage à « l'histoire qui relie Boulogne et le cinéma », précise le document.

Marilyn : pourquoi pas, mais pourquoi ?

L'histoire se joue un peu en catimini. Le 30 septembre dernier, un appel d'offre est lancé sur le site de la mairie « pour la conception et la réalisation de deux statues ». Tiens. « À taille humaine, elles seront réalisées en bronze dans l'objectif d'une représentation aussi réaliste que possible. » Bon, on pourra se faire prendre en photo à côté, c'est déjà ça.

Après tout, des statues sur l'esplanade Lumière, pourquoi pas. Et des statues en lien avec le cinéma sur une esplanade nommée « Lumière », du nom des frères pionniers du septième art, ça se conçoit.

Tout comme le choix porté sur Victor Planchon, illustre Boulonnais inventeur de la pellicule sur laquelle les frères Lumières imprimèrent leurs premiers films. Un bel hommage.

Mais Marilyn ? « Ces statues représenteront deux personnages qui ont marqué ou auraient dû marquer l'histoire du cinéma », justifie l'appel d'offre. Qu'elle ait marqué l'histoire du cinéma, on n'en doute pas. Pose glamour, les mains sur sa robe soulevée par l'air sortant d'une bouche d'aération (ici celle du parking souterrain), on l'imagine même déjà.

Mais pourquoi elle ? N'y a-t-il pas une Boulonnaise qui s'illustra dans le cinéma ? Ou une Nordiste ? Ou une Française ? Ou n'importe quelle autre grande actrice ? On redoute déjà un courrier de Catherine Deneuve : « Et moi ? » Ou de Brigitte Bardot. Elles sont vivantes ? Soit, mais Simone Signoret ?

Contacté, le maire Frédéric Cuvillier, confirme du bout des lèvres : « On a simplement lancé un appel d'offres, on attend donc d'avoir une idée du budget », botte-t-il en touche. Et pour le choix de Marilyn, il sourit, mystérieux : « Victor Planchon s'amuse à rencontrer Marilyn, et pourquoi pas demain, les frères Lumières qui rencontrent Sophie Daumier... » Ah, la voilà notre Boulonnaise, pour une prochaine idée !

Parité respectée

On notera avec plaisir que cette fois, au moins, la parité a été respectée. Parce que quand les femmes sont sous représentées dans les noms de rues de la ville, on nous rétorque qu'on n'y peut rien, nous, si peu de Boulonnaises se sont illustrées. Mais quand il s'agit d'une statue aux possibles formes voluptueuses, là, elle peut bien venir d'où elle veut, la donzelle ! •

VIRGINIE ÉNÉE

jeudi 21 octobre 2010

Le Régent de Rosendael

Aujourd'hui quartier de Dunkerque, Rosendaël a été pendant très longtemps une commune autonome. cette ville a connu au moins trois cinémas : le Familia, l'Idéal et l'Olympia. Cependant, c'est ici le Régent qui est mis à l'honneur à travers cette carte postale; Celle-ci montre à droite cette salle du Régent; Date d'ouverture ? date de fermeture ? Totalement inconnu... Si vous avez la moindre information, je suis bien sur preneur, comme bien sur des autres cinémas de cette ville. Au regard de la carte, nous sommes en centre-ville, près d'une place avec un terrain de pétanque. Une DS est garée devant le cinéma (voir le détail de la carte postale)




mardi 19 octobre 2010

Un témoignage d'un figurant de "Week-end à Zuydcoote"

Voici un article de La Voix du Nord du 2 juin 2010 écrit par Annick Michaud et qui propose une interview d'une figurante du film de Henri Verneuil :



Lucienne Pinte a aujourd'hui presque 80 ans. La Bray-Dunoise en avait 33 quand elle a tourné dans « Week-end à Zuydcoote », comme nombre de figurants qui seront rassemblés au Studio 43, vendredi. L'infirmière major du film, c'est elle.


Comment vous êtes-vous retrouvée sur le tournage ?

« Courant mai 1964, Paul Dufour, régisseur de Paris Films production, s'est présenté à l'agence immobilière où je travaillais avec mon mari, à Bray-Dunes. Il recherchait des appartements à louer pour le tournage. Il cherchait aussi un étudiant en médecine ou une infirmière, car avec les artifices, le tournage pouvait être dangereux. J'avais mon diplôme d'infirmière ambulancière de la Croix-Rouge. »


Quel rôle avez-vous interprété ?


« J'ai tenu le rôle de l'infirmière major, avec mon propre habit d'infirmière. J'ai joué dans la scène où elle comptabilisait les morts, représentés hors caméra par des sacs de sable, avec le médecin, joué par Pierre Verdier. Je devais être très sérieuse à cause de l'atrocité de la situation. A la fin de la scène, Henri Verneuil m'a dit "Vous avez été sublime". J'ai aussi joué avec mes deux enfants dans une scène au début du film, à la gare de Rosendaël, je suis en civil avec un foulard sur la tête. Et on me voit derrière une ambulance de la Croix-Rouge au moment d'un bombardement. J'ai aussi aidé à payer les figurants : pour recevoir les 1 500 personnes qui avaient participé à la grande scène, M. Dufour avait installé une cabine de bain dans la dune ; certains ne sont même pas venus chercher leur fiche de paie. »


Avez-vous eu des contacts avec Jean-Paul Belmondo ?


