© Olivier JOOS - 2009/2015

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jeudi 28 février 2013

Le mariage cinéma-ONL : une réussite !

Quelques instants avant le lancement du film...
Ce week-end, l'Orchestre National de Lille dans son nouvel écrin du Nouveau Siècle a présenté un concert exceptionnel : Matrix en live ! Une expérience unique en France ! Qu'on en juge : la projection d'un film parlant, récent, très connu, avec de multiples effets spéciaux révolutionnaires et un orchestre symphonique au grand complet jouant la partition du compositeur des premières images à la toute fin du générique. La salle était comble lors de ces trois séances le jeudi 21, vendredi 22 et dimanche 24 février pour ce moment magique et intemporel. Un évènement rare et étonnant et dont on attend la suite avec impatience ! 
Pourquoi le choix de Matrix ? Lors de sa sortie en 1999, ce film est une vraie révolution, un film pionnier de la cyberculture : c'est le premier film mêlant, avec intelligence et réflexion philosophique, le réel et le virtuel, ce qui est sensible de ce qui ne l'est pas, la puissance de l'informatique et d'internet confrontés à nos sens les plus simples, la vie rêvée face à la réalité. Bref, ce choix n'est pas anodin puisque c'est en assistant à la performance de l'ONL que nos sens sont également en totale déperdition : qu'est ce qui tient de la bande sonore du film à la musique originale ? Regarder les musiciens joués ou être perdu entre rêve et réalité avec le héros Néo joué par Keanu Reeves. Les frontières sont ainsi troublées et nos oreilles sont perdues face au déluge sonore et visuel, aux flots incessants de décibels en provenance des instruments. L'équilibre parfait entre univers sonore joué en live, les autres sons du film et les images étonnantes (pensez au révolutionnaire effet dit "temps de la balle") secoue le spectateur et le heurte dans sa façon de percevoir la réalité. La synchronisation est parfaite et l'illusion est étonnante, et ce, dès la première image du logo de la Warner Bros (à quand la musique jouée en live du générique très connu des publicités Jean Mineur ?).
La composition jouée en direct par l'Orchestre National de Lille sous la direction du chef Frank Strobel interpelle et montre à quel point la musique de films est indissolublement liée à l'oeuvre cinématographique. Elle est omniprésente alors que notre oreille s'était habituée à sa présence, ne la remarquant parfois même plus. Avec cette nouvelle expérience sonore, la musique de films reprend ses droits et toute sa place. De plus en plus, seul le générique de début, et parfois celui de fin, mais aussi quelques gimmicks sonores comme le thème de James Bond par exemple, retiennent notre attention, sans plus. Mais la performance à laquelle nous avons assisté montre que la musique de film est d'abord une oeuvre à part entière, au même titre que les compositions d'artistes travaillant uniquement pour des oeuvres musicales classiques. Mais la musique de films est aussi partie intégrante de l'oeuvre cinématographiques. Elle ne sert pas seulement à souligner certains effets visuels ou à faire monter l'angoisse ou à accompagner le rire, elle est tout simplement une des composantes de l'univers filmique que les grands réalisateurs ne négligent jamais. Par sa quasi omniprésence pendant les deux heures de Matrix, le score original de Don Davies est essentiel dans la compréhension de l'oeuvre des frères Wachowski. Cette musique originale dure 100 minutes, soit près de la quasi totalité du film de 2 h 15 ! Belle performance pour l'ensemble des musiciens de l'ONL !
Expérience unique pour les spectateurs venus pour ce concert, il semble que L'ONL souhaite développer ce type de représentation dans les mois à venir... Le chef d'orchestre Franck Strobel s'est affirmé comme une figure importante du monde de la musique de films. Arrangeur, interprète de nouvelles partitions, il a travaillé sur de nombreuses oeuvres qui témoignent d'une grande ouverture d'esprit. Outre Matrix, il a dirigé Métropolis, Le cuirassé Potemkine ou des classiques de Chaplin. Il est évident que nous le retrouverons prochainement dans un nouveau et beau projet... A suivre !

