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lundi 24 juillet 2017

"Dunkerque", une fenêtre sur le monde....




     « Dunkerque » de Christopher Nolan est l'un des événements cinématographiques de l'été 2017. Un peu plus d'un an après son tournage qui a défrayé la chronique au printemps 2016 notamment sur notre littoral mais aussi aux Pays-Bas et en Californie, le film est dorénavant visible par tous, pour tous et sur tous les continents.... Disons le d'entrée et cela est clamé haut et fort par le réalisateur anglo-américain et par l'équipe de promotion : « ce n'est pas un film de guerre, c'est un film de survie » ! Soit, on ne perdra pas de vue ce sous-genre cinématographique en explorant « Dunkerque » car cette distinction a son importance lorsqu'on s'intéressera aux aspects militaires que l'on perçoit dans le film.

     Pour notre région, « Dunkerque » est une chance providentiel !! C'est assurément le film de l'année, voir même de la décennie. C'est, de mémoire, la première fois qu'une superproduction anglo-saxonne choisit notre territoire pour y réaliser un film et qui plus est, un film qui porte le nom d'un de nos trois ports ! Partout dans le monde, sur les façades des salles de cinéma claque comme un étendard le mot Dunkerque. On l'a déjà écrit, Nolan aurait pu tourné ailleurs dans le monde pour représenter Dunkerque à l'instar de Spielberg qui fait des plages irlandaises nos plages normandes pour l'imposante scène du Débarquement de son soldat Rayan. Ici, Nolan choisit le lieu mémoriel par excellence. Son "Dunkerque" ne peut être tourné qu'à Dunkerque. C'est une chance et un plaisir énorme. Il est évident que nos décideurs politiques et touristiques à l'échelon local et régional doivent saisir cette chance ! "Dunkerque" est une opportunité qui ne se représentera pas de sitôt ! Des actions touristiques, pédagogiques ont été entrepris sur le secteur dunkerquois afin de surfer sur la sortie du film:des circuits touristiques,une rénovation complète du musée Dynamo. Dunkerque utilise enfin pleinement son potentiel touristique "de mémoire" grâce au film. Ce dernier est vu comme l'élément moteur et déterminant enclenchant la prise de conscience. Mais après ? Un film comme "Dunkerque" doit être "accompagné". Les œuvres majeures cinématographiques peuvent être intemporelles. Voyez ainsi les festivités qui ont été lancées pour les 50 ans du tournage de "Week-end à Zuydcoote". Enfin "Dunkerque" montre le besoin s'il en est d'une Cinémathèque régionale. Pour accompagner le film, une programmation aurait pu être faite : on aurait pu proposé sur l'écran d'une Cinémathèque régionale des vues d'actualités montrant l'Opération Dynamo. On aurait pu proposé la projection - débat de "Week-end à Zuydcoote" et du film "Dunkerque" de Leslie Norman tourné en 1958. Une expo sur le tournage du film de Nolan aurait pu être à l'honneur dans ce lieu...

     « Dunkerque » est donc maintenant sur les écrans pour quelques semaines. Le tournage est passé et maintenant, la postérité va faire de ce film une œuvre majeure... ou non. C'est le destin d'un film. Une fois sur les écrans, il n' « appartient » plus à son réalisateur, mais ce sont les spectateurs qui vont lui faire un triomphe (ou non), vouloir le voir (ou non) sur support DVD ou blu-ray. Ce sont aussi « les professionnels de la profession » qui vont vouloir (ou non) le distinguer lors de cérémonies officielles.. avec les Oscars 2018 en ligne de mire. « Dunkerque » tracera ainsi sa route. Mais dans 1 an, dans 10 ans dans 50 ans et plus, la mémoire du film existera toujours, notamment auprès de figurants qui ont une masse de souvenirs à collecter, des images à sauvegarder... Que le film fasse un flop retentissant ou non...

     Que voit-on de notre littoral ? Quel image le film renvoie-t-il de notre histoire ?
   Dès les premières images, on est pris dans la tourmente de début juin 1940. Les rues de Malo jaillissent de l'écran. On est avec l'un des héros parcourant les rues, tentant de se mettre à l'abri. On déboule ensuite sur la plage où attendent sagement les tommies (un peu trop) disciplinés. La plage est un axe majeur du film, ainsi que la digue superbement reconstituée, véritable fil entre le continent et l'Angleterre. La force de Nolan tient alors dans la maestria dans laquelle il nous prend pendant l'heure quarante de film. L'art cinématographique de l'auteur de « Inception » prend alors le dessus : la science du montage et de l'ellipse. On est en avion, sur mer dans différentes esquifs, on suit le parcours de plusieurs personnages. Flash-bck, retour en arrière ou projection sur un autre terrain de guerre du dunkerquois. On suit différents soldats de base cherchant à partir de l'enfer de Dunkerque. Aucun de ces personnages n'est plus important que l'autre et chacun peut mourir en une fraction de secondes. Avec le choix d'acteurs quasi inconnus, Nolan prend ainsi le parti pris de montrer que le plus important, c'est donc la survie. Clooney ou Brad Pitt auraient été à l'écran pour "Dunkerque", leur survie aurait d'emblée été assurée. On ne peut pas faire mourir de grandes stars hollywoodiennes. Mais avec ce choix, Nolan impose toutes les possibilités au fil des minutes de son film alors qu'on perçoit en fond sonore les minutes qui s'égrènent. 