« Avec sa famille, il habitait la villa Clos Bleu, boulevard de la Liberté. A l'époque, il était marié à Elodie. Ils avaient trois enfants, Patricia, Florence et Paul, que j'ai tenu dans mes bras. Il était un peu déconneur. Quand il est venu payer sa location, 600 000 anciens francs, il a dit à mon mari : "Vous pouvez garder ce chèque comme autographe." Mais on l'a encaissé ! »


Et les autres membres de l'équipe ?

« J'ai beaucoup apprécié François Périer. Je rends aussi hommage à Claude Pinoteau, qui était assistant réalisateur ; un monsieur d'une éducation très raffinée. Henri Verneuil était un homme très compétent. Il poussait parfois des colères quand les acteurs ne faisaient pas ce qu'il voulait.


Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage ?


« C'était très agréable. Il n'y avait pas de différences de classes sociales. Les acteurs étaient accessibles. Le tournage a rendu Bray-Dunes très vivante. Comme La Voix du Nord le relatait, les gens venaient voir, le week-end. Un jour, on a comptabilisé 10 000 voitures. A l'époque, on disait aussi que Bray-Dunes avait vendu du whisky pour vingt ans. Les acteurs de second ordre faisaient la nouba. »


Avez-vous gardé des contacts avec l'équipe ?

« Nous avons été invités à la première du film à Paris ; j'y suis allée. J'ai longtemps gardé contact avec les costumiers. »


Avez-vous conservé des éléments du film ?

« J'ai longtemps eu un fusil en bois. J'avais aussi un fauteuil de réalisateur, mais je l'ai égaré dans un déménagement. En revanche, j'ai beaucoup de documents. J'ai prêté ma fiche de paie - 3 000 anciens francs par jour - pour l'exposition à Zuydcoote, et des photos. Nous en avions fait beaucoup : mon fils avait 12 ans à l'époque et il avait eu un appareil photo pour sa communion. »


Serez-vous présente à la soirée des figurants au Studio 43 vendredi ?


« Oui, et à l'exposition à Zuydcoote le week-end. Je vais peut-être me remettre en tenue d'époque. Je suis actuellement dans les Pyrénées orientales et la Croix-Rouge locale m'a retrouvé une blouse, un brassard et un blouson ! »

"Week-end à Zuydcoote", débandade militaire dans le Nord


Tourné par Henri Verneuil en 1964 sur les lieux mêmes de l'action, et d'après le best-seller de Robert Merle, "Week-end à Zuydcoote" raconte la triste débandade de l'armée française et anglaise dans la poche de Dunkerque. Après avoir vaillamment combattu les forces nazis lors de l'offensive éclair de mai 1940, les soldats français et anglais se replient vers l'extrême nord de notre territoire. Voulant adapter le livre de Merle, Henri Verneuil pose ses caméras là où 24 ans plus tôt, il n'y avait que fer, feu et sang, plongeant ainsi le spectateur au coeur de ce drame aux résonnances mondiales, mais à travers le regard de simples soldats, évitant ainsi une guerre vue à travers l'oeilleton lointain des généraux.

Grace à Jean-Marie Prévost, voici un article de La Voix du Nord qui relate la commémoration de ce film, article signé par Estelle Jolivet
« Week-end à Zuydcoote » est à l'Opération Dynamo ce que « Le Jour le plus long » est au débarquement en Normandie. Un film mythique, qui immortalise un épisode historique majeur. Une expo et des projections au Studio 43 font revivre, en parallèle des commémorations de 1940, le tournage de 1964. Jusqu'à 1 500 figurants avaient, à l'époque, été mobilisés.

Au printemps 1964, Pierre Bertrand passe le bac. Comme lui, Dunkerque est en ébullition : à quelques kilomètres de là, du côté de Bray-Dunes, les caméras d'Henri Verneuil tournent Week-end à Zuydcoote, avec Jean-Paul Belmondo et Jean-Pierre Marielle. Qui deviendra « le » film emblématique de la bataille de Dunkerque.

« J'ai découvert l'ambiance sur un tournage mais j'ai surtout appris à connaître le monde des dockers et du syndicalisme », explique l'ex étudiant-figurant, devenu plus tard avocat puis président de l'office de tourisme de Dunkerque. « Un jour, il avait plu et on a dû tourner à 17 h au lieu de 14. La marée était haute, on devait mettre les pieds dans l'eau alors que ça n'était pas prévu : réunion syndicale ! » Pierre Bertrand se souvient que « les dockers avaient été recrutés en masse pour faire de la figuration, notamment dans la fameuse scène de la plage. C'était bien payé. Les bus venaient chercher les gars dans le centre-ville. » Cette scène aurait nécessité près de 1 500 figurants. De jeunes hommes, nés après la guerre, n'ayant donc pas connu le traumatisme de l'événement.

« Le film a moins fait scandale que le livre de Robert Merle, sorti en 1949 », explique Bruno Pruvost, auteur d'une exposition sur le film, présentée à Zuydcoote les 5 et 6 juin. « À l'époque, les anciens combattants avaient eu des mots très durs. Pour eux, Dynamo, c'était loin d'être un week-end... » Dans le sillage des commémorations officielles, les Dunkerquois pourront en tout cas se replonger dans l'histoire du film. Le 4 juin, le Studio 43 et l'office de tourisme organisent une projection spéciale de Week-end à Zuydcoote à destination des figurants, « pour qu'ils puissent se retrouver et partager leur expérience avec leurs proches », propose Caroline Grimault, la directrice du Studio. L'exposition de Bruno Pruvost, reviendra, elle, sur les deux mois de tournage, entre fin mai et début août 1964. Avec photos, témoignages et articles de presse à l'appui.