Lien Flickr de l'Orchestre National de lille. De très belles photos de cette séance exceptionnelle : 
http://www.flickr.com/photos/onlille/sets/72157632855585904/

vendredi 22 février 2013

La guerre des cinémas est lancée

David Henochsberg, nouveau venu
dans le paysage cinématographique
du Nord-Pas-de-Calais
A Béthune, la guerre des complexes, multiplexes... est lancée et cela sera sans pitié ! Nouveau feuilleton qui va nous tenir en haleine pendant quelques mois ou simplement un nouvel épisode de la saga : "Pas de cinéma à Béthune" qui dure depuis 8 ans ? En tout cas, ces jours ci, la machine s'est emballée et prend une nouvelle tournure avec le dépôt du dossier de la société Etoile Cinémas dirigé par David Henochsberg et qui possède 6 complexes à Paris et en banlieue comme le Cosmos à Chelles ou le Balzac aux Champs Elysées... Ce groupe se lance à la conquête du territoire et le Pas-de-Calais avec Béthune est leur priorité avec un projet de 9 salles et 1600 places dans un complexe dernier cri tout proche de la gare qui devrait être inauguré pour la fin 2014. Le dossier va être déposé à la CDAC, la Commission Départementale d'Aménagement Commercial pour qu'elle donne son aval. Face à ce projet, le méga CGR de la commune voisine de Bruay a les cartes en main et s'est accaparé en 8 ans la demande en cinéma de l'agglomération Béthune-Bruay. Confortablement installé dans une vaste zone commerciale, à l'entrée de Bruay (l'entrée de la ville en relation directe avec la voisine béthunoise par voie rapide), le méga CGR est la seule implantation nordiste du groupe CGR, dirigé par Jocelyn Bouyssy. Ce groupe possède l'essentiel de son parc de cinémas dans l'ouest de la France. Il ne fait aucun doute que le Méga CGR mettra des bâtons dans les roues d'Etoile Cinéma en déposant multiples recours à la CDAC, justifiant notamment le nombre important d'implantations cinématographiques dans les environs de Béthune : le Méga CGR certes, mais aussi le Pathé de Liévin, et les complexes de Arras, Douai, Hénin-Beaumont,... et évoquant ainsi la quasi saturation du marché... Quelle place pour un nouveau cinéma alors que le Méga CGR vient à peine de trouver l'équilibre financier après 8 ans d'existence ?
Jocelyn Bouyssy, président Général
du groupe CGR
Avec près de 450 000 entrées dans ses 12 salles, il est évident que le Méga CGR n'a pas envie de partager le gâteau ! Pourtant Etoile Cinémas essaie déjà de se démarquer en proposant dans son projet de l'Art et essai, des sorties nationales, de la VO et de la VF, une "lanterne magique" pour les plus jeunes, et 650 m2 d'enseignes commerciales. Etoiles Cinéma joue aussi sur son expérience parisienne et cherchant à lancer la carte culturelle. Pour l'instant, des études de faisabilité sont actuellement en cours sur le terre-plein qui sert de parking sauvage à proximité de la gare : tests, études des sols, recherche de pollutions,... Nul doute que les équipes bruaysiennes du Méga CGR surveilleront attentivement l'évolution des travaux ainsi que les rapprochements déjà constatés entre Etoile cinémas et la municipalité béthunoise qui soutient à fond ce projet, notamment financièrement... Il est évident que ce mélange public-privé fera grincer des dents...


mercredi 20 février 2013

Le cinéma d'Aniche, le plus vieux cinéma du monde


Voici un article sur le cinéma Jacques Tati de Aniche. il s'agit d'un extrait de l'hebdomadaire "L'Observateur du douaisis" et évoque surtout l'âge de ce cinéma qui est le plus ancien du monde encore en activité...

" Aujourd’hui, Serge Ottaviani en est sûr : le cinéma Jacques-Tati d’Aniche est bel et bien le plus vieux cinéma du monde encore en activité. « En tout cas, c’est le plus ancien cinéma ouvrier du monde », assure celui qui se définit comme historien et Wikipédien.
L’Auberchicourtois s’est basé sur un document de 2008 écrit par une association d’histoire locale. « A l’époque, un gros travail de recherche sur le cinéma avait été entrepris. » Un travail que Serge Ottaviani a exhumé quand, après la rénovation du musée, Roger Facon, l’adjoint à la culture, l’avait interrogé sur l’âge du cinéma Jacques Tati.
Réponse : le cinéma d’Aniche vient de fêter ses 111 ans.  Le bâtiment qui abrite aujourd’hui l’Idéal Cinéma Jacques Tati a été inauguré le 26 janvier 1902. « Un écrit du maire de l’époque atteste d’une projection publique le 23 novembre 1905.»
Le livre des records (le fameux Guiness) a enregistré le Korsor Biograf Teater, au Danemark, comme étant le plus ancien cinéma au Monde en activité, mais il n’a été ouvert qu’en 1908... Serge Ottaviani explique pourquoi : la procédure d’homologation par le livre des records est très longue ... à moins de payer...

