© Olivier JOOS - 2009/2015

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mercredi 31 octobre 2012

Réouverture du cinéma de Aniche


Un cinéma qui rouvre ! Ce n'est pas commun par les temps qui courent. l'ami Bernard Warin nous propose cet article de La Voix du Nord paru ce jour et qui évoque la réouverture de ce cinéma à Aniche. Cette nouvelle page de l'histoire du cinéma dans cette commune poursuit le grand livre de l'exploitation cinématographique, coeur de ce blog bien sur !

Des sites internet sur l'histoire de la télé régionale

De nombreux sites internet évoquent la région et ses liens avec la télé... Petit passage en revue de quelques sites. Si j'en ai oublié, merci de me contacter, mon mail traîne certainement quelques part sur la page que vous regardez en ce moment...

On ne dira jamais assez de bien du site internet de l'INA concernant la mémoire télévisuelle et son incroyable catalogue. Cette honorable institution a décliné son activité dans les régions et il existe tout naturellement un site consacré au Nord-Pas-de-Calais : http://blogs.ina.fr/nord-pas-de-calais/  Au programme, des émissions anciennes de la télé régionale, des scènes de la vie quotidienne, des évènements marquants... Le site propose une vidéo nouvelle tous les mois, maximum deux mois entre chaque vidéo. Pourquoi pas d'avantage de vidéos ? Pourquoi attendre à ce point ? Comment s'effectue le choix de cette mise en ligne ? En espérant que ce site continue régulièrement de grandir. On y trouve actuellement, la dernière cueillette du houblon à la main à Steenvorde, l'affaire de Bruay, une interview de Pierre Schoendorffer, des vues du Touquet, les radios pirates et radio Quinquin, l'inauguration de la Piscine de Roubaix, la braderie de Lille en 1962, la grève des mineurs en 1941, une finale de la coupe de France de foot en 1947 avec Lille, des images du député de Denain, Patrick Roy, une vidéo sur l'Orchestre National de Lille, des images de Simons et du Magazine du Mineur,... De très nombreux extraits des premiers magazines et journaux de la télé régionale.

Notre ami Claude de l'inévitable blog consacré à l'histoire de Lens nommé lelensoisnormand (à quand un véritable site internet regroupant les trois tomes du blog lensoisnormand ?) nous propose un article avec photos sur la télé régionale et son célèbre magazine : "Le magazine du mineur", véritable fenêtre audiovisuelle consacrée au monde de la mine :
http://lelensoisnormand.unblog.fr/2010/12/15/le-magazine-du-mineur-sur-tele-lille/

Bien sur, il faut aussi mentionner France 3 Nord-Pas-de-Calais. Une fiche très bien détaillée sur cette chaine avec un historique complet de la télévision régionale :
http://fr.wikipedia.org/wiki/France_3_Nord-Pas-de-Calais

Un des inventeurs précurseurs de la télévision est natif de la région. A l'instar du douaisien Georges Demeny pour le cinéma, Constantin Senlecq a réalisé des travaux déterminants dans le processus de création de la télévision. Et pourtant, l'histoire n'a pas ou peu, retenu son nom. Trois sites internet proposent un coup de projecteur sur cet artésien :
http://histv2.free.fr/senlecq/senlecqnotice.htm
http://frank.ardres.free.fr/senlecq.html
http://www.archivespasdecalais.fr/Anniversaires/9-octobre-1842-naissance-de-Constantin-Senlecq-pionnier-de-la-television

Ce qui m’intéresse au sujet de la télé et de la région est parfaitement résumé dans cet ensemble d'articles sur les clichés, l'image du Nord et du Pas-de-Calais dans les grands médias télévisuels nationaux que propose le site d'information régionale, Daily Nord...
http://dailynord.fr/2012/07/polemique-tele-nord-pasdecalais-cliches/