« Week-end à Zuydcoote » sera projeté au Studio 43 du 2 au 22 juin. Projection spéciale figurants le 4 juin à 19 h (tarif unique : 4,50 E). L'exposition consacrée au film se tiendra les 5 et 6 juin, à la salle Robert-Merle de Zuydcoote, de 10 h à 19 h (gratuit).

lundi 18 octobre 2010

Tournage dans l'Avesnois pour Yolande Moreau




C'est dans la région de Fourmies et l'Avesnois que Yolande Moreau a rejoint le réalisateur de Séraphine, Martin Provost pour le tournage du film "Ou va la nuit" qui devrait sortir prochainement. Jean-Marie Prevost nous signale l'existence de ce lien internet ou vous pouvez trouvé toutes els informations sur le tournage de ce film à l'aide notamment de coupures de la presse locale et régionale. Un grand merci à lui.
Nous reparlerons bien sur de ce film à sa sortie...

http://fourmies.canalblog.com/archives/__yolande_moreau_dans_le_sud_avesnois__/index.html

dimanche 17 octobre 2010

Karnaval, la bonhommie des gens du Nord ?

Sorti en mars 1999 et tourné en février 1998, Karnaval de Thomas Vincent a été entièrement filmé dans notre région. Avec Sylvie Testud, Clovis Cornillac et le dunkerquois Jean-Paul Rouve dans leurs premiers grands rôles, mais aussi Amar Ben Abdallah, Karnaval est un film ayant pour toile de fond le carnaval de Dunkerque et qui montre un visage de la société française de cette fin de la décennie 1990.


Résumé du film : alors que Dunkerque vit au rythme de son célèbre carnaval de février, Larbi, attendant à la gare de la ville, veut refaire sa vie loin des plages du Nord et prend la direction de Marseille. Alors qu'il attend le train, il fait la connaissance de Béa raccompagnant son mari ivre mort. Aussitôt, yeux bleus de la jeune femme l'ennivre et elle l'entraîne dans sa passion du carnaval.


Ce film montre bien la folle ambiance de l'extraordinaire carnaval de Dunkerque. Cependant, on peut être partagé sur l'image que rend ce film de l'ambiance, et de l'acceuil chaleureux des gens du Nord. Les uns trouvent que l'image donnée ici du Carnaval de Dunkerque est trop négative. D'autres, en revanche, apprécient positivement ce film, qui fut tourné dans le cadre de la fête. Ce qui est sur, c'est que les images de la ville et du carnaval sont omni-présents. On est parfois au coeur de cet événement annuel. La caméra virevolte parmi les participants, les bandes et les déguisements. Il est vrai que pour les non-initiés ces images peuvent surprendre. De plus, l'image de la bonhommie des gens du Nord et de l'acceuil des étrangers est un peu écorné : scènes d'ivrognerie, bien souvent inhérente à cette manifestation (pourquoi se le cacher ?), et racisme ordinaire contre le personnage de Larbi montrent des nordistes bien éloignés de l'image du sympathique chti'mi véhiculée par les media.
Vous avez un avis sur ce film, un commentaire à faire. Vous avez participé au tournage et vous avez des photos de ce tournage ?

Germinal, première version, 1913



Représenter le Nord, pendant très longtemps (et peut-être même chez certains aujourd'hui), c'est forcément parler du travail. Un travail pénible avec une existence difficile. En son temps, c'est bien sur Emile Zola qui a su le premier, parler avec une telle force et un sens précis du réalisme de la condition de vie des travailleurs, et surtout ceux qui représentent si bien notre région. Ils en sont devenus des symboles : le mineur, la corpation minière. Zola a glorifier le sens du sacrifice des travailleurs de l'ombre, leur a donné une âme, une sensibilité, mais en même temps, il a, par le talent de sa plume, donné l'image d'une région industrielle peuplée par des miséreux. Certes, et si on se replonge dans la vie de notre région au XIXème siècle, il a parfaitement raison. Mais il a aussi donné par cette vision du grain à moudre aux réalisateurs souhaitant faire une oeuvre magistrale sur le Nord...

Germinal. Le nom tonne et sonne. Plusieurs versions de Germinal existent, les plus importantes : celle de Claude Berri avec Renaud en 1993, celle plus ancienne d'Yves Allégret en 1963 tourné, si ma mémoire est bonne, en République Tchèque, et celle plus ancienne d'Albert Capellani de 1913. C'est cette dernière qui m'intéresse aujourd'hui...