video

"Maria Vandamme" tourné notamment à Aire-sur-la-Lys

Trois acteurs de la série, notamment l'héroïne Corinne Daclat
et l'acteur allemand Christian kohln
En 1987, Aire-sur-la-Lys accueille le tournage d'une grande fresque pour la télévision : Maria Vandamme d'après le livre du nordiste Jacques Duquesnes, prix Interallié en 1984. Produite par TF1, il s'agit d'une mini-série de 4 épisodes d'une heure 20 minutes chaque. A la réalisation, Jacques Ertaud et face à la caméra, nous retrouvons Corinne Daclat, Marie Dubois, Bernard Fresson, le nordiste Ronny Coutteure... Il s'agit d'une grande fresque sociale avec le Nord comme toile de fond et l'industrialisation de l'économie et ses répercussions sur la société : l'histoire d'une orpheline trouvée à Saint-Omer et qui va connaitre les grandes mutations de la société jusqu'à Versailles au temps de la Commune ! 
C'est parce que cette série se situe dans le Nord au XIXème siècle, que le réalisateur choisit de placer son tournage au coeur même de l'action, dans différentes cités du Nord et du Pas-de-Calais, là où la modernité et les guerres du XXème siècle n'ont pas encore mis à mal une certaine vision de nos villes : des rues pavées, de vieilles maisons en pierre, des lampadaires sans ampoule électrique...
A Aire-sur-la-Lys, c'est essentiellement l'ancienne maison du Docteur Lefebvre, rue d'Arras qui sert de décor. Pendant quelques jours, l'équipe du tournage s'est installée dans un immeuble inoccupé d'après un article de l'hebdomadaire "l'Echo de la Lys" de l'époque, tout près de l'hôtel d'Angleterre. Le journal raconte : "Des camions, des projecteurs, un réseau de filins électriques s'échappent du bâtiment et parcourent les façades voisines. Le plus grand désordre semble régner dans la maison. C'est un va-et-vient perpétuel de machinistes, d'opérateurs, une valse d'échelles, de projecteurs, de cables, qui s'ordonne miraculeusement pour offrir la lumière, la prise de vues parfaites. Les acteurs se placent, répètent, écoutent les indications du réalisateur Jacques Ertaud. Des minutes de préparation pour quelques secondes d'images, que les téléspectateurs devraient découvrir le printemps prochain."
L'ensemble de la série a été tourné à Boursin et Looberghe, mais aussi à Saint-Omer pour quelques vues, et vers Lille également ainsi que dans le secteur de Boulogne... Il y aura également un tournage en région parisienne, mais aussi en Pologne ! 

Grand succès populaire qui a marqué les esprits, cette fresque nordiste qui montre un autre pan de notre région au XIXème siècle s'éloignant des tentacules de Germinal, est triplement récompensée en 1989 du 7 d'Or de la meilleure fiction, du meilleure scenario et du meilleur réalisateur ! Marquant les esprits des téléspectateurs, Maria Vandamme est encore aujourd'hui une référence en matière de sage historique. Même si cette série ne passe plus à la télévision, elle a été éditée en DVD.

Vous avez assisté au tournage ? Vous avez des photos ? Vous avez été figurant ? Contactez moi


lundi 18 février 2013

Le Familia de Phalempin

Roselyne Hocquet, internaute venue ici grâce à l'émission radiophonique "Carnets de Campagne" diffusée sur France Inter la semaine dernière, nous propose le cinéma de sa commune, Phalempin.  Ce cinéma s'appelait  Le Familia et est situé au 4 bis rue de Lille avec une capacité de 300 places. Il s'est ouvert dans les années 1930, à l'avènement du cinéma parlant. Il succédait alors à un cinéma qui existait dans des locaux religieux, rue Dupuis. Le Familia a fermé un peu avant 1970. Messieurs Plouchart puis Dumoulin en ont été les propriétaires et Charles Dancoisne, puis Jacques Ronsmans furent les opérateurs.
Madame Hocquet nous raconte son cinéma : "J'ai fréquenté ce cinéma qui accueillait toute la jeunesse de Phalempin et des villages voisins (Wahagnies, La Neuville...) le dimanche après-midi et le samedi soir. Tout le monde s'y rencontrait les plus âgés, les parents et les jeunes adultes. Les films programmés étaient souvent des péplums et des westerns. Ce sont eux qui restent dans mon souvenir en tous cas ou alors ce sont les films que mes parents m'autorisaient à aller voir."