Dès les premières minutes du film, on est happé par la force de la reconstitution et par l'"enfer" de Dunkerque

Quasiment sans aucun effet numérique, "à l'ancienne", Nolan reconstitue le rembarquement de l'opération Dynamo

     Le point faible du film et qui déstabilise certains spectateurs reste le fait que ce n'est pas un film historique "de guerre" à proprement parler. Rien des véritables enjeux de la bataille, le film souffre cruellement d'un manque de contextualisation des enjeux. Il faut au préalable bien connaître la bataille, la bataille de France, la Blitzkrieg et l'enjeu de Dunkerque...Difficile pour un américain qui verra le film de se faire une idée de ce qu'a pu être cette opération Dynamo et la bataille de Dunkerque. Une simple carte animée de quelques secondes au début du film aurait suffit. Quand aux troupes françaises n'en parlons pas. C'est malheureusement la grande faiblesse du film : une petite allusion au début et une autre dans les dernières secondes.Entre les deux, rien.... Ne cherchez pas les français, ils sont à Zuydcoote avec le soldat Julien Maillat alias Belmondo...

     Même s'il est estampillé « film de survie », ça reste donc la guerre. Une fuite éperdue de soldats ordinaires. Aucun héros, juste des gars qui veulent survivre... La force du film repose sur plusieurs points : la musique signée Hans Zimmer qui peut même être considérée comme étant le personnage principal de l’œuvre. Plus que les acteurs, la musique martèle, fait vibrer, accompagne l'action et les moments de tension, notamment sur la digue lorsque les avions allemands foudroient les troupes et les bateaux. Zimmer signe une BO métallique, froide et prenante, envoûtante et stressante, recréant parfaitement l'ambiance du film. Comme dans « Le Soldat Rayan » qui reste la référence du film de guerre, l'ennemi est invisible. Omniprésent, on ne voit pourtant aucun allemand. Pourtant, il est là et rode, sur terre, dans les airs et sous la mer... Contrairement au "mètre étalon Rayan", il n'y a ici pas de temps morts, pas de répit. On pense être sauvé dans un bateau et quelques minutes plus tard, on est sous l'eau dans une atmosphère étouffante et angoissante. Alors que Rayan multiplie les effets guerriers pour montrer l'horreur de la guerre, il n'y a par contre aucune scène gore dans « Dunkerque » : pas de corps démembré sur la plage ni de blessures sanguinolentes. On reste dans le « politiquement correct » même si la peur et l'angoisse sont omniprésents.

       Réalisateur de films de science-fiction, Nolan signe ainsi avec "Dunkerque" une entrée fracassante dans le monde des réalisateurs touche à tout comme Spielberg ou Ridley Scott. Il tient et maîtrise son film, véritable film d'auteur, loin des standards hollywoodiens. "Dunkerque" est à voir et à revoir, notamment pour son kaleidoscope impressionnant de scènes qui se chevauchent, se parlent et qui embarquent le spectateur, le bluffant en l'embarquant dans tous les aspects de cette opération Dynamo : sur terre, sur mer et ans les airs.

Ci-dessous un extrait de la formidable BO de Hans Zimmer : 




      On peut aussi s'interroger sur quelques plans plus ou moins furtifs dans le film :
- une mer déchaînée face à la digue du Braek (qui d'ailleurs n'existait pas à l'époque) alors que le plan suivant, se déroulant au même instant, montre une bataille aérienne au-dessus d'une mer d'un plat et d'un calme olympien (un avion réussit même à amerrir).
- Les jeunes héros que l'on suit pendant le film sont constamment imberbes même si le film se déroule au minimum sur deux jours (ou trois?).
- Les dernières scènes où on survole un Dunkerque étrangement intacte à bord d'un Spitfire...

Les jeunes acteurs du film pendant quelques instants de répis sous le feu allemand reprennent leurs souffles
sur la digue du Braek, construite plus de 20 ans après les faits relatés dans le film... On s'interrogera également sur la présence des portiques en arrière-plan, mais ce ne sont que des détails infimes....
Le flegmatique Kenneth Branagh interprète le seul officier du film.
Plaqué sur la digue reconstituée, il incarne l'ordre, la hiérarchie anglo-saxonne.
Droit dans ses bottes, vissé sur le ponton, il est l'Angleterre personnifiée...



     On pourra aussi remarquer (voir ci dessous) que l'affiche lorgne vers une peinture romantique très célèbre : "Le voyageur contemplant une mer de nuages" de Caspar David Friedrich


dimanche 23 juillet 2017

Un article dans La Voix du Nord

Ci-dessous le lien vers un article de la Voix du Nord du 15 juillet 2017, signé par Auriane Stenesco afin de présenter le travail réalisé autour du livre "Moteur, ça tourne dans le Nord-Pas-de-Calais". Un article axé sur les tournages dans l'Audomarois...

http://www.lavoixdunord.fr/192349/article/2017-07-15/un-wizernois-livre-les-secrets-des-tournages-dans-le-nord-pas-de-calais

jeudi 20 juillet 2017

"Moteur, ça tourne dans le Nord-Pas-de-Calais";... à Dunkerque !

Après une première séance de dédicaces - rencontre avec les lecteurs à Saint-Omer, librairie de l'Indépendant samedi dernier, je serais ce samedi 22 juillet au Furet du Nord de Dunkerque, à Pôle Marine à côté du cinéma O'Ciné pour une séance de dédicaces, présentation du livre. Sur les lieux mêmes du tournages de nombreux films, ce sera très intéressant et enrichissant de faire cet après-midi. 


mercredi 5 juillet 2017

Le Livre "Moteur, ça tourne" sur Wéo

Le livre  "Moteur, ça tourne dans le Nord-Pas-de-Calais" a bénéficié d'un reportage sur la chaîne régionale Wéo...
Voici le lien ci-dessous afin de visualiser cette séquence "mémorable" où intervient votre dévoué... 

http://www.weo.fr/video/62648/