En 1912, le réalisateur Albert Capellani réalise une grande fresque sociale : Germinal. Capellani poursuit son oeuvre de transposition sur grand écran des oeuvres majeures de la littérature française. Zola succède aux "Misérables" dans l'oeuvre du réalisateur. Pour Germinal, il souhaite une reproduction fidèle de l'oeuvre. Le metteur en scène fait appel à des artistes de la Comédie française, notamment Henry Krauss qu'il avait dirigé auparavant dans "Les Misérables". Krauss sera Lantier. L'originalité de cette première version de Germinal est sa réalisation sur les lieux mêmes de l'action. Capellani pose ses caméras dans le Pas-de-Calais. C'est la première réalisation d'un film dans le département (il y a eu bien sur d'autres tournages auparavant comme une vue Lumière dans le port de Boulogne-sur-Mer ou les vues filmées par les tourneurs et forains qui ont quasiment toutes disparues). C'est à Auchel, fosse 5, qu'ont lieu les principales vues extérieures pour filmer avec une extrême véracité le principal personnage : le puits. Auchel devient le temps du tournage Le Voreux. Les paysages miniers et les cadres de vie de la population contribuent à la narration et sont des éléments décisifs dans la progression de l'histoire. Capellani met véritablement en scène le paysage. Il veut profiter du cadre de tournage.
Celui-ci s'est effectué exclusivement dans les rues, les cités et les fosses d'Auchel, alors ville de 9000 habitants. Le film montre tout un panorama de scènes de la vie dans le bassin minier : des corons à la population nombreuse, l'atelier de métallurgie, les installations de surface, le bâtiment de la fosse n°5,... Ces vues sont nécessaires pour la progression de l'histoire grâce au pouvoir de suggestion qu'elles inspirent. Capellani fait également appel à des figurants auchellois. On filme longuement les mineurs et leurs familles heureux de faire du cinéma. Ils sont la caution de vérité du film et participent aux côtés "exotiques" donnés au bassin minier par leurs usages. la revue Le courrier cinématographique du 17 mai 1913 regrette même l'absence de paroles et note : "il est gacheux cependant que celui-ci (le cinéma) n'enregistre pas les réparties, parfois savoureuses, lancées dans ce patois si imagé". C'est dans une ambiance familiale et chaleureuse que se tourne le film. Les artistes et figurants se retrouvent après les prises dans ce qui symbolisent la chaleur et la solidarité de la communauté minière : le cabaret qui donne l'hospitalité aux artistes.
Alors que le roman de Zola se situe en 1880, Capellani montre la situation du pays noir à la Belle Epoque et nous propose la perception qu'a la société du début du siècle sur la corporation minière. Par ses nombreux plans de foule lors de la grêve, des manifestaions ou lors de la ducasse, le film montre qu'au sein de la communauté du bassin houiller, le groupe prime sur l'individu. Celui-ci doit obligatoirement s'inserrer parmi les siens pour former un ensemble soudé. Leur force, c'est le nombre. La lutte et le travail sont les traits essentiels qui lient entre eux les mineurs. Pour la population française, le monde de la mine est inconnu. Le film de Capellani lève le voile sur ce pays replié sur lui-même alors qu'il est un maillon essentiel du tissu industriel. Le monde de la mine recèle en lui tous les éléments nécessaires du drame. Il suscite chez le spectateur la peur, le travail s'effectuant dans l'obscurité, mais aussi la peur de l'accident qui peut arriver à tout moment. Dans la salle obscure, c'est le monde de la mine qui se déploie... Dès février 1913, Pathé annonce l'adaptation du chef d'oeuvre. Le 3 octobre, le film est présenté à Paris. C'est le samedi 18 octobre que l'Omnia Pathé de Douai le met à l'affiche. Avec ce film, présenté comme étant "la grande épopée du mineur" (Journal de Douai du 16 octobre 1913), le programme inclut le Pathé-Journal et une vue comique "Rigadin Napoléon". Un mois plus tard, c'est le théâtre-cinéma Pathé de Lens qui propose le film. C'est un triomphe. Le Journal de Lens mentionne les principaux événements de la vue : "une ducasse, une scène de grève, la visite d'un ingénieur dans les chantiers du fond, l'inondation d'une fosse". Quatre mois après la présentation parisienne, le cinéma Pathé de Béthune projette le film le 4 janvier 1914. Avec Germinal, on passe également des vues courtes en rafales qui faisaient le succès lors des premiers mois d'ouvertures des cinémas à de véritables films d'une longueur impressionnante : 3 heures de films pour Germinal !

Peu de sites internet proposent des commentaires sur le Germinal de Capellani. Mention spéciale pour ce blog :
http://annhardingstreasures.blogspot.com/2010/08/germinal-1913.html
Pour la bibliographie, se reporter notamment à un article de la revue 1895 d'un numéro spécial hors-série intitulé "L'année 1913 en France", octobre 1993.
En 1994, la revue Plein Nord, numéro 205, propose aussi un article sur Germinal version 1913.
Le 21 décembre l'orchestre de Douai propose avec la collaboration du centre de Lewarde une projection de ce film avec de la musique jouée en direct.