dimanche 17 février 2013

Une statue pour Victor Planchon à Boulogne / Mer


Le magazine gratuit "Echo62" distribué dans toutes les boites aux lettres des habitants du département propose dans son dernier numéro de février 2013 un bel article hommage consacré au boulonnais Victor Planchon à l'occasion de l'inauguration de sa statue dans le célèbre port de pêche. Rappelons brièvement que cet industriel travaillait en étroite collaboration avec les frères Lumière afin de leur proposer la pellicule souple dont la production était jusqu'alors uniquement aux mains de l'américain Eastman. Planchon est le premier européen à produire cet élément essentiel pour l'invention du cinématographe Lumière et ce sont dans ses ateliers à Boulogne, dans le quartier de Capécure qu'il met au point et produit la pellicule. 

Voici l'intégralité de l'article de "Echo62", un excellent article de Bernard Queste ainsi que la photo de cette statue, également issue de ce magazine... : 

Dans le milieu du cinéma, Planchon, c’est Roger, regretté acteur, cinéaste et homme de théâtre. Mais ici, c’est Victor Planchon que nous allons évoquer. Un inventeur de génie qui aurait eu toute sa place dans le dossier sur le made in Pas-de-Calais, en pages centrales de ce journal. Combien savent, y compris les Boulonnais, que dans ses ateliers installés au cœur de Capécure, rue de Constantine, Victor Planchon fut à l’origine du plan-film puis de la pellicule souple, une avancée technologique qui a séduit les frères Lumière et permis le développement du septième art.