N'hésitez pas à me faire connaitre d'autres sites, à me proposer d'autres idées autour de la région et de ses liens avec la petite lucarne : les télévisions régionales, la vénérable France 3 Nord-Pas-de-Calais, ses ancêtres comme Télé-Lille, mais aussi bien sur l'image de la région sur les grandes chaines de télévision nationales, comme par exemple récemment la Côte d'Opale vue à travers l'oeil de Thalassa, les célèbres Ch'tis de W9 et leurs déclinaisons (à Miami, à Mykonos et tutti quanti), le Zone Interdite de M6 consacré aux vacances sur la côte d'Opale, mais aussi, pourquoi pas, les reportages filmés dans la région dans le journal (sic...) de 13 heures de TF1 de JP Pernaud (mais là, faudra m'aider car je ne regarde pas... De plus, il serait intéressant de savoir s'il existe un inventaire complet de tous les reportages diffusés dans cette émission (je préfère ce terme à celui de journal télévisé !).

On peut aussi retrouver tous les sites internet de toutes les télés locales et régionales (j'y penserais dans un prochain message), et consulter youtube, dailymotion. Le principal soucis est l'utilisation de mots clés adéquats. Ce n'est souvent pas évident...

lundi 29 octobre 2012

Léopold Simons, le Pagnol du Nord !

L Simons
Simons a traversé le XXème siècle. Avec lui, cinéma, théâtre, télévision, presse écrite, dessin... Un touche à tout de génie proche des gens du Nord qui lui servaient de modèles sans tomber dans la caricature. Avec Simons, le Nord a trouvé son chantre et son âme. Pour de nombreux nordistes, amateurs de spectacles, téléspectateurs ou auditeurs d'émissions radios sur Radio PTT Nord ou Radio Lille, Simons est immortalisé par son personnage d'Alphonse dans de très nombreuses pièces comiques, sketchs, saynètes... Son personnage, indissolublement lié à un autre personnage, celui de l'épouse d'Alphone, Zulma, constamment interprétée par Line Dariel, est le César du Nord. L'oeuvre de Simons est immense : une quinzaine de revues, des vaudevilles et des comédies pour la scène. Simons, c'est aussi près de 600 sketchs, des émissions radiophoniques avant l'avènement de la télé régionale qui va faire appel à lui pour le Magazine du Mineur ou l'adaptation de ses sketchs radio.

Simons, s'est d'abord... un coup de crayon. Un talent inné pour le dessin. Né avec le siècle en 1901 dans la capitale des Flandres qu'il ne quittera pratiquement jamais, il fréquente, enfant, le cours du soir de dessin puis, après-guerre, c'est l'école des Beaux-Arts de Lille ! Il est engagé à 20 ans à l'Echo du Nord, le grand journal régionale d'avant-guerre, comme reporter-dessinateur, y faisant croquis, dessins des tribunaux, le sport... Mais après le crayon à papier, c'est le stylo qui le démange et l'envie de retranscrire le patois qu'il adore. Il écrit son premier monologue en patois : "Le martyre du poste à Galène". La saynète est alors récitée le lendemain par Line Dariel, déjà ! Sur la scène de l'Alhambra, la comédienne déclame ce premier spectacle. D'auteur, Simons devient aussitôt comédien l'année suivante et invente Alphone, le pendant masculin de Zulma, toujours Line Dariel.