vendredi 15 octobre 2010

Fin du cinéma Electric Ciné à Courcelles-les-Lens



Avec sa façade ornée de trois fenètres hublots et sa dénomination d'Electric Ciné gravé directement sur le béton, ce cinéma ne passait pas inaperçu au centre de Courcelles-les-Lens. Après au moins deux décennies d'abandon, alors qu'il avait été reconverté en épicerie dans les années 70, le cinéma a vécu ses derniers jours en ce mois de septembre 2010. Est-il définitivement rasé en cette mi-octobre... ? Aucune réponse, j'ai envoyé un mail à la mairie, resté mail mort... Comme cette fin était programmé et inéluctable, on aurait pu photographier le bâtiment en long et en large, le visiter une dernière fois, prendre des photos, etc... J'ai fait cette proposition à la mairie de Courcelles pendant l'été... Circulez y a rien à voir. Vous n'êtes pas le bienvenu et de toute façon, il n'y a plus rien dans ce cinéma. Alors, il rstera des souvenirs chez les anciens courcellois. Ceux qui se sont connus dans cette salle, y ont recontré peut-être leur épouse ou ont vécu un flirt intense, ceux qui y ont usé leurs fonds de culottes pour voir des films et des films, ceux du quartier qui faisaient de cette salle un élément moteur de l'attraction de leur secteur. Aujourd'hui, avec la destruction de ce bâtiment, c'est la poursuite de l'uniformisation des centres urbains; De mémoire, un énième rond point jouxte le bâtiment, et l'endroit ainsi libéré verra d'ici quelques mois la construction d'une nouvelle résidence. Avec un peu d'imagination, messieurs de la municipalité... pourquoi ne pas donnez le nom d'Electric à cette résidence, ou celui de Jendré, l'ancien directeur de cette salle qui avait gravé son patronyme dans le béton. Malheureusement, après quelques recherches, la famille Jendré est introuvable. Déménagement ? Disparition pure et simple de la famille, mariage de la fille unique avec quelqu'un d'autre qui fait disparaitre le nom Jendré ?? Si vous avez des informations sur m. Jendré, si vous avez des programmes au fond d'une malle de ce cinéma, un ancien ticket de cinéma, si vous avez connu votre conjoint dans ce cinéma... Vous m'intéressez !!!!!

Voici deux articles, écrits à quasi un an d'intervalle paru dans La Voix du Nord :
À une époque où dans tous les foyers il y a au moins une télévision, on s'imagine mal que toutes les villes possédaient leur propre cinéma, auparavant. En 1931, l'Électric cinéma ayant aussi le nom du propriétaire sur sa façade de béton « Jendré » (qui était aussi le photographe de la commune), comportait plus de cinq cents places et était composé d'un rez-de-chaussée et d'un balcon. On peut dire qu'il était considéré comme un lieu culturel puisque pièces de théâtre et spectacles de danses étaient aussi donnés. Puis avec le développement cinématographique, cet endroit était fréquenté par les jeunes et a vu bien des couples se former. La démocratisation de la télévision dans les foyers a fait peu à peu fermer les cinémas comme celui de Courcelles au milieu des années soixante-dix. Il fut racheté, successivement transformé en bazar, magasin de fruits et légumes et puis abandonné environ une dizaine d'années, et a été racheté par la commune. Dans les prochains mois, il sera détruit comme l'ancienne mercerie « Ludzak » qui le jouxte (côté place Jean-Jaurès où se trouvaient les Restos du coeur). Ils laisseront place à la construction d'un logement collectif avec des cellules commerciales au rez-de-chaussée.
Voici le second article paru il y a un peu plus d'un mois :
L'ancien cinéma Jendré ainsi qu'un autre bâtiment le jouxtant sur la place Jean-Jaurès ont été acquis par Pas-de-Calais Habitat qui devrait y construire dans les prochains mois un immeuble composé de six logements et deux cellules commerciales.

En milieu de semaine, une pelleteuse a détruit l'ancien salon de coiffure voisin pour avoir un accès sur l'arrière du cinéma car c'est par l'arrière que la destruction se fera dans une dizaine de jours. Cet endroit prisé par les jeunes après la guerre et qui a vu tant de couples courcellois se former fera bientôt partie des vieux souvenirs.

jeudi 14 octobre 2010

"La femme-flic", l'Omerta dans le Nord...

Tourné en 1979 à Lille et dans le bassin minier, plus particulièrement à Hénin-Beaumont, "La femme-flic" d'Yves Boisset s'inspire très librement de l'affaire passionnelle qui a passionné la France de l'époque : l'affaire de Bruay-en-Artois. De nombreuses vues de la ville d'Hénin sont parfaitement reconnaissables dans ce film : la maison du district d'Hénin-Carvin par exemple est devenu l'orphelinat de la ville, l'ancien bureau de poste d'Hénin (à confirmer) transformé en commissariat... De mémoire (le film est depuis longtemps absent des chaines de télévision), on distingue des scènes de corons, des vues de terrils, d'usines. Comme dans beaucoup de films, l'histoire du film commence par une mutation disciplinaire : le Nord comme punition pour Corinne Levasseur jouée par Miou-Miou. A nouveau notre région est le placard, la voie sans issue du personnage de film. On ne sent pas encore une région plongée dans la misère noire, mais une région qui doute, avec une loi du silence, car dominée par les grands notables qui dominent alors l'industrie et la vie politique. L'affrontement du personnage de Miou-Miou avec les grands "pontes" du secteur personnifiés par la famille DeSchuller (totalement fictif bien sur...) est une des clés de ce film.
Voici le lien INA vidéo qui présente un reportage sur le tournage de ce film à Lille. On y voit très bien certaines rues, et notamment la façade du célèbre restaurant lillois "A la renaissance" :
Vous habitez Hénin, vous avez connu ce tournage, vous avez été figurant, vous avez un avis à donner sur ce film, n'hésitez pas !!