À l’occasion du centenaire du cinéma, en 1995, Frédéric Debussche, animateur du service Architecture et patrimoine de la ville de Boulogne-sur-Mer, avait planché sur le cas de cet inventeur. Parisien de naissance, il était arrivé dans la ville dès 1887, à l’âge de 24 ans, en qualité de directeur du laboratoire départemental de contrôle du port, après un passage à celui des Contributions indirectes d’Arras. En 2009, l’ouvrage Victor Planchon, artisan et industriel du cinématographe a été publié par un collectif d’historiens et de passionnés. Dans le même temps, l’idée d’ériger une statue en l’honneur de Victor Planchon, initiée par Jacky Lebas, conseiller municipal, directeur du cinéma les Stars et fervent défenseur du septième art, était retenue par la municipalité. Depuis la mi-décembre 2012, la statue en bronze et inox conçue par l’artiste boulonnaise Sylvie Koechlin a été installée à proximité de l’espace Lumière, en bordure de la rue Nationale. Sa plus proche voisine n’est autre que Marilyn Monroe, icône du cinéma, elle aussi immortalisée par l’artiste.
Mais revenons à Victor Planchon « un inventeur de génie à qui le cinéma doit beaucoup » selon les spécialistes. Cet ancien élève de l’école Lavoisier à Paris, qui dans sa jeunesse désespérait sa mère en réalisant des expériences dans sa chambre, a très tôt développé une activité de fabrication de plaques de verre photographiques pour son usage personnel et pour quelques amis. Alors que de l’autre côté de l’Atlantique Georges Eastman mettait au point sa pellicule photo (Kodak), Victor Planchon n’était pas en reste puisque ses recherches portaient sur le remplacement des plaques de verre au gélatino-bromure par un support souple. Son choix se porta sur la pellicule auto-tendue à bordure métallique fine brevetée en 1890. Il s’agissait ni plus ni moins que de l’invention du plan-film, encore utilisé aujourd’hui dans la photographie argentique de grand format.
Mise au pointUne découverte que l’entreprenant Victor Planchon a mis en fabrication industrielle en créant sa petite usine dans la zone de Capécure, rue de Constantine. La renommée grandissante de ses plans-films dans le milieu de la photographie est rapidement parvenue jusqu’aux frères Lumière qui avaient de leur côté mis au point une émulsion de grande qualité pour laquelle ils cherchaient un support fiable. Après avoir sollicité Planchon pour apposer cette émulsion sur les fameux plans-films, Auguste et Louis Lumière lui demandèrent en 1894 de réfléchir à une bande pelliculaire pour améliorer le principe du kinétoscope d’Edison permettant de reproduire les images en mouvement. Plusieurs mois de recherche et de nombreux essais ont été nécessaires pour la mise au point de la pellicule cinématograhique, obtenue après de nombreux échanges de courriers et allers-retours entre le modeste atelier de Boulogne et la ville de Lyon, siège de la société Lumière. En décembre 1895, enfin, Louis Lumière évoquait dans un courrier une pellicule proche de la perfection : « les clichés qu’elle nous a permis d’obtenir avec notre cinématographe sont d’une transparence splendide, et bien supérieurs aux pellicules que nous avons eues jusqu’ici à notre disposition. L’émulsion est pure, intense, rapide ».
Le cinéma était né. Et Victor Planchon y avait pris une part très active pendant son séjour dans le Pas-de-Calais, à Boulogne-sur-Mer particulièrement.
L’année suivante, en 1896, afin de développer l’activité de son entreprise, il partait à Lyon ouvrir une nouvelle usine où il lança aussi la fabrication de matériel photographique (marque Plavik notamment), de soie artificielle et de bien d’autres produits de son invention, lui qui a déposé pas moins d’une quarantaine de brevets tant en France qu’à l’étranger.
Des Boulonnais au premier rangEn visionnaires et fins communicants, avant d’en lancer la commercialisation, les frères Lumière avaient souhaité présenter leur cinématographe dans de nombreuses grandes villes un peu partout dans le monde. C’est ainsi que le 8 mars 1896, au cirque Rancy, installé sur la place Frédéric-Sauvage, a eu lieu à Boulogne-sur-Mer la sixième projection cinématographique publique et payante au monde.
Après Paris, Lyon, Londres, Bor-deaux et Bruxelles, avant Madrid, Bombay, Saint-Pétersbourg, New-York, les privilégiés présents ont quasiment vu en avant-première de petits films tels que L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat, La sortie des usines Lumière, L’arroseur arrosé, Le déjeuner de bébé… Avant la séance, ils ont aussi assisté à une conférence de Victor Planchon où il traitait notamment de la photographie en couleur et des rayons X, fidèle à sa réputation d’homme de science, de chercheur infatigable.

Bernard Queste Photo Jérôme Pouille 
L'Écho du Pas-de-Calais n°131
février 2013


Le cinéma de Caudry

L'ami Bernard Warin nous propose une carte postale ancienne trouvée sur le site Delcampe montrant le cinéma de Caudry.

Trois cinémas à Caudry sont recensés dans l'annuaire professionnel Bellaye des années 50 en ma possession : le Kursaal, le Modern, et le Palace. Ce sont 3 salles ayant une capacité totale de 1641 places au maximum pour une commune ayant 12 163 habitants à l'époque. Mais cependant, aucune de ces salles précédemment citées n'est située dans cette rue Ferrer qui, à regarder de près sur Google map est une toute petite rue de la commune. Constatation : cette carte est donc antérieure à cette époque, certainement pendant l'entre deux guerres. Si vous même, un de vos proches, une connaissance... ont des renseignements sur cette salle, je suis preneur. Si vous habitez Caudry et que vous arrivez sur ce site et que vous pouvez me renseigner, alors n'hésitez pas... Mieux, si vous avez fréquenté ce cinéma, si vous habitez la rue Ferrer (on ne sait jamais...) ou si vous êtes de la famille de l'exploitant de ce cinéma, alors contactez moi !!!

samedi 16 février 2013

Un tournage à Saint-Omer et à Lille

La capitale audomaroise est actuellement en ébullition. Avant de rejoindre Lille, une équipe de tournage dirigée par Christian Vincent, le réalisateur de "La Discrète" ou, dernièrement du savoureux "Les Saveurs du Palais" filme Saint-Omer et ses environs immédiats pour un téléfilm pour France Télévisions. Au casting, nous retrouvons des habitués de la petite lucarne, comme Thierry Godard, l'un des héros de l'excellent "Village français" sur France 3. Pour faire couleur local, des figurants en grand nombre ont été castés