Trois long métrages sont l'oeuvre de Simons : "Zulma en justice" en 1932, "Le mystère du 421" en 1936, et "Le Fraudeur" en 1938. Ses trois films sont des productions régionales de la maison Bruitte et Delemar. Le premier, "Zulma en justice" est un moyen-métrage, première tentative pour Simons de passer devant et derrière la caméra, de quoi se faire la main avant de passer à deux oeuvres au ton nettement plus sérieux. "Zulma en justice"  raconte le jugement d'une dispute de voisinage dont la prévenue, Zulma ne s'exprime qu'en patois. il est donc nécessaire de demander de l'aide à un traducteur. Simons, présent dans la salle, se propose, provoquant de nombreux quiproquos dans la traduction. Simons se lance dons dans le cinéma avec pour simple moteur, l'envie. Il expérimente, s'essaie à la caméra, dirige des acteurs, transposant ses techniques de théâtre au grand écran. Grâce au succès radiophonique, ce premier film passe sur les écrans régionaux, certainement en première partie d'autres films. Le second film, "Le mystère du 421" est la transposition filmée d'une pièce (encore une analogie à l'oeuvre de Pagnol) : "Au 421" est un estaminet avec chambre à louer tenu par les époux Brassepeninck, dans un faubourg de Lille. Un soir, Alphone joue au piquet avec ses locataires. Elise lit le journal à sa mère qui titre : "une bande de gangsters écume Lille". Arrivent alors deux personnes qui cherchent à se loger. Le premier James, a été sauvé par Zulma pendant la Grande Guerre. Le second, Cavanlcanti, monte se reposer dans sa chambre. Coup de feu ! Il est découvert blessé. Le diamant qu'il portait a disparu...Enquête.  Le troisième et dernier film "simonsien", "Le Fraudeur" a déjà fait l'objet d'une fiche sur ce blog : http://cinemasdunord.blogspot.fr/search/label/films%20ann%C3%A9es%201930
Après guerre, Simons revient à la radio et c'est à la télé dans les premières émissions régionales qu'il va proposer ses nouvelles productions. Mais avec les Trente glorieuses, le brassage des populations, le formidable essor économique et le triomphe de la jeunesse du baby boom, les saynètes de Simons vieillissent. Modestement, l'auteur-acteur-réalisateur-dessinateur... quitte la région en 1979 à 78 ans. L'oeuvre de simons est lié à Lille, à son patois, à ses gueules  et ses traditions. Simons nous montre le milieu ouvrier, celui des ouvriers du textile du quartier lille-Moulins et de la porte des Postes dans les faubourgs de lille-Sud avant que ces quartiers ne se transforme sous l'effet de l'expansion économique, des constructions immobilières et de la crise des années 70 avant leur "bobo-isation" actuelle. Justesse de ton, approche des tics et des habitudes des gens du Nord, Simons a su croquer ses contemporains, tant au cinéma qu'à la télévision. Celle-ci a su habilement se servir de l'homme de spectacle et ainsi faire entrer Simons dans le quotidien par le biais du petit écran.

Le Mystère du 421
Qu'a-t-il manqué à Simons pour s'imposer et devenir la référence nordiste absolu, le Pagnol du Nord. Alors que le célèbre Marcel rayonne alors en France : livres, pièces de théâtre, adaptations au cinéma... Léopold Simons est une véritable vedette dans le Nord et le Pas-de-Calais mais son rayonnement ne dépasse pas les limites des deux départements. Que lui a-t-il manqué ? Des producteurs avec du flair et des moyens suffisants pour le faire connaitre dans la France entière ? Une diffusion de ses trois films exclusivement dans la région ? Ou est-ce lui qui, à cause d'un éparpillement trop important (presse, cinéma, radio...) n'a pas su se lancer dans une aventure cinématographique de longue durée ? Ou alors est-ce l'absence d'une oeuvre littéraire réelle, contrairement à Pagnol, alors que Simons est le successeur d'une tradition orale ? 

Une célèbre émission de la télé régionale animée par Simons
Plus de trente ans après sa disparition, el'souvenir ed' Simons est perpétué par l'association "Toudis Simons" née en mars 1989 qui, malheureusement ne semble pas avoir de site internet. Mais il est possible de les contacter au 194 rue du Bourg à Lambersart.

L'inévitable site de l'INA nous propose des vidéos de Simons : http://www.ina.fr/recherche/recherche?search=simons&vue=Video