La page facebook "Tu es de Hénin-Beaumont" apporte quelques anecdotes sur le tournage, les vues, etc..., les voici en vrac : 
- Le commissariat dans le film c'est l'ancienne école de musique rue Montpencher qui se trouvait à la place du nouvel immeuble entre le Crédit du Nord et la librairie Willemetz. L'équipe du film et tous les artistes avaient d'ailleurs leur cantine au Restaurant de Paris chez le Peintre Roger Aliquot. Petite anecdote, les flics étaient évidemment des figurants, mais ce qu'il y aie drôle, c'est qu'ils se prenaient réellement au jeu et se mettaient à faire la circulation comme les vrais flics... mais en dehors de toutes prises de vue.
Si ma mémoire est bonne, on y voit Mr Wattez, père de l'avocat Wattez, faire de la figuration dans le film et tenir le rôle du notable DeSchuller
J'ai passé la soirée avec Miou Miou et toute l'équipe du film à la Gavotte .. Une femme simple formidable. Ils logeaient au Novotel
Je me souviens très bien et notre Mairie était le Palais de justice !!!
J'y vois mon père ! il travaillait à la cokerie : il était figurant sa dure 2 mn mais c est du bonheur pour moi !
on y voit l'Escapade, "la maison de la culture" dans le film, le "bistrot" café en face de la piscine et le centre d'Hénin, les voitures de l'époque

"Copacabana" tourné dans la métropole lilloise



C'est principalement sur le secteur de Tourcoing qu'a été tourné ce film de Marc Fitoussi. Avant de se rendre à Ostende, lieu principal de cette fiction, mais aussi au Touquet, l'équipe de tournage a filmé Isabelle Huppert dans l'environnement de la métropole. On y distingue même, au début du film, le cinéma de Tourcoing, "Les Arcades" (information de Robert Mawet).
Voici un article consacré à ce film et au tournage, publié dans La Voix du Nord

Le film s'appellera « Copacabana ». Quand on comprend qu'il sera tourné uniquement sur notre belle région - Lille, Roubaix, Tourcoing, la côte d'Opale, Ostende (pour l'exotisme) -, on mesure le côté décalé comme dit le réalisateur Marc Fitoussi. Lequel a mobilisé une belle distribution : Isabelle Huppert, sa fille Lolita Chammah, Aure Atika et Noémie Lvovsky.

« C'est l'histoire d'une femme un peu excentrique, qui ne rêve que du Brésil. Mais derrière le décalage entre la baie d'Ostende et la baie de Copacabana, c'est aussi une comédie douce-amère sur les relations mère-fille. Avec des moments graves comme la scène qu'on vient de tourner où Lolita annonce à sa mère qu'elle a honte d'elle. » Mère et fille dans leurs « vrais rôles » au cinéma : voilà un point de départ dont on se doute qu'il fascinera plus d'un magazine ! Marc Fitoussi explique qu'il avait pensé pour le rôle de la fille à Lolita Chammah déjà présente dans son premier long métrage La Vie d'artiste(2007). Pour le rôle de la mère, c'était encore indécis. « Isabelle Huppert a lu le scénario : à partir de ses remarques, on a écrit une nouvelle version. Elle a donné rapidement son accord. » Passé une première appréhension, Lolita Chammah convient que la complicité qu'elle a naturellement avec sa mère lui permet d'avancer rapidement. « J'ai véritablement l'impression de jouer avec une actrice et pas ma mère. On se confronte l'une à l'autre comme deux actrices. » Derrière la caméra, Marc Fitoussi a quand même observé « la fierté d'une mère pour sa fille ».

La région, Marc Fitoussi explique qu'il l'a découverte il y a des années quand il travaillait à des documentaires pour France 3 à Lambersart. « Les villes sont visuellement très fortes, proches de ce qu'on voit dans un certain cinéma anglais, genre Ken Loach. » Des séquences entières à Ostende - où l'héroïne (Isabelle Huppert) vend des appartements -, ont été tournées en caméra cachée. Souci d'avoir des ambiances authentiques. Mais les intérieurs normalement ostendais ont été tournés au Touquet.

Le tournage en est à sa cinquième semaine sur huit. Si tout va bien, le montage devrait débuter en juin pour aboutir à une première version en fin d'année.

Et une sortie espérée sur les écrans au premier semestre 2010. Avec, peut-être, une avant-première à Lille espère le CRRAV (centre régional de ressources audiovisuelles) partenaire financier.

D'ici là, chacun repartira chez soi. Marc Fitoussi pour un nouveau film, une comédie policière avec Sandrine Kiberlain, Lolita Chammah pour des projets au cinéma mais aussi au théâtre. Ancienne élève du conservatoire - où elle a travaillé notamment avec Denis Podalydès -, et de l'école du TNS de Strasbourg, elle est en ce moment dans une production au théâtre de Bretagne à Rennes, une pièce d'Henri Becque Les Corbeaux mise en scène par Anne Bisang. Une pièce qu'on aura la chance de découvrir dans un an tout juste puisque le Théâtre du Nord ici à Lille l'accueille dans sa prochaine saison (neuf représentations en mai 2010). Peut-être en même temps que le film. •

JEAN-MARIE DUHAMEL

Les rédactions de La Voix du Nord
la Voix du Nord
Vous avez participé au tournage de ce film ? Vous avez assisté au tournage ? Vous avez un commentaire à faire sur l'image qu'il véhicule du Nord ? N'hésitez pas !!

mercredi 13 octobre 2010

"ça commence aujourd'hui", le Nord réaliste ?

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Tourné principalement à Hernaing, près de Valenciennes en 1998, "ça commence aujourd'hui" de Bertrand Tavernier dépeint avec réalisme les affres d'une région gangrénée par la crise économique, sociale, urbaine,... à travers les yeux d'un directeur d'école maternelle joué avec conviction et sincérité par Philippe Torreton. Chronique sociale, le film montre une région ravagée. Au riche passé économique a succédé le chômage et son cortège de misère marqué dans le film par l'alcoolisme. Lors de la sortie du film, sous le gouvernement Jospin, les débats portaient notamment sur les réformes Allègre et le fameux "dégraissage de mammouth". Ce fut un boulevard pour la promotion du film et notamment son fil directeur : la société tient encore par l'éducation, seul lien social encore solide dans une France aux pieds d'argile...