Voici deux articles parus dans l'Echo de la Lys, hebdomadaire d'informations sur le secteur de Saint-Omer et Aire-sur-la-Lys. Toutes les photos accompagnant ce message proviennent également de Fanny Joos-Deligne et ont été prises le samedi 9 février dans l'après-midi : 

Samedi 9 février ,16 h, je me lance dans les rues de Saint-Omer sur la trace du tournage du téléfilm diffusé prochainement sur France 3 : « Les Complices » et dont la capitale audomaroise et les environs servent de décors. Des petites affichettes jaunes sont collées sur les endroits stratégiques de la cité. Je suis le parcours. Je tourne à droite, à gauche comme dans un jeu de piste.... J’atteins bientôt mon but. Rue du Lycée : personne. Rue de l’Ecusserie : personne. Rue Gambetta : personne. C’est déjà fini ?? J’aperçois au loin des pancartes oranges ! Ah, cette fois, ça doit être là. Je m’approche, il est écrit « cantine » en direction du Lycée Jacques Durand. Zut, encore raté ! Les acteurs ont déjeunés dans les locaux mais ont déserté les lieux. Je ne me démonte pas je prends alors la direction de la grand place. Bingo ! Un attroupement près de la rue Louis Martel, pile poil entre le Bar « Le Dickens » et le « Queens ». Je tente de m'arrêter. Beaucoup de monde dans les rues pour la fête foraine qui commence aussi aujourd'hui... Je saute de la voiture et empoigne mon appareil photo. Je commence à mitrailler techniciens et figurants. « Madame, madame, pouvez-vous vous décaler sur la droite, vous êtes dans le champ de la caméra », me prévient une responsable du plateau. « Oups, pardon », je réponds d’un air confus. Au loin, je remarque un visage familier.  C’est Thierry Godard, comédien principal de cette adaptation de Georges Simenon. Il attend le clap de départ pour s’élancer et courir dans la petite rue. Il recommence une fois, deux fois, dix fois, échangeant son point de vue entre chaque prise avec le réalisateur le caméraman ou l’ingénieur du son ou avec les badauds curieux. A coté de moi, un homme regarde d’un œil attentif le déroulement de la scène. Il m’interpelle. « Vous travaillez pour un journal » ? « Heu, oui, pour l’Echo de La lys », je lui rétorque. Et là, le spectateur, me raconte qu’il suit l’équipe depuis 7 h. « Ce matin, tout le monde était rue du Lycée devant la chapelle des Jésuites. Il y avait une centaine de figurants. Ils filmaient une chapelle ardente ». J’éclaire un peu sa lanterne et lui explique alors un peu l’histoire : «Thierry Godard jouera le rôle de Marc Billard, un chef d’entreprise qui fricote souvent avec son assistante. Et un jour sur la route, de retour d’une escapade, Marc ne voit pas arriver un car lancé à toute vitesse qui, pour éviter de percuter son véhicule, fait une embardée et se renverse. Un paysan sur son tracteur, témoin de l'accident, l'a peut être reconnu. Pourtant, le couple poursuit son chemin sans échanger un mot. De retour en ville, ils apprennent que le bus était rempli d’enfants. Nombre d’entre eux auraient perdu la vie. On parle aussi d’une voiture qui serait à l’origine de  l’accident. Il doit alors continuer à vivre, sans rien dire et surtout, sans éveiller aucun soupçon ». Roger me remercie de ces quelques détails. Je le salue et prend congé de ce pur moment de détente et de découverte. Le tournage se poursuivra sans moi au château de Tilques, à Tournehem, à Guémy et à Louches pendant toute la semaine. Ensuite, la troupe prendra ses marques sur Lille et environs jusqu’au 28 février.       

Voici l'article consacré au casting organisé quelques semaines avant ce tournage, article toujours signé Fanny Joos-Deligne : 