dimanche 28 octobre 2012

Une petite fille du Nord... Brigitte Fossey

En 1952, une petite fille née à Tourcoing va illuminer le cinéma et son aura et son regard vont dépasser les frontières. Sa simplicité et son naturel vont émerveiller les spectateurs qui se déplacent en masse pour voir cette oeuvre de  René Clément qui raconte l'exode, encore très présent dans la mémoire des gens. La petite fille se nomme Brigitte Fossey. 
"Cinéaste cherche petite fille de neuf à douze ans" est une petite annonce parue dans le journal. C'est la tante de Brigitte qui la repère et qui persuade la maman d'inscrire la petite... Pour le choix du rôle de la petite Paulette - le rôle principal du film -, c'est à Nice (pourquoi à Nice, aucune idée...), dans une salle ou étaient réunies 150 petites filles que la femme de René Clément, Bella, influença fortement son mari pour engager une petite fille, Brigitte, alors âgée de 5 ans et demi. Le réalisateur était d'abord assez réticent  pour l'auditionner à cause de son très jeune âge pensant qu'elle ne pourrait pas suivre et tenir ce rôle, cherchant d'abord à engager une jeune fille d'environ 11 ans. Et finalement, le choix fut judicieux car il a été plus facile de tourner avec une petite fille spontanée et naturelle.
A noter que ce sont les propres parents de Brigitte qui jouent les parents mitraillés de cette terrible scène d'ouverture du film, ceci afin de montrer à la jeune Brigitte que tout ça.. ce n'est que du cinéma ! 
Le film marque son époque dans une France encore meurtrie par le drame de l'Exode. Et le succès (près de 5 millions de spectateurs dans l'hexagone) dépasse les frontières et Brigitte Fossey est même présentée à la Reine d'Angleterre ! Le film remporte le Lion d'Or au festival de Venise. La petit Brigitte est déjà une grande. Avant une installation définitive à Paris à partir de 1956 suite à la mutation professionnelle de son père qui est professeur d'anglais, Brigitte Fossey a suivi une scolarité dans un pensionnat dans un collège de Herne Bay en Angleterre. Dès lors, les parties de boule de neige à l'école Notre-Dame de Tourcoing, les visites à l'épicière de la rue de Chantilly, la vie dand le Nord.... sont terminées !
Avec des films marquants comme Les Valseuses ou La Boum mais aussi des rôles d'importance dans de grandes fresques pour la télévision comme Les Gens de Mogador ou Le Château des Oliviers, Brigitte Fossey est une des actrices préférés des français.
Toute la filmographie, mais aussi les téléfilms et les pièces jouées par Brigitte Fossey sont disponibles sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Brigitte_Fossey

Quelques informations et la photo de cet article tirées du hors série de La Voix du Nord, rétrospective du XXème siècle, paru en 2000.

samedi 27 octobre 2012

1962 : Intervilles dans le Nord !