Le tournage de cette fiction a lieu à Anzin et ses environs immédiats, parfaitement reconnaissables, comme le montre notamment la bande annonce du film visible sur ce blog. Le casting pour recruter des gens du secteur se déroula dans la salle de motricité de l'école rue Derrière des haies à Anzin. Pour les enfants de l'école maternelle que dirige Daniel Lefebvre, joué par Torreton, et après autorisation parentale de rigueur, le recrutement s'est fait directement sur place. Vous avez des souvenirs de ce tournage ? vous avez été élève dans cette école lorsque Bertrand Tavernier a posé ses caméras, vous avez un souvenir de la sortie du film ? Vous avez joué dedans ? Faites part de votre témoignage !!

Le Rexy de Merlimont


Devenu aujourd'hui l'Office de tourisme de Merlimont, ce bâtiment a été pendant longtemps le cinéma Rexy. Auparavant, il semble que ce lieu fut un théâtre. D'après Jean-Marie Prévost, mais cela est, d'après lui-même, à vérifier, le Rexy fut exploité par un service cinema qui dépendait de l'abbaye de Valloires jusqu'en 1988/89. La salle fut équipée d'une cabine double à arc de marque Lebrun avec un ampli Lebrun, et un écran de plus ou moins 7 m de base scope. Jean-Marie Prévost a receuilli cette anecdote par l'opérateur toujours vivant (si quelqu'un a son nom et prénom, je suis preneur) :" A chaque changement de film suivant la programmation, c'etait les soeurs de l'abbaye qui apportaient le sac de films en voiture.
Cela me faisait penser aux films des Gendarmes de Saint-Tropez et à la célèbre scène avec la bonne soeur en 2CV ". Comme cette salle était saisonniere, l'opérateur passait ses vacances à Merlimont en projetant les films. Le service cinema de Valloires avait la gestion d'autres cinémas : le Cyrano à Crecy en Ponthieu, le pax à Quend-Plage ......
Un grand merci à Jean-Marie Prévost pour toutes ces informations sur cette salle que je ne connaissais pas. Merci à lui aussi pour le document : une carte postale des années 60 que j'ai agrandi. Bien sur, si vous possédez d'autres infos sur cette salle, des souvenirs de films, des anciens programmes, des tickets,... contactez moi !!

mardi 12 octobre 2010

Une séquence des "Valseuses" à Stella-Plage


C'est en septembre, certainement fin septembre 1973, que Bertrand Blier pose les caméras de tournage de son troisième long métrage dans le Pas-de-Calais. Avec lui, trois jeunes comédiens à l'époque peu connu du grand public : Patrick Dewaere, Gérard Depardieu et Miou-Miou. Stella-Plage est choisi par l'équipe de production afin d'illustrer une séquence du film. Dans le film, il n'est pas clairement précisé que les deux héros du film se rendent dans le nord de la France. Dans leur périple, l'hexagone est leur terrain de jeu et le Nord est un lieu de passage. Que retient-on de cette séquence sur le Pas-de-Calais, qui n'est même pas mentionné ? Une plage vide, balayé par le vent, des rues désertes de la petite station balnéaire bien connu de nos habitants, des commerces fermées, des villas qui semblent à l'abandon... Les deux compères errent dans Stella... Est-ce un symbole de la vie de ces deux jeunes en divorce avec la société, l'image de deux jeunes face à la France pompidolienne qui ne peut rien leur offrir ? Dans une ville vide, la fin des espoirs de l'année 68 ? Nos deux loubards ont froid à Stella-Plage et dans leur quête (qui est surtout une quête sexuelle), ils ne feront aucune conquête, à part une petite culotte... (voir la séquence où Depardieu trouve la culotte dans un placard d'une villa abandonnée, la renifle et réinvente poétiquement la vie de la propriétaire de ce sous-vêtement). La scène se déroulant à Stella-Plage est courte, mais on reconnait la rue principale, certains bâtiments et hôtels. Quelques instant plus tard, départ vers le sud... vers la vie ?
Légende du document : Photo d'aujourd'hui de l'immeuble à Stella-plage que l'on aperçoit dans les Valseuses
Une excellente vidéo avant/après avec des vues de Stella issues du film de B. Blier. Bravo au concepteur de cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=lasVKDKdHNU

lundi 11 octobre 2010

La cinémathèque régionale du Nord-Pas-de-Calais



Parce que le Nord-Pas-de-Calais est une région de cinéma, parce que la région fut couverte d'un maillage d'une importante densité de salles comme le montre ce blog, parce qu'elle a été l'objet de représentations cinématographiques dès l'invention du cinéma, parce que ses paysages, sa population et ses activités sont propices à développer des histoires, alors, la région Nord-Pas-de-Calais a été et reste le théâtre d'une intense activité cinématographique. L'un des objets de ce blog va prochainement être de recenser les films qui ont été tournés dans notre région, de montrer les lieux de tournage, de raconter la vision que donne ces longs métrages de notre région, de sa population et des activités. Seront également développer des notices des acteurs, réalisateurs,... nés dans notre région et qui participent ainsi à faire du Nord-Pas-de-Calais une région de cinéma. Vous avez des commentaires, des notices à faire partager, des souvenirs de tournage à nous faire parvenir, des photos de rencontres,... alors, n'hésitez pas !! Cet espace est le vôtre. Vous connaissez des tournages à venir, vous avez un avis à donner sur un film tourné dans le Nord, vous voulez faire connaitre un film peu connu qui évoque notre région, alors contactez moi !!
Légende du document : Tourné dans la région valenciennoise à la fin des années 90, "ça commence aujourd'hui" de Bertrand Tavernier avec Philippe Torreton donne une image réaliste, mais assez noire de notre région, au prise avec le chômage, les tensions sociales, la misère urbaine, le tout à travers les yeux d'un enseignant d'une école maternelle.