Envie de crever l’écran, de brûler les planches ou de passer dans la petite lucarne ? Votre rêve deviendra bientôt réalité grâce au casting organisé à Saint-Omer, en cette fin de semaine. C ‘est en toute intimité que le responsable du recrutement, Bruno  Le Guern, se propose de vous recevoir et de filmer l’entretien : «Je veux mettre les gens à l’aise. C’est moins  formel, moins intimidant  sans assistant. C’est plus décontracté de procéder de cette manière. Nous cherchons des figurants  représentatifs de la population pour le téléfilm « Les complices » une adaptation d’un roman de Georges Simenon  et réalisé par Christian Vincent (« La discrète » avec  l’exubérant Fabrice Lucchini ou dernièrement «  Les saveurs du palais » avec la délicieuse  Catherine Frot …). S’ils ne sont pas recrutés pour cet évènement, nous gardons leurs coordonnées pour une éventuelle autre prestation. Une vingtaine de personnes s’est déjà portée volontaire. Je pense même prendre mon vélo et partir au hasard des rues de la capitale audomaroise pour un casting sauvage dans les lieux publics. Cela serait sans doute plus spontané ». Pour l’heure, le chargé de recrutement n’a en sa possession que très peu d’information sur ce futur évènement.  On peut d’ores et déjà dire que  le tournage aura lieu du 4 février au 5 mars d’abord sur Saint-Omer et dans un deuxième temps dans la région lilloise. A  l’affiche de ce téléfilm, nous retrouverons des acteurs de télévision, de cinéma  et de théâtre dont les noms ne vous évoquent peut-être rien mais dont les visages sont familiers comme Thierry Godard (Engrenages, Un village français, Avocats et associés …), Marie Kremer (Profilage, Un village français), Nathalie Boutefeu (la Bicyclette bleue …), Jérôme Kircher (Un long dimanche de fiançailles, Clara Sheller…). Le recrutement pour ce téléfilm se fera de 10 h à 15 h du jeudi 17 au samedi 19 janvier inclus dans les locaux de la salle des associations, allée des glacis. Prendre rendez-vous par téléphone avec Bruno Le Guern : 06 98 59 34 64 ou par mail : bruno.leguern@gmail.com

samedi 9 février 2013

Pathé réinvente les prix différenciés dans ses salles...

La nouvelle politique commerciale et tarifaire de Pathé dans sa grande salle mythique du Pathé Wepler surprend et interpelle... pour l'instant, cette expérience est unique, testée et n'est pas encore appliquée. mais elle fait réfléchir et elle est bien commentée dans les médias nationaux. En tout cas, elle fait réagir et interpelle l'amateur de cinéma qui se trouve certainement derrière l'écran en train de lire ces lignes... 
Tout d'abord, distinguer les sièges, faire des tarifs différenciés suivant le siège ou l'éloignement par rapport à l'écran, ce n'est pas une nouveauté. Dès les débuts du cinéma, dans les théâtres transformés en nouvelle salle pour le 7ème Art naissant, on garde la distinction tarifaire. On ne change pas ce qui existe déjà. Le théâtre a toujours connu, et connait encore différents tarifs. Personne n'a jamais contesté cet état de fait ! Alors que le spectacle est identique, les premiers rang paient une somme beaucoup plus importante alors qu'au fond de la salle, le prix du billet est moindre.... Cela n'a jamais choqué personne ! Alors pourquoi cela dérange au cinéma, lui qui a pourtant connu ce système pendant des années ? Peut-être parce qu'on rompt le désir des frères Lumière qui souhaitaient offrir un spectacle identique pour le plus grand nombre. Face au Kinetoscope Edison qui offrait le spectacle d'images animées pour une personne seule et unique regardant un appareil qui lui était réservé, le nouvel appareil des frères lyonnais se veut être destiné pour tous, dans un soucis égalitaire. De là a y voir la volonté de ne proposer qu'un seul et même prix... Les loges foraines qui ont succédé aux premières représentations proposent elles aussi des tarifs identiques. Mais c'est avec l'arrivée et l'installation du cinéma dans les lieux fixes que les prix se sont différenciés : un tarif pour les 1ère, un tarif pour les 2nde, un tarif balcon... Voici par exemple les tarifs du cinéma Mellin à Hénin-Beau mont en février 1910 : 1 franc, 5 centimes, 60 et même 40 centimes... A cette époque à, on constate même que dans certaines salles, les enfants de moins de huit ans paient demi-tarif ! La lecture des journaux de la Belle Epoque évoque même, comme pour le débat autour du Pathé Wepler, une différenciation suivant la qualité du siège : les loges, les fauteuils ou les chaises... voir même les bancs ! Tout cela a duré des années et des années... jusqu'au moment ou tout s'est unifié avec un tarif unique que l'on se trouve devant, comme au fond de la salle... Le grand changement s'est opéré récemment avec l'introduction de la 3D qui a vu une augmentation des tarifs mais pour une ou plusieurs salles et pour tous les spectateurs de cette même salle... Or, cette fois, Pathé introduit les changements de tarifs dans la salle elle-même. Comme pour les voitures, on distingue ainsi une montée en gamme des sièges confort Pathé... Sont-ils si confort que cela ? A quand une version lowcost du cinéma : le retour aux écrans minuscules ? Le débat est ouvert et on n'attend un bilan de cette expérience ainsi qu'une possible arrivée de ce changement dans notre région...
Affaire à suivre et n'hésitez pas à donner votre avis !