Il y a de cela 60 ans, les possesseurs de postes de télévision découvraient une émission phare du petit écran : Intervilles qui, rappelons le pour les plus jeunes, proposaient une série de défis plus ou moins sportifs, une saine compétition bon enfant, entre deux villes, un mélange de jeux ressemblant à "La tête et les jambes". Celle-ci existe depuis 1960.
Interville... Un jeu télé d'été qui marquera des générations... Du temps glorieux ou les français n'avaient qu'une seule chaîne de télé, cette émission a nécessairement marqué les esprits. Il faut se souvenir qu'à l'époque, c'est un évènement ! Déplacer les techniciens, mettre en place les jeux, faire venir les caméras, un véritable cirque en direct alors que la France se couvre à peine de râteaux. on raconte même que des postes de télé se positionnent dans les rues pour faire partager ce moment conviviale avec le voisinage ! 
Pour cette première émission retransmise le 19 juillet, Guy Lux veut marquer les esprits et, faire rencontrer des villes proches dans des derbys. Pour le Nord de la France, il propose une rencontre entre les communes de Saint-Amand-les Eaux et Armentières. Léon Zitrone est à St-Amand alors que Guy Lux a choisi Armentières. St-Amand se présente alors comme la capitale mondiale du rhumatisme, on le voit très bien sur les images. Malheureusement cette première confrontation est introuvable sur youtube ou le site de l'INA qui proposent, par contre, la finale de cette même année 1962 : St-Amand contre Dax, avec la victoire de cette dernière, 13 points à 11. La vidéo est facilement trouvable. En voici un lien : http://www.ina.fr/divertissement/humour/video/CPF86644025/intervilles-62-saint-amand-les-eaux-contre-dax.fr.html
Revenons au derby. Les premières minutes de cette toute nouvelle émission montre les géants du nord, Bimbin de Valenciennes, Cafougnette de Denain, venus saluer les parisiens de l'équipe de tournage et les téléspectateurs. Combien sont-ils devant leur petit écran ce jour pour voir le tout premier Intervilles ? A plusieurs dizaines de kilomètres de là, sur la place du Général de Gaulle à Armentières, les majorettes s'échauffent. 5000 personnes sont sur la place. La mayonnaise de l'émission prend rapidement. Léon Zitrone fait même du vélo pour se rendre d'une épreuve à une autre : "Allez Léon", crie la foule. Dans ses souvenirs, Léon Zitrone raconte que cette première était "un festival d'erreurs. Nous débordâmes allègrement le temps imparti."
Plus que la ville de St-Amand et son patrimoine, c'est d'abord un homme que découvre le téléspectateur lambda : Georges Donnez, plus connu sous le sobriquet de Jojo, premier ch'ti vedette du petit écran ! Né en juin 1922, décédé en avril 2001, Jojo est alors le maire de la ville depuis 1953. Il restera le premier édile jusqu'en 1995. C'est avec la dernière épreuve face à Armentières que Jojo va acquérir un statut national puisque l'édile n'hésite pas à donner de sa personne dans l'épreuve des pénaltys-tirs aux buts : les maires des deux communes s'affrontent : Gérard Haesebroeck d'Armentières face à Georges Donnez ! Ce dernier tombe la veste, la chemise et le pantalon : il entre en scène en footballeur ! L'amandinois fait un remarquable quasi sans faute, soulève l'enthousiasme de la foule et donne la victoire finale à sa ville face à Armentières, lui permettant d'accéder ensuite à la finale contre Dax. Le mythe Jojo est né, notamment grâce à sa faconde, son ton et ses réflexions, un Raimu du Nord. Que l'on se remette dans le contexte de l'époque : voir le maire d'une commune de moyenne importance comme Saint-Amand mouiller le maillot au ballon, se montrer ainsi devant les caméras est une nouveauté. Le notable - Donnez est également avocat - est alors une personne respectable et respecté, malgré le diminutif de Jojo. Ce dernier parle à Guy Lux, "L'homme de la télé, le parisien, comme à un ami et le téléspectateur lyonnais, breton ou alsacien, découvre alors un homme du Nord avec son franc parler et sa gouaille qui n'est pas caricatural (quoique...). De plus, Donnez utilise pleinement le petit écran pour montrer qu'il est proche des gens, permettant ainsi une future réélection jusque 1995 ! Jojo restera dans les annales de l'émission et on le retrouvera souvent dans les bêtisiers car Saint-Amand participera à de nombreuses reprises à Intervilles.
Celle-ci met également à l'honneur des produits locaux et les images typiques du Nord, s'appuyant sur les représentations qu'ont alors les gens de la région. Il y a ainsi une épreuve tournant autour du Paris-Roubaix (quand on y réfléchit 30 secondes, aucun rapport avec la ville thermale du Nord !). Par contre, il y a aussi une épreuve tournant autour du carillon de St-Amand. un jeu de dés rappellera aussi le casino de la ville.
D'autres villes du Nord et du Pas-de-Calais s'affronteront pendant les presque 40 ans, diffusés à intervalles très irréguliers et avec des présentateurs variés, que va durer l'émission. Citons Bergues qui affrontera l'inévitable St-Amand en 2008, Arras, Boulogne-sur-Mer qui affronte Saint-Omer en 1970 : Zitrone et Claude Savarit sont à Saint-Omer alors que Guy Lux et Simone Garnier sont à Boulogne écrasé par un score de 8 à 0 en faveur de la capitale audomaroise. Ce résultat permet alors à Saint-Omer de participer à la finale qui a lieu le 23 septembre face à Bayonne. Alors que Guy Lux est en direct de la Place Foch de Saint-Omer, c'est la ville du sud qui gagne de justesse 3 à 12. D'autres villes jouent encore :  Cambrai, Douai, Dunkerque, Le Touquet, Liévin,  Maubeuge, Roubaix. Mais malgré toutes ces villes du Nord et du Pas-de-Calais, pour l'opinion publique nationale, Intervilles, dans le Nord, c'est Saint-Amand-les-Eaux.. En hommage à l'émission qui l'a rendu célèbre dans la France entière, il existe une avenue d'Intervilles à St-Amand ! Par sa popularité, Intervilles montre à la population française les villes du Nord par des petits "spots" placés dans l'émission : "pour la première fois, raconte Pierre Lazareff dans France-Soir, la France se retrouve en bras de chemise, en direct et a le droit de dire tout ce qu'elle veut." Témoignage glorieux de la France des Trente glorieuses, l'émission est aussi celle des provinces. Bien avant le JT de Jean-Pierre Pernaud, on veut montrer alors la France des petites villes et des petites gens qui essaient, par la solidarité, de faire gagner la ville, un esprit de clocher alors que domine sur les écrans des films de ce genre, pensons à la série des Don Camillo avec Fernandel. Intervilles a montré ainsi à une France du Sud, une autre vision de la France du Nord... Et avec Jojo, le Nord possède une de ses premières stars télévisuels. Le supplément de La voix du Nord sur une grande rétrospective du siècle dernier dans un hors série, raconte que le maire de Saint-Amand recevait jusqu'à 200 lettres d'encouragements par jour. Une carte postale arrivera même à destination avec la seule mention d'adresse "Jojo". Ce dernier a su habilement tiré profit du pouvoir fascinant des images animées sur le petit écran, nouveau média montrant le monde et la France, jusqu'au coeur des foyers...