Quelques infos sur les cinémas de Harnes

Comme dans beaucoup de communes, on ne sait pas quand commence officiellement l'histoire du cinéma à Harnes. On sait, par tradition orale qu'il existait un premier cinéma, le Cinéma Cristal qui avait un procédé avec un miroir. Il était établi rue de la gare, probablement dans un café nommé Desgues. Avant la première guerre, il semble qu’il y est eu le cinéma des Familles dirigé par Dépret et situé Grande rue. Ce serait actuellement le garage Citroën et l’actuelle bâtiment à l’arrière du concessionnaire est l’ancien Cinéma des familles.


Après la première guerre mondiale a débuté l’aventure du cinéma de la Claivoyance. Un message a déjà été posté sur le blog concernant ce cinéma qui existe toujours (cinéma municipal J. Prévert). Ce cinéma faisait parti d’une coopérative. Dans le même grand bâtiment, outre la salle de cinéma on pouvait y trouver une boulangerie, un café, un moulin. La salle a ensuite été reprise par le grand groupe Bertrand.


Dans la cité 21, il y avait le Printania qui possédait un étage avec un vaste balcon et un café le juxtaposant. Il y avait un pianiste qui n’était autre que la femme du docteur Laigle.

Une autre salle de Harnes est le Novéac, en bas de la rue Virel. C’était d’abord un véritable centre caritatif, mais aussi et surtout, un patronage, qui accueillait dans une petit salle le cinéma du prêtre grâce à un appareil Pathé. C’était alors un moyen de prosélytisme. En 1936, le très entreprenant curé Wartelle décide de construire, avec notamment ses fonds personnels, un cercle pour messieurs. Il s’agit d’un bâtiment préfabriqué, avec un châssis métallique. Quelques mètres après ce cercle, il fait construire un grand bâtiment, sans étage pour faire cinéma et théâtre. Pour rentabiliser, il fait cinéma tous les dimanches. C’est un cinéma moderne qui recherche la qualité du son et de l’image. Il continue ses séances pendant la guerre. Pendant cette période, les trois salles sont remplies. Le Novéac est le premier a arrêter ces séances. La salle sert alors parfois de lieu de messe. Puis, c’est le Printania qui ferme et enfin l’Apollo. Ce dernier est donc réouvert par la municipalité qui en fait le cinéma Prévert, notamment pour les scolaires.

Légende des deux photos : Deux clichés du cinéma Printania, transformé depuis en salle de sports Ansart. Le second cliché pris d'un peu plus loin montre en partie ce que devait être la façade de ce cinéma, façade qui a donc, semble-t-il été scindé en deux afin de permettre le passage vers le terrain de sport à l'arrière.

vendredi 1 octobre 2010

Le Chemineau d'Alfred Rémond, tourné en 1952 à Wizernes

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Voici un extrait de trois minutes d'un petit film d'une dizaine de minutes, tourné en 1952, muet et en noir et blanc. Il s'agit du début de ce film. Son titre est "Le Chemineau" et a été réalisé par Alfred Rémond, frère d'Eloi Rémond, le directeur de la salle de cinéma Le Caméo de Wizernes près de Saint-Omer. Le film nous raconte, dans un style proche de la Guerre des Boutons, la confrontation d'un chemineau, c'est-à-dire d'un vagabond joué par Eloi Rémond portant une barbe postiche avec des gamins de la commune; Ces enfants, après un travail d'investigations ont été retrouvés à l'occasion d'une exposition lors des journées du patrimoine 2010. Il s'agit notamment de Régis Wintrebert et d'André Fiolet. Malheureusement, et pour l'instant, je ne peux vous proposer que les trois premières minutes de ce court métrage. Ce qui est intéressant dans ce début de film, c'est que l'on voit des vues de Wizernes de l'après guerre, de nombreuses maisons endommagées, mais aussi Eloi Rémond, la Coupole d'Helfaut, devenue aujourd'hui le centre historique de la seconde guerre mondiale. On distingue aussi à la fin de cet extrait un chantier, c'est celui du Caméo alors en pleine construction en août 1952 !! Un film est alors à l'affiche (on le distingue nettement dans les toutes dernières secondes de l'extrait), c'est une comédie musicale avec Fred Astaire : "Entrons dans la danse !"
Le but de ce blog est notamment de faire découvrir, outre les salles obscures, les films, d'amateurs ou de professionnels sur le Nord-Pas-de-Calais, ou évoquant notre région, son histoire, etc... Vous avez un ou des films amateurs que vous avez tourné ou que votre famille a tourné il y a plusieurs années, et vous souhaitez faire partager votre découverte et ces images, alors, n'hésitez pas, contactez moi !!! Il n'y a aucune démarche commerciale de ma part, juste l'envie de faire partager ces images, de conserver et de transmettre...