Un nouveau grand rendez-vous entre l'ONL et le cinéma !

Nul doute que la célèbre scène du bullet-time sera
un des clous de cette représentation !
Après un bel hommage au roubaisien Georges Delerue et après la retransmission en intégralité de Métropolis de Fritz Lang accompagné par l'orchestre au grand complet, l'Orchestre National de Lille poursuit sa collaboration avec le 7ème Art avec un pari audacieux ! Après l'ode au compositeur, après le ciné-concert comme à l'époque du muet, voici la musique jouée en direct d'un film parlant, véritable blockbuster et pionnier dans la science-fiction : Matrix des frères Wachowski ! Le film sera projeté sur grand écran et l'ONL jouera la partition du compositeur de la musique du film : Don Davies ! Mais plus encore, outre le score original, ce seront les effets visuels, les effets sonores qui seront interprétés en "live" pour une expérience sonore et visuelle inédite ! C'est la première fois en France que cette version du classique de la S.F. sera montrée ! A évènement exceptionnel, on se doit de réserver le plus tôt possible ! Alors, une croix dans votre agenda, au choix : le vendredi 22 février à 20 heures et/ou le dimanche 24 février à 16 heures ! Le lieu ? Le Nouveau Siècle et sa grande salle entièrement rénovée ! Nous en reparlerons....
Plus d'infos et d'autres... sur : http://www.onlille.com

mercredi 6 février 2013

Le Blog sur France Inter !!!

Ce jeudi 7 février, pendant l'émission "Carnets de Campagne" de Philippe Bertrand de 12 h 30 à 12 h 45, le blog cinemasdunord sera mis à l'honneur par l'émission qui s'intéresse en ce moment à notre région Nord-Pas-de-Calais. C'est la seconde fois en trois ans que cette émission de radio qui évoque les initiatives locales, régionales, à la fois, sociales, économiques et culturelles, parle de ce travail de sauvegarde du patrimoine cinématographique dans la région. Pendant l'intervention radiophonique, il sera évoqué la nécessité de créer une Cinémathèque régionale, un véritable lien entre la mémoire du cinéma dans notre région, le présent à travers les films tournés actuellement et la vision que le Nord propose de ses thèmes, de ses territoires,... et bien sur le futur avec la nécessaire numérisation et conservation, des films amateurs par exemple...

Encore merci à Philippe Bertrand et à son équipe d'avoir sélectionné ce travail. 
Et bonjour aux auditeurs qui viennent ici grâce à l'émission, Bonne lecture, en souhaitant que tout cela vous passionnera et vous fera réagir.... en laissant vos souvenirs de salles de cinéma par exemple...

samedi 2 février 2013

La numérisation des salles de cinéma de la région


Le magazine gratuit du conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais propose dans son édition de janvier 2013 une mise au point - bilan de la numérisation des salles de cinéma du Nord et du Pas-de-Calais en montrant notamment la réussite du Regency de St-Pol/Ternoise...
Un grand merci aux rédacteurs de cette brochure para-publique auto-promotionnelle des bienfaits des actions de nos élus... Tant que j'y suis, si un concepteur, rédacteur, "journaliste" de cette publication ou si un élu du Conseil Régional me lit en ce moment, il serait aussi judicieux, mais aussi très gentil, de répondre avec un simple petit mot, à mes mails envoyés régulièrement depuis de longs mois demandant d'une part un simple entrefilet dans cette publication gratuite pour présenter ce travail de collecte de mémoire et de le porter à la connaissance du plus grand nombre afin de continuer de collecter infos, documents, souvenirs sur les cinémas, et d'autre part, de répondre à mes demandes d'articles dans ce "magazine" pour promouvoir une cinémathèque régionale digne de ce nom... Mais de cela, strictement aucune réponse de nos élus... Continuons le forcing, cela paiera un jour....