Vous avez des souvenirs de ces émissions ? Vous y avez participé ?Contactez moi
Vous avez vu un reportage consacré à la région à la télévision, vous avez un avis à donner, contactez moi !

jeudi 25 octobre 2012

Le Nord-Pas-de-Calais à la télévision

C. Senlecq (voir en bas du message)
Parce que la représentation de la région dans les oeuvres cinématographiques m'intéresse, je me sens aussi de plus en plus concerné par ce que véhiculent d'autres médias, et notamment la télévision, sur la région Nord-Pas-de-Calais. Sujet de reportages, téléfilms, personnages télévisuels provenant de notre région, villes mises à l'honneur dans un JT ou, au contraire, décriées, la télévision offre également un beau panel de ce que la région propose et ce qu'elle montre à l'ensemble du territoire qui capte ces images : comment le reste de la France perçoit le Nord-Pas-de-Calais à travers tout ce que le petit écran montre de la région. Vaste et inépuisable sujet que j'espère montrer aussi sur ce blog. Ne pasant pas des jours et des jours le nez collé au petit écran, j'espère que des internautes perdus ici ou au contraire, souhaitant réagir, m'apporteront de l'eau au moulin de ma reflexion.
Ces derniers mois, la région a connu de nombreuses émissions, reportages, séries,... Et rien n'est innocent. Il y a toujours une façon de montrer le Nord-Pas-de-Calais, cherchant ainsi à dire une vérité. La région sert ainsi d'exemple pour un fait de société, mais ce n'est jamais anodin. Qui n'a jamais réagit quand, pour illustrer une information sur le chomage longue durée, on choisisse inévitablement un pôle emploi de la métropole lilloise ? Qui ne s'est pas exclamé quand un participant d'un jeu télé, parce qu'il provient du Nord-Pas-de-Calais, prend un accent à couper au couteau et prononce de façon éxagéré ses "CH..." (sans oublier de montrer un côté un peu neuneu mais bien sympa quand même...). Récemment, différentes "affaires" ont secoué "l'opinion publique nordiste" : Les Ch'tis à Mykonos, Zone interdite qui montre une image navrante de la Côte d'Opale, une vision étonnante de la côte d'Opale par Thalassa ne montrant AUCUNE image de la zone allant de Boulogne/Mer à Berck ville réduite aux concours de cerf-volants.
Dans le grand brassage des images qui nous chahutent l'esprit et la reflexion, quelle est la part de réel dans ce que montre aux français notre région ?
La région est aussi une terre télévisuelle. Des pionniers de la télé y sont nés par exemple, et notre région fourmille de télé locale. Face à la vénérable France3 Nord-Pas-de-Calais, on a constaté depuis une dizaine d'années l'éclosion de C9, de Wéo, de GrandLilleTV, de OpalTV...
C'est donc une nouvelle rubrique, pas si éloignée bien sur de ce qui fait l'essence de ce blog, que je vous propose. Bien sur, je continuerais de proposer des fiches et actualités sur les salles de cinéma de la région, mais aussi les films de cinéma qui se sont tournés dans le Nord ainsi que les actuels villes de tournage. Le tout sans parti pris, j'espère, mais en toute honnêteté...
 
Légende du document proposé : Constantin Senlecq, un des pionniers de la télévision. Natif de Fauquembergues, cet artésien est un des pionniers de la télévision. Une petite pensée pour lui lorsqu'on allume son plasma 16/9...
Une notice biographique de Senlecq sur ce site :

vendredi 19 octobre 2012

De nouveaux tournages dans le Pas-de-Calais

D'ici quelques semaines, Arras va vivre au rythme de deux tournages. Il s'agit tout d'abord de l'adaptation du livre de Grégoire Delacourt, intitulé "La liste des mes envies" qui conte les mésaventures d'une arrageoise, Jocelyne Guerbette, mercière, gagnante à l'Euro Millions et rédigeant la liste de ce qu'elle rêve de faire avec sa fabuleuse cagnotte. Véritable Amélie Poulain du Pas-de-Calais, elle ne souhaite qu'une chose : que sa vie, toute simple et qu'elle trouve formidable, ne change pas. Mais c'est sans compter sur son entourage et en premier lieu... son mari ! On ne doute pas un seul instant que la capitale de l'Artois soit filmée le plus fidèlement possible, avec réalisme, sans montrer, comme il est d'ordinaire dans les autres productions ou reportages sur notre région, la cohorte de chômeurs, d'alcooliques, de gens dans la misère, et... sous la pluie ! Dans ce long métrage, Arras fera donc figure de petite ville de province, avec ses atoûts (ses monuments et paysages typiques, notamment la splendide Grand'Place qui sera certainement parmi les beaux plans du film) et ses faiblesses (pensons ainsi à sa vie nocturne... une belle endormie ?).
Autre tournage, autre adaptation littéraire (heureusement que les auteurs de livres sont là pour fournir la matière première de nos réalisateurs en manque d'inspiration...), le livre de Philippe Vilain : "Pas son genre", paru chez Grasset qui raconte la relation amoureuse d'un prof parisien "exilé" (une mutation disciplinaire ? une punition ?) à Arras avec une coiffeuse. C'est Lucas Belvaux qui se lancera dans cette adaptation pour le producteur Agat Films & Cie.
A la lecture de ces nouveaux tournages, il semble que la région échappe aux clichés et que le Nord-Pas-de-Calais ne soit qu'un lieu de tournage de films qui auraient très bien pu se dérouler ailleurs en France...

vendredi 12 octobre 2012

De nouveaux documents sur le cinéma Bellevue de Lille

Un grand merci à Laurent Comar (allez voir son blog mentionné sur le côté droit de cet écran !!!) pour nous offrir ces deux clichés du grand et beau cinéma Bellevue, déjà évoqué sur ce blog.
Trônant au centre de la Grand'Place de Lille, cette salle était la salle typique de centre-ville, idéale pour les grandes projections, les avant-premières. Le premier cliché nous montre la façade de ce bâtiment en 1956. La seconde photo, celle en couleurs date de 1970, date de sortie du film alors à l'affiche. Elle nous montre un Bellevue scintillant, des néons étincellant la place et l'inscription du film vedette en couleur rouge, rappellant inévitablement la célèbre façade de l'Olympia à Paris. Aujourd'hui, cet ancien temple du 7ème Art est devenu le temple de la lecture avec l'installation du Furet du Nord. qui peut encore deviner en entrant dans cette institution lilloise, la destinée de ce bâtiment...
Vous avez des souvenirs de cette salle ? Vous avez peut-être des anecdotes ? Vous avez encore un ticket de cinéma ? Une photo où on voit en arrière-plan le Bellevue ? Contactez moi !


dimanche 7 octobre 2012

Le Cinéma des Familles de Orchies


Voici une photo et un agrandissement du Cinéma des Familles de Orchies. Ce cliché est tiré d'un ouvrage consacré à la commune de Orchies. La photo montre un défilé carnavalesque en 1927. Derrière un char, on peut apercevoir le Cinéma des Familles qui aurait été situé sur la place de la ville. Je ne sais rien de cette salle et je suis donc à la recherche d'infos...

Un grand merci à Bernard Warin qui a déniché ce cliché !

La seule trace de cinéma à Orchies que j'ai trouvé dans un annuaire Bellaye est le cinéma Casino dans les années 50, au 24 rue de Bellain (rue qui ne semble plus exister...)

Si vous avez des infos sur ces cinémas, n'hésitez pas à me contacter.

samedi 6 octobre 2012

La prochaine métamorphose du cinéma du Portel



L'ami Laurent Comar nous apporte des nouvelles du Cinéma des Familles du Portel qu'il a péché sur internet en tombant sur le site internet de cette commune. Bravo à lui pour ce flair et cette science de la découverte !
Cet ancien cinéma va donc devenir un nouvel espace dédié au spectacle. Il sera baptisé au nom de l'acteur Philippe Noiret, né à Lille en 1930.




Voici ce qu'écrit le magazine municipal du porttel, disponible sur internet :
La Ville souhaite réaliser un espace à vocation culturelle de taille moyenne au cœur de ville, pour répondre aux nombreuses sollicitations associatives, en lieu et place du « Cinéma des Familles ». En effet, aujourd’hui malgré la présence de deux équipements de même vocation sur le territoire (médiathèque et salle Yves Montand), la Municipalité ne peut satisfaire toutes les demandes d’animations culturelles faute de créneaux disponibles. Le Cinéma des Familles, avec ses 200 places, constituerait alors un bon compromis entre la salle Yves Montand et la Médiathèque. Ce lieu serait ainsi consacré aux arts et spectacles vivants, à des disciplines artistiques telles que le cinéma, le théâtre ou encore des concerts intimistes.

Voici deux photos prises par Laurent Comar en 1999 et mars 1997. Encore merci à lui de nous offrir ces clichés...


mardi 2 octobre 2012

Un Ciné-Concert exceptionnel avec l'Orchestre National de Lille

L'Orchestre National de Lille poursuit sa programmation liée au monde du cinéma. Après un superbe hommage rendu il y a quelques mois au compositeur roubaisien Georges Delerue, l'Orchestre lillois propose le 1er novembre à 16 heures et le 2 novembre à 20 heures, dans le cadre des manifestations de Lille3000 un ciné-concert d'exception. Au programme, pour deux séances, le chef d'oeuvre de Fritz Lang, "Métropolis" sorti en 1927. Ce concert aura lieu à la salle Vauban à Lille Grand Palais. Rappelons brièvement le sujet de ce film muet allemand : Métropolis est une mégalopole divisée en une ville haute ou vivent les familles intellectuelles dirigeantes dans l'oisiveté et le luxe et une ville basse ou les travailleurs font fonctionner la ville et sont opprimés par la classe dirigeante. Un androïde mène les ouvriers vers la révolte. L'orchestre interprète la musique originale de Gottfried Huppertz. Le compositeur s'inspire de Wagner, Strauss, Berlioz, allant jusqu'à faire un clin d'oeil à la Marseillaise. La nouvelle version restaurée du film a été projetée pour la première fois à Berlin, en ouverture de la Berlinale 2010 sous la direction de Franck Strobel, qui se trouvera également à la tête de l'ONL pour ce ciné-concert qui s'annonce comme un évènement. Plus de renseignements : http://www.onlille.com 
En février 2013, à vos agendas pour y noter un rendez-vous étonnant qui va détonner : Matrix, 1ère partie, la rencontre entre le film qui a révolutionné la science-fiction des frères Wachowski et l'ONL ! Un grand spectacle qui s'annonce exceptionnel !